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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
C’est la deuxième fois en trois ans qu’une voiture emboutit la devanture du salon de coiffure TOK. La cinquième fois depuis que le commerce est locataire de l’édifice de la rue Montcalm à Gatineau.
C’est la deuxième fois en trois ans qu’une voiture emboutit la devanture du salon de coiffure TOK. La cinquième fois depuis que le commerce est locataire de l’édifice de la rue Montcalm à Gatineau.

Ouf, c’est passé proche [VIDÉO]

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CHRONIQUE / C’est la deuxième fois en trois ans qu’une voiture emboutit la devanture du salon de coiffure TOK. La cinquième fois depuis que le commerce est locataire de l’édifice de la rue Montcalm à Gatineau.

Et c’est sans compter tous les «passés proches», ajoute Olivia Barrett, copropriétaire du salon. Toutes les fois où une voiture a manqué de peu de démolir la façade en émergeant de la courbe à toute vitesse…

Pourtant, déplore-t-elle, la Ville de Gatineau n’a encore rien fait pour corriger la situation. Au point où son associée Isabelle LeBlanc et elle en viennent à craindre pour la sécurité du personnel et de la clientèle.

Et je les comprends!

Olivia m’a transmis les images captées par la caméra de surveillance lors des deux derniers accidents, les 11 octobre 2017 et 29 janvier dernier. Deux accidents survenus la nuit (heureusement!) et dans des circonstances tellement similaires qu’on dirait des copier-coller.


« Nous n’avons eu aucun suivi. Combien d’accidents faudra-t-il pour reconnaître qu’il y a un problème? Est-ce que ça va prendre des blessés? »
Olivia Barrett

En 2017, c’est une femme en état d’ébriété qui a perdu le contrôle de sa voiture. En dérapant sur le trottoir, elle a frappé le lampadaire, puis le parcomètre qui ont tous deux revolé dans la vitrine du commerce. Le lampadaire et le parcomètre n’ont jamais été remplacés. Le cône orange installé à l’époque pour recouvrir le filage est toujours là, à la même place…

Et le 29 janvier dernier, c’est un livreur de pizza qui aurait fait une fausse manoeuvre. Comme il n’y avait plus de lampadaire ou de parcomètre pour freiner sa course, il a terminé directement dans la façade. Sur les images de la caméra de surveillance, on voit les débris de verre et de maçonnerie revoler sur la chaise située près de la vitrine.

«C’est ma place de coiffure qui a été frappée. S’il avait fallu que l’accident se produise pendant les heures d’ouverture du salon, je ne serais plus là. C’est très inquiétant», raconte Mme Barrett.

Je passe vite sur les trois autres fois (minimum) où des accidents causés par la courbe et la vitesse se sont produits devant le salon TOK: le motard qui a glissé sur le trottoir en fuyant les policiers, l’auto qui a embouti des voitures en stationnement, l’autre voiture, enfin, qui a foncé dans la maison voisine du stationnement…

Ça commence à faire beaucoup, hein?

Et pourtant, malgré leurs démarches répétées auprès de la Ville de Gatineau, malgré leur implication lors des consultations publiques sur la reconfiguration de la rue Montcalm, Olivia et son associée n’ont pas l’impression d’avoir été entendues.

«Nous avons fait des démarches auprès de la Ville de Gatineau pour avoir des protections sur le trottoir comme des bollards ou des pots de fleurs en béton, poursuit Olivia. Nous n’avons eu aucun suivi. Combien d’accidents faudra-t-il pour reconnaître qu’il y a un problème? Est-ce que ça va prendre des blessés?»

«Tout ce qu’on demande à la Ville, c’est de nous trouver une situation temporaire pour notre réouverture (ce lundi), le temps de trouver une solution à long terme. On n’est pas là pour se plaindre, mais pour la sécurité des gens. Montcalm est une rue passante…»

Au moment d’écrire ces lignes, la Ville de Gatineau avait convoqué les deux propriétaires à une rencontre. Le conseiller du quartier, Cédric Tessier, reconnaît l’existence d’un problème. «Il y a clairement une problématique avec la courbe et la vitesse et je les comprends de vouloir être rassurées», ajoutant que la solution est du ressort des ingénieurs.

On est chanceux, il n’y a eu ni blessés graves ni morts jusqu’à maintenant. Si tout le monde reconnaît qu’il y a un problème, alors réglons-le au plus vite.