Spiritualité

Pâques, une traversée prometteuse

CHRONIQUE / Nous voici à quelques heures de la fête de Pâques. Dans notre société sécularisée, il est légitime de se demander ce que signifie cette fête. Pour une bonne partie de la population, cet événement peut paraître comme un souvenir lointain d’une tradition religieuse héritée de la foi des ancêtres. Pour les enfants, Pâques se résume parfois aux figurines en chocolat données avec amour par les parents et les grands-parents. Pour bien des adultes, Pâques est possiblement l’occasion d’un heureux congé bien mérité, après des mois de travail laborieux et un hiver trop long. C’est alors un moment pour respirer, se reposer et célébrer l’arrivée du printemps. Hélas, cette année, la nouvelle saison tarde à se défaire de la neige. Elle prend un certain temps à se vêtir des bourgeons qui annoncent la venue de l’été et des beaux jours. De plus, avec l’adaptation au télétravail et les fermetures d’entreprises, avec ce temps de confinement et toutes les préoccupations, il se peut fort bien que Pâques, cette année, n’apparaisse pas comme un temps pour refaire nos forces et nous relancer avec confiance.

un passage

La situation provoquée par l’arrivée imprévue dans nos vies de la COVID-19 invite à vivre un passage qui n’est pas des plus faciles et qui comporte ses risques. Les analystes de l’actualité ne cessent de répéter que notre manière de vivre, à l’avenir, ne sera plus jamais comme avant.

Au cours de l’histoire, il y a eu de ces passages risqués, mais qui ont ouvert sur quelque chose de neuf, d’inédit, comme une marche vers du meilleur, vers la vie. La Bible relate l’expérience vécue par le peuple hébreu lors de la traversée de la mer Rouge à pied sec afin de se libérer de l’esclavage des Égyptiens (Exode 14, 15 – 15,1a). La Pâque juive, célébrée annuellement, rappelle cette grande libération, laquelle a permis au peuple de marcher vers la liberté, vers une Terre nouvelle. Sans cette aventure risquée, le peuple serait demeuré opprimé et sans avenir, sur une terre étrangère.

Lors de la Veillée pascale, dans nos églises, nous rappelons cet événement fondateur, mais nous célébrons surtout un autre passage, celui de Jésus qui a traversé le gouffre de la mort et qui est ressuscité. Pas si facile à croire, et pourtant c’est la foi et l’espérance des chrétiens et des chrétiennes.

Jésus, le Ressuscité, est le même qu’avant et pourtant totalement différent. Il a vaincu le mal et la mort. Ses disciples et ses proches peinent à le reconnaître. Au soir de la Résurrection, ces derniers font peu à peu l’expérience d’une nouvelle présence de leur maître, bien différente, mais prometteuse et pleine de vie. Ce contact avec celui qui est la vie les provoque au changement, à porter un regard nouveau, sur eux-mêmes et sur les autres. Ils expérimentent une force nouvelle, comme un nouvel élan qui éloigne toute peur. Ils repartent pour raconter dans la joie et l’espérance cette histoire d’amour qui fait vivre. Rien ne peut les empêcher de rappeler les paroles et de refaire les gestes de Jésus qui font vivre et rendent possible l’avenir pour toute personne blessée, souffrante ou paralysée par la peur.

avec espérance

Cette année, en raison de la visite de l’inconnu qui fait peur, le coeur n’est peut-être pas à la fête. Je peux le comprendre. Cependant, serait-il possible de vivre cette journée de Pâques et les autres qui suivront avec confiance et espérance ? Pour cela, il s’agit peut-être de nous appuyer sur l’exemple de ceux et celles qui nous ont précédés. Ces femmes, ces hommes et ces peuples qui ont pris le risque de traverser, de vivre le passage qui donne la vie et ouvre sur un futur possible. Osons cette traversée ensemble et avec confiance. Jésus Ressuscité nous précède. De plus, nous pouvons compter les uns sur les autres et nous émerveiller des oeuvres de solidarité qui émergent de partout. Elles sèment la vie !

Je vous offre mes meilleurs souhaits en cette belle fête de Pâques. Profitez de chacun des beaux moments que la vie apporte. Exprimez votre amour et votre admiration pour les personnes qui vous sont proches. Gardez votre coeur ouvert et disponible pour tendre la main et aider ceux et celles qui ont besoin.

Ensemble, demeurons disponibles pour gagner la bataille contre l’inconnu. Il y a de l’avenir dans l’air. N’ayons pas peur d’accueillir ce que la vie nous apportera de beau et de nouveau. Notre vie sera transformée, mais ce sera sans doute pour le mieux. La traversée en vaut la peine.

Joyeuses Pâques !

René Guay

Évêque du diocèse de Chicoutimi

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SUR LE WEB UNIQUEMENT

En raison des directives gouvernementales, aucune célébration de la Semaine sainte n’aura lieu dans les différentes églises et chapelles de notre diocèse. Toutefois, Mgr René Guay présidera les célébrations du Samedi saint (Veillée pascale) et du dimanche de Pâques sur le Web. Celles-ci seront diffusées en direct de la chapelle de l’évêché sur la page Facebook du diocèse. Que vous ayez une page Facebook ou non, il est possible d’y avoir accès. Pour plus de détails, rendez-vous sur le site Internet du diocèse au www.evechedechicoutimi.qc.ca.

À noter que seulement trois personnes seront présentes dans la chapelle et que les mesures gouvernementales seront respectées.

Si vous souhaitez être au fait de l’ensemble des mesures prises au diocèse de Chicoutimi pour endiguer la COVID-19, vous êtes invités à vous rendre régulièrement sur la page Web mentionnée précédemment. Il vous est également possible de vous abonner à la page Facebook Diocèse de Chicoutimi ou encore au compte Twitter @Chic_diocese.

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Jean Gagné, prêtre

responsable diocésain des communications