Est-ce qu’un tramway, semblable à celui dont les Torontois se sont dotés, peut fournir un mode de transport fiable aux Gatinois?

Tramway: la fiabilité avant tout!

CHRONIQUE / On apprenait cette semaine que la Société de transport de l’Outaouais embauchera un consultant en « acceptabilité sociale » pour vendre son projet de tramway à la population.

C’est une bonne idée de se faire accompagner dans un projet d’une telle envergure.

La STO a encore frais en tête les ratés qui ont accompagné la mise en service du Rapibus en octobre 2013. Vous vous souvenez ? Les autobus bondés qui passaient sans s’arrêter, les retards pour se rendre au boulot, les gens furieux sur les quais du nouveau Rapibus…

Tout cela survenait en plein cœur d’une course à la mairie qui allait coûter son poste à Marc Bureau.

La STO n’a pas envie de revivre ce cauchemar. Avec son expert en acceptabilité sociale, elle va au-devant des coups. Et c’est louable, pourvu que le recours à ce consultant ne remplace pas de véritables consultations publiques !

Vrai aussi que la STO aura fort à faire pour rassurer les gens.

Le tramway de l’Ouest passera dans des zones densément peuplées, autant à Aylmer que dans Le Plateau. Ça veut dire du bruit, des vibrations, probablement des expropriations... J’entends déjà les commerçants protester lorsqu’on voudra sacrifier des stationnements sur rue pour faire place au tramway.

Mais au-delà de toutes ces considérations, si la STO veut vendre son projet de tramway à la population, elle devra se faire rassurante sur un point essentiel : la fiabilité.

Avec la ratés du train léger à Ottawa, je pense que c’est la variante cruciale de l’équation.

Ottawa s’est dotée du nec plus ultra en matière de transport en commun. Un train léger de 2,1 milliards, censé relier la station Blair au Pré Tunney en 24 minutes chrono.

Mais des portes qui bloquent, des ordinateurs de bord qui gèlent, des rails qui fendent provoquent des retards à répétition. Au point où des usagers boudent le train léger pour se déplacer en vélo d’hiver, en autobus ou, pire, en voiture...

Le maire Jim Watson se dit « furieux » contre le maître d’œuvre du projet, le Groupe de transport Rideau. Pour compenser le manque d’efficacité du train léger, OC Transpo remettra d’ailleurs 80 autobus sur la route d’ici la fin de l’année en cours.

Peut-être que tous ces cahots ne sont que temporaires et cesseront après l’inévitable période de mise au point. En attendant, ce train léger qui devait être rassembleur et structurant pour la Ville d’Ottawa a des allures de cauchemar certains matins plus pénibles.

On ne veut pas d’un tel scénario à Gatineau !

La STO nous dit que l’expert en acceptabilité sociale aura comme mandat d’aller au-devant des gens, et d’entamer un « dialogue » avec la population. On parle même de rencontres individuelles.

S’il cogne à ma porte, je n’aurais qu’une chose à lui dire.

Tu veux nous vendre ton tramway de 2,1 milliards dans l’ouest de Gatineau ? À ce prix-là, garantis-nous qu’il sera fiable à 100 %.