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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Sandrine Villeneuve est atteinte d'un cancer qui affaiblit son système immunitaire: le lymphome de Hodgkin, stade 2.
Sandrine Villeneuve est atteinte d'un cancer qui affaiblit son système immunitaire: le lymphome de Hodgkin, stade 2.

À risque et loin d’être vaccinée

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CHRONIQUE / «Je suis à risque et loin d’être vaccinée», résume Sandrine Villeneuve au bout du fil.

À 18 ans, la cégépienne de Gatineau n’est pas prête de recevoir son vaccin contre la COVID-19. Les jeunes seront les derniers à se faire vacciner en vertu des règles actuelles de la Santé publique.

Sauf que la jeune femme est atteinte d’un cancer qui affaiblit son système immunitaire: le lymphome de Hodgkin, stade 2. Le même cancer qui a frappé le hockeyeur Mario Lemieux…

La moindre infection peut lui être fatale. Et il en sera ainsi pendant ses traitements de chimiothérapie qui dureront 6 mois.

Elle a écrit au ministre de la Santé, Christian Dubé, pour lui demander de revoir les priorités en matière de vaccination.

L’âge, dit-elle, n’est pas le seul critère à considérer pour mesurer la vulnérabilité des gens.

Avec deux traitements de chimio dans le corps, et un troisième qui s’en vient la semaine prochaine, les défenses immunitaires de Sandrine sont mises à mal.

«Dans mon cas, attraper un virus pendant les traitements est plus dangereux que le cancer lui-même, avance-t-elle. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai dû être hospitalisée pour une simple amygdalite. Mon médecin m’a bien averti de me rendre à l’urgence au moindre signe de fièvre…»

Sandrine vit avec la hantise de contracter la COVID-19. Depuis janvier, elle ne sort plus de chez elle. Son père, sa mère et son frère cadet non plus. Tout le monde se terre à la maison. Des amis ou des membres de la famille déposent l’épicerie sur le pas de la porte. Même notre photographe s’est tenue à bonne distance au moment de croquer sa photo, à l’extérieur de la résidence…

Le cancer a surgi dans la vie de Sandrine en décembre dernier sous la forme de deux bosses, une à la clavicule, l’autre à l’aisselle. Elle a dû assister seule à la majorité de ses rendez-vous médicaux en raison des règles sanitaires. Une étape pour le moins pénible à traverser.

Sandrine Villeneuve

Sandrine était seule avec un médecin spécialiste au moment où celui-ci examinait les scans de ses ganglions enflés…

- Hmm, ça ressemble à un lymphome… a soufflé le médecin.

- Un lymphome? Qu’est-ce que c’est?, a demandé Sandrine.

- Un cancer, a rétorqué le docteur.

Le diagnostic officiel est arrivé deux semaines plus tard. Il a eu l’effet d’un cataclysme. «Je croyais à tort que les jeunes adultes étaient à l’abri du cancer», raconte l’étudiante en littérature, arts, lettres et communications. Elle a été soulagée d’apprendre que les chances de survie sont très bonnes pour son type de cancer, surtout chez les jeunes.

Sandrine n’est pas la seule à déplorer que les patients atteints de cancer, ainsi que leurs aidants naturels ne soient pas vaccinés en priorité. L’Association des médecins oncologues et hématologues du Québec a pressé le gouvernement Legault de rectifier le tir, pas plus tard que la semaine dernière. Une infection à la COVID-19 représente un «risque majeur» pour leurs patients, soutiennent-ils. Avec les risques de complications et d’hospitalisation qui en découlent.

«Mon but n’est pas de gagner en popularité ou de faire pitié, reprend Sandrine. Le gouvernement dit qu’il veut vacciner les personnes plus âgées parce qu’elles sont plus vulnérables. Or la vulnérabilité n’est pas qu’une question d’âge. Je trouve que j’en suis un bon exemple…»

Un exemple éloquent, en effet. Qu’attend le gouvernement pour ajuster le tir?