Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Le premier ministre François Legault demande à la population de l'Outaouais de faire sa part pour rester en zone orange.
Le premier ministre François Legault demande à la population de l'Outaouais de faire sa part pour rester en zone orange.

Aide-toi et le ciel t’aidera

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / J’entendais le premier ministre Legault nous demander de faire notre part pour garder l’Outaouais en zone orange.

Notre part?

Je veux bien: faire notre part. J’en suis, comme j’en suis depuis le début. Mais il faudrait aussi que son gouvernement fasse sa part pour aider l’Outaouais à juguler la pandémie. Et il ne remplit certainement pas sa part du contrat ces jours-ci avec les ratés du dépistage en Outaouais.

Des parents attendent jusqu’à 7 jours avant d’obtenir un résultat de test pour leur enfant. Une semaine! Tout cela alors que les variants du virus se répandent à la vitesse grand V dans les écoles de l’ouest de Gatineau.

De tels délais sont inacceptables.

Le gouvernement Legault peut demander à la population de faire sa part tant qu’il le voudra, l’Outaouais ne peut combattre efficacement la propagation de la Covid si la Santé publique est incapable de sortir des résultats de tests plus rapidement.

C’est même mission impossible, tranche Roxane Borgès Da Sylva, professeure à l’école de santé publique de l’Université de Montréal.

«Sans un système de dépistage et de traçage rapide, on n’arrivera pas à combattre le virus et à réduire la propagation. Donc oui, la population a une part de responsabilité. Mais la Santé publique doit elle-même être réactive et être en mesure de sortir les résultats en moins de 24 heures.»

C’est la clé du succès, insiste la professeure. Des pays asiatiques l’ont compris, tout comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Il faut avoir en moins de 24 heures les résultats de tests pour circonscrire la transmission. «De ce point de vue, on a un zéro pointé actuellement en Outaouais», constate-t-elle.

À l’instar de plusieurs experts, la professeure exhorte le gouvernement Legault à considérer l’utilisation des tests rapides antigéniques qui permettent d’obtenir un résultat en 15 minutes.

Qu’attend-on pour sortir ces tests rapides des entrepôts?

J’ai posé la question à la Santé publique de l’Outaouais qui a promis de faire le point sur cette question et bien d’autres, ce mercredi.

J’entendais le premier ministre blâmer l’indiscipline des jeunes adultes et des rassemblements privés qui expliqueraient en partie la hausse des cas dans les régions sous «haute surveillance» comme l’Outaouais.

Legault a raison là-dessus.

Il suffit de regarder autour de soi pour constater que les gens de la région ont baissé la garde depuis le passage en zone orange.

C’est toujours le problème quand tu assouplis les mesures sanitaires. Quand tu donnes une main, il s’en trouve toujours pour prendre le bras et peut-être même l’épaule qui vient avec…

La seule raison pour laquelle l’Outaouais n’est pas tombé en zone rouge dès cette semaine, c’est que le gouvernement Legault sent la population à bout. Et craint qu’une partie des gens décrochent si on confine encore plus.

Une chose est sûre: la région est à un demi-cheveu, voire à un quart de cheveu de rebasculer en zone rouge.

Des négociations sont en cours entre le Québec et l’Ontario pour harmoniser les règles sanitaires dans la région d’Ottawa-Gatineau. On parle même de barrages routiers.

L’heure est grave.

Vous vous rappelez le proverbe: aide-toi et le ciel t’aidera?

Nous en sommes là plus que jamais.