Patrick Duquette

La fin des accroires

CHRONIQUE / Quelle est la grosse différence entre la crue de 2017 et celle de cette année à Gatineau ?

Quand la rivière est sortie de son lit, il y a deux ans, on pouvait encore se faire des accroires. Et se dire que c’est le genre d’événement qui se produit tous les demi-siècles.

D’ailleurs, les plus vieux nous l’ont-tu assez dit, en 2017, que l’inondation de 1974 avait été terrible ?

Inconsciemment, on a tous fait un calcul mental. Et prédis que la prochaine grosse inondation frapperait Gatineau quelque part en 2062.

Et pourtant, deux ans plus tard, nous y revoilà. Les pieds dans l’eau.

Vendredi, c’était une question de temps avant que la rivière ne sorte de son lit à la hauteur du chemin du Fer-à-Cheval, un des secteurs les plus exposés de Gatineau. Ailleurs, Transports Québec s’affairait à construire une digue pour protéger l’autoroute 50. Québec appelait l’armée canadienne à la rescousse. Des dizaines de bénévoles s’affairaient à remplir des sacs de sable à l’aréna Beaudry.

Comme en 2017.

Sauf qu’aujourd’hui, on ne peut plus se faire des accroires. Après deux inondations et une tornade en trois ans, il faut se rendre à l’évidence. Les changements climatiques sont en train de changer complètement la donne. Ce qui était exceptionnel jadis deviendra la norme de demain. Et il faudra bientôt se poser de très concrètes et très douloureuses questions.

Si des inondations surviennent tous les deux ou trois ans, Québec ne pourra plus simplement dédommager les sinistrés en disant : à la prochaine fois. Le gouvernement Legault a déjà fait un premier pas en ce sens cette semaine en annonçant la fin des indemnisations illimitées aux inondés. Désormais, les sinistrés qui atteindront le plafond d’indemnisation devront faire face à un choix déchirant : quitter leur maison à tout jamais ou y demeurer à leur risque et péril. Avec tous les drames humains que cela implique. Des gens pourraient y perdre l’investissement d’une vie, le foyer où ils ont vu grandir leurs enfants.

Du point de vue des municipalités aussi, le choix sera déchirant. Est-ce que des secteurs comme le boulevard Hurtubise ou le chemin du Fer-à-Cheval, à Gatineau, devront être sacrifiés éventuellement ? Les deux secteurs sont situés pratiquement dans le lit de la rivière…

Et que faire avec le cas particulier de la Pointe-Gatineau ? Le quartier compte des milliers d’habitants. Il est peuplé depuis 200 ans, souvent par des membres d’une même lignée. Est-ce qu’on le laisse mourir à petit feu ou on le protège au moyen d’une digue ? C’est le genre de débats dont on ne pourra plus faire l’économie à Gatineau.

Il n’y a pas qu’ici qu’on aura ce genre de débats.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, me racontait un cas aux Pays-Bas. Là-bas, l’eau inondait à répétition une zone peuplée de fermes. Certains disaient qu’il fallait condamner la zone inondable. D’autres plaidaient pour la construction d’une digue. Au final, ils ont fait des calculs. L’étude économique a démontré que les fermes rapportaient suffisamment à l’économie locale pour justifier la construction d’une digue. Et ils ont construit l’ouvrage. Qui sait ce qu’on décidera dans le cas de Pointe-Gatineau.

La grande différence entre la crue de 2017 et celle d’aujourd’hui, c’est la prise de conscience. Désormais, on sait que plus rien ne sera comme avant.

Patrick Duquette

Rage au coeur et résignation

CHRONIQUE / Sur le chemin du Fer-à-Cheval à Gatineau, les résidents se préparent à revivre les inondations de 2017… en pire. Certains avec la rage au cœur. D’autres, avec résignation.

Jeudi après-midi, la rivière était haute le long de l’étroit chemin où d’anciens chalets décrépits côtoient de grosses maisons cossues. Haute, mais sans donner l’impression d’être sur le point de déborder.

Patrick Duquette

En attendant le déluge

Amenez-en des inondations ! Sur la rue Jacques-Cartier à Gatineau, des sinistrés de 2017 sont mieux préparés que jamais à faire face à une crue printanière... que personne ne souhaite néanmoins.

La maison de Denis Baril et de sa conjointe ressemble à un blockhaus avec sa grosse fondation de béton armé flambant neuve. Ai-je dit un blockhaus ? Je devrais dire un barrage de la Manic. C’est pour la prémunir à tout jamais contre la menace des inondations que le couple a investi 250 000 $ dans sa maison centenaire après le déluge de 2017.

Patrick Duquette

Un buzz de Fentanyl

CHRONIQUE / Du fentanyl, Mélissa s’en shootait dans l’oeil avec une seringue. Pourquoi dans l’oeil? «Parce que l’oeil est près du cerveau. Le buzz est plus fort», m’a expliqué la femme de 32 ans, en marge d’une conférence de presse sur la journée nationale d’action contre les surdoses à Gatineau.

Le buzz?

Patrick Duquette

Tant qu’à bâtir un hôpital

CHRONIQUE / Si le gouvernement Legault est sérieux dans sa volonté de construire un nouvel hôpital en Outaouais, pourquoi il n’en construit pas un gros, un vrai ? Un véritable hôpital régional de 400-500 lits ?

Ce ne serait pas la première fois qu’on parle de remplacer les deux petits hôpitaux actuels de Hull et Gatineau par un gros hôpital régional qui regrouperait en un seul endroit toutes les spécialités, les soins intensifs et les blocs opératoires.

Patrick Duquette

Partisanerie, quand tu nous tiens

CHRONIQUE / Quoi, la ministre Caroline Mulroney n’apprécie pas que le gouvernement de Justin Trudeau finance la « résistance » franco-ontarienne face aux coupes dans les services en français de son gouvernement ?

La belle affaire !

Patrick Duquette

La chasse à la baleine

CHRONIQUE / Tout avait l’air si réaliste.

Le courriel avait toutes les apparences d’un vrai et semblait provenir du directeur général de la Ville d’Ottawa, Steve Kanellakos.

Patrick Duquette

Avant de penser à un nouvel hôpital

CHRONIQUE / Je suis retombé sur un extrait du livre noir des urgences de l’Outaouais, lundi, alors que les infirmières faisaient la grève du temps supplémentaire obligatoire.

Une infirmière raconte avoir un jour refusé de rester pour un quart de travail supplémentaire, comme le lui demandait son supérieur. Complètement épuisée, elle se sentait inapte à travailler.

Patrick Duquette

Comme dans «Mission impossible»

CHRONIQUE / Comme dans « Mission impossible », Brigit Viens se fait assigner des missions à l’autre bout du monde. Elle doit ramener de l’étranger un précieux paquet réfrigéré en moins de 72 heures. Passé ce délai, la fragile cargaison sera perdue à jamais.

En fait, Brigit Viens est une coursière d’un genre un peu spéciale. Quand l’hôpital d’Ottawa trouve un donneur compatible pour un de ses patients en attente d’une greffe de moelle osseuse ou de cellule souche, c’est à des bénévoles comme elle qu’on fait appel.

Patrick Duquette

De l’amour à l’esclavage sexuel

CHRONIQUE / Son nouveau chum la traitait comme une princesse. Il est arrivé à leur premier rendez-vous au volant d’une luxueuse Audi. Pour elle, il n’y avait jamais de restaurant trop chic, de cadeau trop somptueux. Il l’écoutait, la comprenait, la trouvait drôle.

Avec son prince charmant, elle se sentait belle, elle se sentait femme. « Il m’achetait de beaux souliers, il me disait qu’il m’aimait », raconte Michelle, une jolie jeune femme aux longs cheveux noirs de 23 ans.