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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
La vague de nouveaux cas est en train de se transformer en tsunami dans la région alors que des familles entières sont frappées de plein fouet par le nouveau variant du virus.
La vague de nouveaux cas est en train de se transformer en tsunami dans la région alors que des familles entières sont frappées de plein fouet par le nouveau variant du virus.

Même la peur ne marche plus

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CHRONIQUE / Les habitués des points de presse de la Santé publique de l’Outaouais ont appris à connaître Brigitte Pinard qui est l’équivalent de notre Dre Arruda locale. Une dame d’un calme désarmant, qui s’exprime toujours de la même voix douce et apaisante — peu importe la grosseur de la vague de COVID qui déferle sur la région. Mais pas mercredi après-midi.

Non, mercredi après-midi, on sentait une tension inhabituelle dans la voix de notre directrice régionale. J’ai senti que pour la première fois, elle craint de perdre le contrôle de la pandémie.

La vague de nouveaux cas est en train de se transformer en tsunami dans la région alors que des familles entières sont frappées de plein fouet par le nouveau variant du virus. Laissez-le pénétrer dans une maisonnée et il se chargera d’en contaminer tous les occupants.

Le Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) rapportait 52 hospitalisations mercredi, dont 23 aux soins critiques. C’est du jamais vu ni durant la première ni durant la seconde vague. Et de nouvelles fournées de malades continuent d’arriver chaque jour dans les hôpitaux. À ce rythme-là, le CISSSO va devoir transférer des patients vers d’autres hôpitaux et demander du renfort à d’autres régions.

Paie-t-on le prix fort pour les récents ratés du dépistage? Pour le bris de la machine du CISSSO au pire moment inimaginable, alors que les variants faisaient irruption dans les écoles de Gatineau? Je pose la question sans avoir la réponse.

De toute manière, il est trop tard. Il est là, partout. Le variant britannique. Comme ailleurs, il choisit ses victimes parmi des plus jeunes. Âge moyen des malades hospitalisés aux soins intensifs en Outaouais: 49 ans. C’est presque mon âge, ça.

Durée de l’hospitalisation: 10-12 jours. La progression de la maladie est parfois foudroyante. Les malades exigent une vigilance de tous les instants. Leur condition évolue rapidement d’heure en heure, parfois de minute en minute, a dit la PDG adjointe du CISSSO, France Dumont.

Oui, ça fait peur.

À ce rythme-là, notre réseau de la santé ne tiendra pas le coup. Il craque déjà sous l’effort. Faute de personnel, le CISSSO doit reporter ces jours-ci 150 chirurgies par semaine. Et c’est cumulatif. Donc 150 chirurgies reportées cette semaine, plus 150 la semaine prochaine, plus 150 autres la semaine d’après… Autant d’opérations qui iront grossir des listes d’attente déjà surchargées. On n’a pas fini de compter les victimes collatérales de la COVID.

Le plus inquiétant?

C’est que le cocktail de mesures sanitaires en place actuellement devrait normalement freiner la progression du virus et même aplanir la courbe. Le couvre-feu à 20 h, la fermeture des écoles et des commerces non-essentiels, tout cela à réussi à endiguer la deuxième vague en janvier.

Mais pas ce coup-ci.

Ces jours-ci, rien ne semble enrayer le tsunami. Même pas ces amendes qu’on inflige en désespoir de cause aux ti-culs qui se rassemblent dans les parcs. Non seulement la pandémie gagne du terrain à Gatineau, elle s’étend maintenant aux MRC voisines relativement épargnées jusqu’ici.

Des barrages routiers avaient été érigés entre Gatineau et Ottawa en avril dernier.

En point de presse, les journalistes ont demandé à Mme Pinard s’il fallait ajouter de nouvelles restrictions. Comme des barrages routiers entre le Québec et l’Ontario, voire entre les différentes MRC de l’Outaouais…

Mais oui, de nouvelles mesures, a dit Mme Pinard. Ça fait deux semaines qu’on rajoute des mesures et les cas continuent d’augmenter. Elle ne l’a pas dit ainsi, alors je le dis pour elle: si les gens commençaient par respecter les règles en vigueur, ce serait déjà pas mal. Le problème, c’est qu’une partie de la population n’écoute plus. Même la peur a perdu de son pouvoir de persuasion.