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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Et à quoi ressemblerait une « zone ado » dans un parc municipal ? Oui, il y aurait un skateparc.
Et à quoi ressemblerait une « zone ado » dans un parc municipal ? Oui, il y aurait un skateparc.

Zones d’ados

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CHRONIQUE / Pourquoi ne pas aménager des espaces spécialement conçus pour les ados dans nos parcs municipaux ? Des « zones ados » ?

Ne serait-ce pas un bon moyen de faire bouger nos jeunes, de les inciter à prendre l’air, de les arracher à leurs foutus écrans ?

C’est une bonne idée, non ?

Elle n’est pas de moi, c’est Loisir Sport Outaouais qui l’a développée.

L’organisme a fait ce qu’on devrait toujours faire en pareil cas : consulter les principaux intéressés pour obtenir leur avis.

Et les jeunes, ma foi, y sont allés de suggestions tout à fait réalisables, a constaté Normand Veillette, agent de développement à LSO.

« On a invité des ados à venir discuter de leur parc idéal. Ce qu’ils aiment, ce qu’ils n’aiment pas, ce qu’ils voudraient avoir. On a organisé un café citoyen avec 12 ados. Des gars et des filles, à peu près en nombre égal. Des jeunes allumés comme c’est pas croyable. Sérieusement, ça m’a scié les jambes ! Ils sont plus réalistes qu’on pense. Ils veulent qu’on essaie des choses, mais tout en y allant graduellement », raconte M. Veillette.

Et à quoi ressemblerait une « zone ado » dans un parc municipal ?

Oui, il y aurait un skateparc.

Mais avec des toilettes pas loin. Et une fontaine pour s’abreuver par grande chaleur. Il me semble que du temps de mon enfance, tous les parcs municipaux avaient une fontaine. Aujourd’hui, on n’en installe plus, pas crainte du vandalisme. Plus moyen de remplir sa gourde au parc. Faut aller se réapprovisionner en bouteilles d’eau de plastique au dépanneur du coin. Pas l’idéal pour l’environnement…

Ensuite, les jeunes voudraient de l’ombre.

Moi aussi, j’en veux. Pour une raison que j’ignore, nos parcs sont exempts de zones d’ombre. Les tables à pique-nique sont parquées au gros soleil, souvent clouées dans des blocs de ciment. De véritables îlots de chaleur. Les jeunes voudraient un toit au-dessus des tables à pique-nique pour s’abriter du soleil ou de la pluie. Moi je dis qu’un arbre serait encore mieux. Quoi de mieux qu’un feuillage fourni pour conserver la fraîcheur ?

Les jeunes veulent aussi un espace gazonné. Pour se lancer le ballon de football ou la balle de baseball. Et aussi de petits aménagements sportifs. Comme un parcours à obstacle. Un mur d’escalade. Un pump-track. De préférence à proximité des bancs et des tables à pique-nique. Pourquoi ? Parce que les jeunes aiment se lancer des défis entre eux. Et ils aiment quand leurs copains et copines assistent en spectateurs à leurs exploits, explique Normand Veillette.

Les jeunes voudraient des parcs avec des arbres. Et des hamacs pour donner une « belle ambiance à la zone ». J’adore l’idée.

Ils aimeraient aussi une permission spéciale pour faire des feux de camp. J’entends d’ici la sécurité publique pousser les hauts cris : quoi, des feux, en pleine ville ? Vous n’y pensez pas ?

Pourquoi pas, justement ? Des jeunes allument déjà des feux de camp illégaux au fin fond des bois au risque de déclencher des incendies de forêt. À Québec, me dit Normand Veillette, on peut réserver un spot à feu de camp dans un parc. Le bois est fourni.

Autre excellente idée : des bancs de parc avec des connexions Bluetooth pour faire jouer de la musique. Yeah, j’en suis. Ou encore, un endroit pour accueillir des Food Trucks le samedi. Encore oui, pour l’odeur de viande grillée et d’épices. Ah oui : ils aimeraient aussi chiller au parc jusqu’à 23 h – une heure de plus que le 22 h réglementaire.

Quand est-ce qu’on l’essaye ?

J’aime beaucoup cette idée de concevoir les parcs à partir des suggestions des ados eux-mêmes. Trop souvent, les municipalités s’en remettent aux fournisseurs pour la conception des parcs municipaux.

Ça donne des parcs faciles d’entretien, bétonnés, indestructibles… mais aseptisés. Avec pas d’arbres, pas de zones d’ombre, pas d’abreuvoirs. Des parcs où on n’a pas le goût de s’éterniser.