Selon l’Association canadienne pour la santé mentale, les taux de maladies mentales sont en hausse partout dans le monde.

Mal-être collectif

CHRONIQUE / C’est la semaine de la santé mentale et, comme toujours, je suis subjugué par l’ampleur de notre mal-être collectif.

Une personne sur cinq serait atteinte d’une maladie ou d’un problème de santé mentale chaque année au Canada.

Ça fait beaucoup, beaucoup de monde malheureux à l’école, au travail ou ailleurs. De fait, les taux de maladies mentales sont en hausse partout dans le monde, signale l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM).

À qui la faute ? À une société plus individualiste que jamais ? Aux inégalités économiques ? À la pression associée aux médias sociaux ? À la solitude de plus en plus présente dans notre société ?

Je l’ignore. Il reste qu’on est en déficit de bonheur collectif.

Les besoins les plus pressants, on les trouve au sein de la population vieillissante et chez les sans-emploi.

Mais aussi chez nos jeunes qui grandissent dans un monde numérique trop souvent déconnecté de la réalité. Statistique troublante : depuis 10 ans, le nombre d’hospitalisations en raison de troubles mentaux a augmenté de 65 % chez les 5 à 24 ans, selon l’Institut canadien d’information sur la santé.

Ce grand malaise collectif, notre système de santé est mal conçu pour le soigner. La plupart des démarches en faveur de la santé mentale consistent à traiter les dépendances et les maladies. Non seulement ça coûte cher, mais même les services de traitement n’arrivent plus à répondre aux besoins les plus pressants, signale l’ACSM.

L’organisme prône une approche basée plus sur la prévention pour sortir de la crise. Tiens, pourquoi on n’offrirait pas des cours d’éducation à la santé mentale ? « À l’école, on apprend la musique, les mathématiques et la programmation. Pourquoi pas l’empathie, la ténacité et l’estime de soi ? », propose-t-on.

L’idée a du bon. Même si je trouve qu’on met encore une fois beaucoup de pression sur nos enseignants. Les profs prennent déjà soin, par la bande, de la santé mentale de nos enfants. Ils les encouragent, les félicitent pour leurs bons coups, leur apprennent à persévérer dans la vie. C’est déjà pas mal !

Peut-être qu’il faut tous apprendre à mieux cultiver notre santé mentale. À s’en occuper au jour le jour, au lieu d’accumuler les soucis et de se ramasser sur les antidépresseurs – ou pire.

Je cite le Dr Patrick Brown de l’ACSM : « On sait tous qu’il faut se brosser les dents régulièrement pour éviter d’avoir des caries […] Mais on ne comprend toujours pas que c’est la même chose pour la santé mentale. »

J’aime bien cette idée qu’il faut prendre soin de son petit bonheur comme on s’occupe de son hygiène dentaire. Après tout, on nous encourage à préserver notre santé physique. On nous donne même la recette : du sport, une bonne alimentation, de bonnes nuits de sommeil, pas de tabac, pas trop d’alcool…

Il existe aussi des recettes gagnantes en matière de santé mentale. Peut-être qu’on les connaît moins. Une recette qui tient au sentiment d’appartenance, à la conscience de soi, à la raison d’être, à la capacité de profiter de la vie aussi.

L’ACSM a identifié six grandes caractéristiques d’une bonne santé mentale qu’elle a résumées en mots de tous les jours. Les voici, c’est comme un petit test :

• Je me soucie peu de ce que les autres pensent de moi.

• Je sens que je développe mon plein potentiel.

• Je me sens à ma place dans ma communauté

• Je profite de la vie.

• Quand je tombe, je me relève et je persévère.

• Je contribue au bien-être de ma communauté.

Si vous répondez oui à toutes les affirmations, pas de souci. Sinon, faites donc un peu attention à vous.