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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
À compter du 1er mai, les chiens devront être tenus en laisse en tout temps dans les sentiers du parc de la forêt Boucher.
À compter du 1er mai, les chiens devront être tenus en laisse en tout temps dans les sentiers du parc de la forêt Boucher.

La laisse du chien

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CHRONIQUE / Ainsi, la Fondation de la forêt Boucher a lancé un projet-pilote en forme d’ultimatum cette semaine.

À compter du 1er mai, les chiens devront être tenus en laisse en tout temps dans les sentiers du parc.

À défaut de quoi, elle recommandera à la Ville de Gatineau d’y interdire les chiens à compter du printemps prochain. Aussi simple que cela.

Les gens de la Fondation rapportent des accrochages fréquents entre propriétaires de chiens et usagers.

On parle de chiens qui sautent sur les gens, de morsures, de traumatismes. Au point où certains usagers cessent de fréquenter le boisé urbain.

Et je n’ai pas de misère à croire que c’est vrai.

Des chiens sans laisse, j’en croise toutes les fois que je vais jogger dans les sentiers de la forêt Boucher.

Des petits chiens qui grognent, des gros chiens qui jappent. Presque toujours, un cabot finit par me passer en coup de vent entre les pattes, non sans me renifler les mollets. Si ce n’était que ça, je m’en accommoderais. C’est pas pire que ces meutes affamées de mouches à chevreuil qui sévissent dans la forêt Boucher. Ces sales bestioles sont plus acharnées que des pitbulls…

Par chance, je n’ai pas peur des chiens. Et pourtant… L’autre jour, un gigantesque Danois a surgi au détour d’un sentier. Le dogue en imposait: d’instinct, j’ai fait un pas de côté pour lui céder le passage. La démarche souveraine, le port de tête altier, le chien m’a ignoré superbement. Il a continué son chemin en longues et souples enjambées, sans m’accorder un seul regard.

J’ai regardé passer Sa Majesté les deux pieds dans une flaque de bouette — là où j’avais échoué après mon pas de côté. Le maître du Scooby Doo trottinait 20 m derrière. Lui aussi m’a superbement ignoré. Pas un mot d’excuse, pas même une tentative de rappeler son chien (sans laisse) à l’ordre. Pas même le traditionnel: ne vous en faites pas, mon chien est gentil…

Et vous savez quoi?

C’est cela, précisément, qui me tape sur les nerfs.

Cette façon cavalière qu’ont certains propriétaires de chiens de s’approprier les sentiers de la forêt Boucher comme si c’était leur apanage exclusif. Ils se comportent en maîtres des lieux alors que c’est une terre publique, de propriété municipale. Et donc le bien de tous les citoyens.

Surtout que la Ville de Gatineau a aménagé un vaste parc à chiens à l’entrée de la forêt. Ils peuvent y faire courir les chiens en toute liberté. Ils l’ont déjà, leur espace. Ce serait quoi de mettre une laisse à leur animal dans les sentiers environnants?

On en fait ces jours-ci un débat sur le port obligatoire de la laisse dans les sentiers. Ce devrait être un débat sur le civisme et le respect.

Tiens, l’autre jour, je courais dans le parc de la Gatineau. Un autre endroit où, en principe, il faut tenir son chien en laisse. Et là encore, au détour d’un sentier, un chien me surgit d’entre les pattes.

Sa maîtresse, qui suivait pas loin derrière, a vite rappelé la bête. Elle s’est confondue en excuses. Désolé monsieur, je vais lui enfiler sa laisse, je croyais que dans cette section plus isolée du parc, je ne rencontrerais personne…

Je lui ai dit: mais vous êtes toute pardonnée, madame. Passez une bonne journée.

Voyez ce que je veux dire?

Du respect, de la considération. C’est encore plus important que la laisse.