Patrick Duquette
L’art d’aimer une mouche

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L’art d’aimer une mouche

CHRONIQUE / Durant ma jeunesse, nous avions l’habitude de souper dehors, sous le porche du garage.

L’odeur des hamburgers sur le gril attirait invariablement des hordes de mouches affamées. Ma mère, qui a grandi sur une ferme, avait horreur des mouches qu’elle associait aux tas de crottins des animaux.

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La peur d’un retour à la normale

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La peur d’un retour à la normale

CHRONIQUE / Comme travail de fin d’année, des profs de l’école secondaire Grande-Rivière de Gatineau ont demandé à leurs élèves de s’écrire une lettre à eux-mêmes.

Une lettre de leur soi d’avant la COVID à leur soi de pendant la COVID.

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Comme si de rien n’était

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Comme si de rien n’était

CHRONIQUE / J’écoutais la réunion de la Commission de la capitale nationale, jeudi matin, et je me disais : mais dans quel monde vivent-ils ?

Il était question de transport, un dossier toujours délicat dans la région frontalière d’Ottawa-Gatineau.

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Le canton de Larose, ça sonne bien, non?

Patrick Duquette

Le canton de Larose, ça sonne bien, non?

CHRONIQUE / Dans la foulée de la mort de George Floyd aux États-Unis, les habitants du canton de Russell, dans l’Est ontarien, ont fait une découverte embarrassante. Le nom de leur patelin est associé à un propriétaire d’esclaves du XVIIIe siècle.

Du coup, le maire de la place, Pierre Leroux, s’est retrouvé avec une patate chaude sur les bras. Comme chaque fois qu’on revisite le passé à la lumière des valeurs d’aujourd’hui, il s’en trouve pour déboulonner des statues et rayer des noms de la carte.

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Bars de Gatineau: n’en jetez plus, la cour est pleine

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Bars de Gatineau: n’en jetez plus, la cour est pleine

CHRONIQUE / Voilà que les tenanciers de bars s’opposent à de nouvelles interdictions de stationner dans le Vieux-Hull, à Gatineau. Et vous savez quoi? Je les comprends.

Ils sont déjà accablés par bien des malheurs ces jours-ci. Une pandémie mondiale, ça vous dit quelque chose? En plus, le centre-ville de Hull a des allures de zone de guerre avec les travaux en cours sur la rue Laval. Rien pour faciliter l’accès aux commerces.

Pour couronner le tout, la Ville de Gatineau veut maintenant interdire aux visiteurs le stationnement de nuit dans trois rues environnantes. Par «visiteurs», il faut comprendre les clients éméchés qui sortent des bars au petit matin. Et qui dérangent parfois la quiétude nocturne du voisinage. Bien oui.

C’est pourtant un peu ça habiter au centre-ville. Il faut s’attendre à ce que de temps à autre, le night life déborde dans notre cour. Pourvu que les excès nocturnes ne deviennent pas monnaie courante, ça devrait faire partie du «contrat» pour habiter au centre-ville. Sinon, ce ne sont pas les banlieues-dortoirs qui manquent à Gatineau. On y dort très bien - même qu’on s’y ennuie un peu.

Bref, je trouve que ça fait beaucoup de pression sur les commerçants: la COVID, les travaux et maintenant les restrictions de stationnement. N’en jetez plus, la cour est pleine!

Les commerçants du Vieux-Hull ont eu les bras et les jambes coupés par la pandémie. Des tenanciers ont dû contracter des dettes pour passer à travers la crise. Certains sont sur le respirateur artificiel. Est-ce qu’on peut leur laisser le temps de redémarrer le moteur avant d’imposer de nouvelles restrictions?

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Le vertigineux chantier de l’identité numérique

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Le vertigineux chantier de l’identité numérique

CHRONIQUE / La nouvelle est passée presque inaperçue cette semaine. Mais Gatineau est en train de se tailler une place de choix dans le grand chantier de l’identité numérique lancé au Québec par le ministre Éric Caire.

La fuite de données chez Desjardins, l’an dernier, a éveillé bien des consciences. Plus que jamais, nous réalisons que nos façons de s’identifier dans l’univers numérique sont non seulement désuètes, mais également dangereuses.

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Le vrai <em>game changer</em>

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Le vrai game changer

CHRONIQUE / Pour être belle, est elle belle la nouvelle bibliothèque Donalda-Charron de Gatineau.

Même si elle n’est pas tout à fait terminée, elle se démarque déjà par son architecture élégante.

De grandes baies vitrées, des lignes épurées. On devine déjà les espaces intérieurs lumineux, vastes, aérés, modernes. Avec de jolies structures de bois décoratives.

Bref, on est loin de l’image de la bibliothèque sombre et poussiéreuse, où il est interdit de parler sous peine d’expulsion.

Une bibliothèque qu’on a d’ailleurs voulu forger à l’image du quartier. 

Les citoyens ont participé au choix du nom, d’une oeuvre d’art et à la conception architecturale. 

Quant au «spot», il est idéal. 

Elle est entourée d’un jardin communautaire à l’arrière, de structures de jeux, d’un skate-parc, d’une patinoire.

Le marché public du samedi attire déjà les foules.

Qu’est-ce que ce sera quand Agora, le gros complexe commercial, ouvrira ses boutiques et cafés dans quelques mois?

Bref, le quartier-dortoir du Plateau, le quartier où j’habite, est en train de reprendre vie.

Et cette bibliothèque publique, qui serait déjà ouverte sans la COVID, en deviendra le coeur.

La conseillère Isabelle N. Miron, responsable de la culture à la Ville de Gatineau, en parle avec enthousiasme.

La bibliothèque Donalda-Charron, prédit-elle, sera un «game changer» dans le vieux débat entre l’asphalte et les bibliothèques à Gatineau.

«Beaucoup de Gatinois pensent encore qu’une bibliothèque est un endroit où piler des livres. Il leur suffira d’entrer à Donalda-Charron pour se convaincre du contraire», lance-t-elle.

Ça, ça reste à voir. Mais j’y reviendrai.

Il suffit de s’informer un peu pour comprendre tout ce qu’une bibliothèque moderne peut apporter à une ville. 

«Les bibliothèques conçues comme des entrepôts de livres sont une image du passé», tranche Marie Martel, experte en bibliothéconomie de l’Université de Montréal. 

Aujourd’hui, c’est la connexion entre la bibliothèque et sa communauté qui importe.

Autant le prêt de livres permet de transmettre des connaissances dans la communauté, autant la communauté peut partager ses propres connaissances par le biais de la bibliothèque. «Ça va dans les deux sens», image l’experte.

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Changeons la fin de l’histoire

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Changeons la fin de l’histoire

CHRONIQUE / J’écoutais Catherine et Ali me raconter leur histoire. Le harcèlement, le vandalisme, le racisme même dont ils ont été victimes depuis l’ouverture de leur petit commerce de musique à Saint-André-Avellin.

Et je repensais à ce fameux roman du terroir, Le Survenant, qu’on nous forçait à lire au cégep.

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Chichis patrimoniaux

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Chichis patrimoniaux

CHRONIQUE / Émoi au centre-ville de Gatineau cette semaine, où un crime de lèse-patrimoine a fait les manchettes.

Le propriétaire du bar Aux 4 Jeudis, Alex Duhamel, a arraché, sans obtenir le permis requis, la jolie corniche à l’italienne qui donnait un cachet unique à son établissement, l’un des joyaux du secteur Aubry.

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Sport de pandémie

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Sport de pandémie

CHRONIQUE / Cette pandémie ne fait pas que des ravages, elle force aussi la créativité.

Je prends à témoin ce nouveau sport d’équipe qui se pratique à deux mètres de distance dans la cour d’école: le baby-foot géant.

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Injection d’humanité

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Injection d’humanité

CHRONIQUE / Laurie-Anne Vézina, 17 ans, rêve d’une carrière de pédiatre.

Par un curieux détour, la pandémie l’amène depuis un mois à travailler auprès des vieux, dans un CHSLD frappé par une éclosion de COVID-19 à Gatineau.

«Je travaille avec des personnes âgées qui se sentent seules, plus seules que jamais», raconte l’étudiante en secondaire V du Collège Saint-Alexandre.

Comment s’est-elle retrouvée là?

Rien de compliqué: après un mois de confinement, elle en avait assez de se tourner les pouces. Son employeur avait fermé ses portes, l’école aussi. «J’étais disponible à temps plein et je me cherchais quelque chose à faire», résume-t-elle en riant.

Sur Facebook, elle a vu passer une annonce. On cherchait du monde pour prêter main-forte au personnel débordé des CHLSD.

Elle a donné son nom…

Une entrevue et une formation plus tard, elle commençait à travailler, fin avril, comme aide-préposé au CHSLD Lionel-Émond. À temps plein, 40 heures par semaine, à près de 22 $ de l’heure. Pas mal pour une étudiante…

Même si elle oeuvre en zone froide, elle est à deux pas de la ligne de front. La COVID a infecté 21 résidents de l’établissement, et provoqué 6 décès…

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À vos barbecues!

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À vos barbecues!

CHRONIQUE / Sortez vos barbecues!

Les rassemblements extérieurs de 10 personnes seront permis au Québec à compter de vendredi. À condition qu’elles proviennent de trois ménages différents au plus.

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Le complot souverainiste

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Le complot souverainiste

CHRONIQUE / Ah, le fameux complot souverainiste! Je ne m’attendais pas à le voir surgir ainsi, en pleine pandémie.

Et pourtant, le voilà qui apparaît, aussi soudainement qu’une éclosion de coronavirus dans un CHSLD.

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Contacts étroits

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Contacts étroits

CHRONIQUE / Triste histoire que cette dame de 86 ans, Jacqueline Lévesque, décédée de la COVID-19.

Sa fille est convaincue que sa mère a contracté la maladie à l’Hôpital de Gatineau, fin avril, où elle était soignée pour une biopsie qui a mal tourné.

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On a l’air fin

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On a l’air fin

CHRONIQUE / Vous pensiez que la saga du nouveau Guertin était enfin terminée? Erreur!

L’impasse financière dans laquelle se trouve Vision Multisports Outaouais (VMSO) a forcé la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de l’immense chantier de 80 millions qui devait reprendre lundi prochain.

Il faudra débloquer quelques dizaines de millions supplémentaires avant de reprendre les travaux.

En attendant, on se retrouve, Gros-Jean comme devant, avec un complexe de 4 glaces à moitié terminé en bordure du boulevard de la Cité.

Oui, on a l’air fin.

À LIRE AUSSI : Desjardins refuse une nouvelle offre de VMSO

Les plus cyniques diront que c’est un autre projet soi-disant «clé en main», au prix de construction soi-disant «plafonné», qui finira par coûter plus cher que prévu à Gatineau.

Ils n’ont pas totalement tort.

Mais dans ce cas-ci, il faut admettre que la COVID est venue gâcher la sauce.

Le satané virus a durement ébranlé l’économie mondiale. Et, à plus forte raison, les organismes à but non lucratif. VMSO dépend essentiellement des revenus de son complexe Branchaud-Brière pour survivre. Or celui-ci est fermé pour cause de pandémie…

Dans les circonstances, Desjardins Entreprise refuse de décaisser de l’argent de son prêt à VMSO sans garanties additionnelles de la part des autres bailleurs de fonds.

Bref, autant se faire une raison: le Complexe 4 glaces coûtera plus cher que prévu. Et il y a fort à parier que ce sont les contribuables qui casqueront, d’une manière ou d’une autre.

Maintenant, il s’en trouve déjà pour faire le procès de ce projet audacieux. Il est trop tôt pour ça.

La Ville de Gatineau a opté pour une formule inédite afin de réaliser le Complexe 4 glaces. Un partenariat avec un organisme à but non lucratif, si inhabituel qu’il a dû être cautionné par un projet de loi privé du gouvernement.

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Eille, toi, le virus...

PATRICK DUQUETTE

Eille, toi, le virus...

CHRONIQUE / «Eh Seigneur, quand j’ai appris que la COVID était rentrée au centre d’accueil, j’ai eu la chienne…»

Malgré sa peur bleue du virus, Nathalie Chartrand s’est portée volontaire dès le départ pour travailler dans la «zone chaude» du CHSLD Saint-André-Avellin. Sept résidents y ont été testés positifs, début d’avril.

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Petites douceurs au temps de la pandémie

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Petites douceurs au temps de la pandémie

CHRONIQUE / Appelons-les Rose et Rosaire, mariés depuis plus de 70 ans. Ils habitent ensemble une résidence pour personnes âgées de Gatineau.

« Habitaient ensemble », devrais-je dire, puisque Rosaire a perdu sa Rose. Elle est décédée subitement. Avant que vous me posiez la question, c’est la vieillesse qui a emporté Rose. Pas la COVID-19, bien que ce satané virus ait un lien avec mon histoire.

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Prêt, pas prêt, on y va

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Prêt, pas prêt, on y va

CHRONIQUE / Dans son plan pour rouvrir les écoles, le ministre québécois de l’Éducation, Jean-François Roberge n’a évoqué aucune mesure de protection pour la santé des professeurs.

«Rien, zip!», m’écrit une prof indignée. C’est à se demander, poursuit-elle, si le gouvernement veut nous utiliser comme cobaye pour tester le taux de contagion des adultes…

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Récit d’une éclosion contrôlée

Patrick Duquette

Récit d’une éclosion contrôlée

CHRONIQUE / Quand on a appris, il y a deux semaines, que le CHSLD Saint-André-Avellin était le théâtre d’un foyer d’éclosion, je me suis dit: ça y est, on va y goûter.

La situation était déjà hors de contrôle dans certaines résidences de la région de Montréal.

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Le monde d’après

Patrick Duquette

Le monde d’après

CHRONIQUE / Qu’est-ce qui va changer après ?

Quand la question a été posée dans la salle de rédaction du Droit (comprendre notre réunion virtuelle du matin), j’ai tout de suite pensé au mouvement anti-vaccin.

Attention à nos CHSLD

Patrick Duquette

Attention à nos CHSLD

CHRONIQUE / Les CHSLD de l’Outaouais ont échappé jusqu’ici à l’hécatombe de la COVID-19. Il ne faudrait pas qu’une directive mal avisée de Québec vienne tout gâcher.

Le gouvernement Legault permet, depuis jeudi, à des proches aidants déjà connus par les directions des CHSLD d’aller prodiguer des soins à leur être cher. On parle de gens qui allaient régulièrement, avant la pandémie, nourrir leur vieux père ou laver leur vieille mère. Du bon monde, quoi!

Permettre le retour des proches aidants a un certain sens dans la région de Montréal. Dans les CHSLD où le virus s’est infiltré, le personnel débordé a besoin de renforts. On fait appel aux médecins spécialistes pour donner un coup de main. Pourquoi pas, à plus forte raison, aux proches aidants? On n’a rien à perdre. La COVID-19 est déjà dans la bergerie…

Mais dans la région de l’Outaouais, la situation est totalement différente. Jusqu’ici, on a réussi à éviter que le virus s’infiltre massivement dans les résidences pour personnes âgées. Pour l’instant, on ne signale que deux foyers d’éclosion. Un au CHSLD Lionel-Émond (2 cas), un autre au CHSLD de Saint-André-Avellin (9 cas). Bien qu’il ne faut jurer de rien avec la COVID-19, la situation semble sous contrôle. Et elle doit le rester.

Dans cette optique, des médecins de l’Outaouais qui travaillent en CHSLD s’opposent carrément au retour des proches aidants. Ils font valoir que le risque est trop grand. Que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Non seulement la famille risque d’introduire le virus sans le savoir, elle mobilisera de trop rares équipements de protection. «En Outaouais, cette directive va à l’encontre de toute logique médicale», m’ont confié des médecins exaspérés, sous le couvert de l’anonymat.

Malgré les appels du pied des médecins, le CISSS de l’Outaouais semble vouloir appliquer à la lettre la directive de Québec. Une porte-parole, Patricia Rhéaume, assure qu’une série de conditions doivent être remplies avant d’admettre un proche aidant en CHSLD. Et que toutes les précautions seront prises pour s’assurer qu’il n’est pas contagieux. Au final, seul un petit nombre d’aidants rempliront les critères, précise-t-elle.