Patrick Duquette
Roulant sur l’autoroute 50, Mathieu Larcher-Éthier a donné un coup de volant sur la gauche, ne laissant aucune chance VIncent Labelle qui roulait en sens inverse. L’homme de l’Ange-Gardien est mort sur le coup.
Roulant sur l’autoroute 50, Mathieu Larcher-Éthier a donné un coup de volant sur la gauche, ne laissant aucune chance VIncent Labelle qui roulait en sens inverse. L’homme de l’Ange-Gardien est mort sur le coup.

Pas toujours la faute de la 50

CHRONIQUE / Quel geste égoïste et gratuit !

La juge n’aurait su mieux qualifier le geste de Mathieu Larcher-Éthier.

Le jeune homme a tenté de s’enlever la vie sur l’autoroute 50, en septembre 2018.

Quelle idée lui est passée par la tête en cette belle journée ensoleillée ?

À LIRE AUSSI : Face à face intentionnel sur la 50: quatre ans et demi de pénitencier

Toujours est-il qu’il a donné un coup de volant sur la gauche. Le conducteur qui arrivait en sens inverse n’a eu aucune chance de réagir.

Vincent Labelle, de l’Ange-Gardien, a péri sur le coup, en innocente victime.

Sans avoir rien demandé ni rien fait. Quelle injustice !

Du point de vue du public, c’est l’aspect du drame le plus difficile à accepter.

Parce qu’on s’identifie sans peine à la victime.

On se voit tous, un beau matin, en train de rouler sur l’autoroute 50. La fenêtre ouverte, les cheveux au vent. L’amoureuse sur le siège passager, et les enfants attachés derrière.

On se dit que ça aurait pu être nous. Nous, les victimes d’un coup de volant impulsif et malade.

Mathieu Larcher-Éthier, qui voulait mourir, a survécu. Il a écopé 4 ans et demi de pénitencier.

Est-ce trop, pas assez ? Je laisse cela aux juristes.

Mais la sentence envoie le signal que la tristesse, la dépression ou les amours douloureuses ne seront jamais des excuses valables pour s’enlever la vie en risquant celle des autres.

Ceci dit, je me rappelle très bien du jour de la tragédie impliquant Mathieu Larcher-Éthier.

Le 7 septembre 2018.

C’était en plein cœur d’une élection provinciale au Québec.

Quand la nouvelle de l’accident mortel sur l’autoroute 50 est sortie, ça s’est déchaîné sur toutes les tribunes. Un autre face à face sur l’autoroute de la mort.

Par hasard, le premier ministre sortant, Philippe Couillard, était de passage en Outaouais. Il s’en est vite trouvé pour casser du sucre sur le dos des libéraux. C’était leur faute si la 50 était si dangereuse. Ce nouvel accident mortel était la preuve qu’ils se traînaient les pieds dans le dossier de l’élargissement.

Retenons aujourd’hui que, cette fois-là du moins, ce n’était pas la faute de l’autoroute 50. Une glissière de sécurité ou un terre-plein central ne préviendront jamais totalement les gestes désespérés.

Parfois, le problème se trouve entre le siège du conducteur et le volant. Peut-être plus souvent qu’on pense. Combien, parmi tous les accidents mortels sur la 50, étaient le résultat d’un geste désespéré ?

Difficile à dire quand un face à face ne fait aucun survivant.

Si on savait, c’est peut-être sur l’autoroute de la santé mentale qu’on déciderait d’investir en priorité.