Voici la chambre de Katou, décorée par Nathalie Couture, qui a donné un grand coup de main à la famille.

Suite et suite

CHRONIQUE / Une fois de temps en temps, je vous donne des nouvelles des histoires que je vous raconte. Ce temps est venu. Plus de bonnes nouvelles que de mauvaises, ça fait du bien.

La chambre de Katou

Vous vous souvenez de Katou? Quatrième de cinq enfants, 12 ans de corps, un an de tête. Ses parents voulaient la garder à la maison, mais la maison n’était plus adaptée. Il fallait une chambre en bas et une salle de bain.

Sinon, il aurait fallu penser à la placer.

J’ai raconté leur histoire une première fois le 21 octobre 2016, Chantal et son mari s’en souviennent très bien, ça tombait le jour de leur 21e anniversaire de mariage. Ils avaient besoin de 20 000 $ pour payer la moitié des travaux, le Programme d’adaptation du domicile (PAD) payait l’autre moitié. De généreux samaritains les ont aidés, ils se sont entendus pour les plans avec le PAD et aussi avec la municipalité.

Mais le PAD a tout changé à la dernière minute. 

À un point tel que Chantal et son mari ont dû renoncer à l’aide gouvernementale, qui n’en était plus. Je vous ai donc reparlé d’eux en juillet l’an dernier, de la bureaucratie qui s’enfarge dans les fleurs du tapis. Ils avaient besoin de 15 000 $, Chantal m’a dit de ne pas insister là-dessus. «On va s’arranger.» Elle avait juste hâte que les travaux commencent, d’entendre des coups de marteau.

D’autres bons samaritains ont tendu la main.

Avec l’autre sur le cœur.

Ils ont reçu plus qu’ils en espéraient, les travaux ont pu commencer, enfin. À l’automne, les premiers coups de marteau ont retenti, des murs sont tombés, d’autres ont apparu. Ce printemps, Katou a pu enfin emménager dans sa nouvelle «chambre de princesse» au rez-de-chaussée.

«Cela fait tout une différence! On est vraiment heureux de ça!» m’a écrit Chantal par Facebook. Elle et moi, on reste en contact. Elle ne rate pas une occasion de remercier ceux qui les ont aidés, ceux qui ont donné des sous et de l’huile de bras. «Je ne sais pas où est-ce qu’on serait...» Les travaux avancent lentement mais sûrement, «le plâtrage devrait commencer vendredi», au travers du reste, les quatre autres enfants, le boulot de papa et les rendez-vous pour Katou. 

Mardi, la décoratrice a mis la dernière touche à la déco de la chambre de sa chambre. «C’est vraiment hot! On était heureux! C’est fou tout l’amour et don de soi qu’il y a eu pour la chambre à Katia!» Ils ont aussi eu des toiles électriques pour ne pas que Katou se prenne dans les cordons.

Et il n’y a pas que Katou qui a une nouvelle chambre. Sa sœur aînée aussi, il y a peine quelques jours. «On a enfin transféré Pam, la plus grande, dans l’ancienne chambre à Katou! Moment historique! Imagine depuis 21 ans qu’elle partage sa chambre...»

À bons entendeurs

Karine et Sylvie sont peut-être au bout de leur peine, elles qui se battent ensemble depuis un an pour que leurs garçons puissent aller à l’École oraliste. Une affaire de rigidité bureaucratique qui les a emmenées à faire les tournées des neuf commissions scolaires de la Rive-Nord et de la Rive-Sud pour plaider leur cause, pour que leurs enfants aient les services dont ils ont besoin pour leurs troubles de langage.

Même s’ils ne sont pas sourds.

Aux dernières nouvelles, il semble que le dossier avance — finalement — dans la bonne direction. Et pas seulement des vœux pieux.

Reste à espérer que le dossier, s’il continue à évoluer dans le bon sens, ne s’arrête pas à ces deux enfants.

Qu’ils soient les exceptions qui fassent changer la règle.

Stetter rendu en France

Ça y est, le sous-lieutenant René Stetter, mort sur le champ de bataille de Verdun le 17 juin 1916, a regagné sa patrie.

Sa mémoire, du moins.

Depuis 65 ans, ce qu’il avait laissé à sa fiancée avant de partir à la guerre était entre les mains de Geneviève Dufour. La fiancée de René c’était sa marraine Germaine, qui lui a remis les précieux souvenirs de son amoureux. Geneviève partait pour l’Amérique, elle les lui a donnés deux jours avant qu’elle ne prenne le bateau.

Geneviève les a gardés pendant tout ce temps. Jusqu’à ce jour de décembre 2017 où, après avoir regardé un documentaire à TV5, elle s’y est plongée.

Elle a tout classé, trié, fabriqué une boîte pour les médailles, bourré le képi pour qu’il reprenne sa forme. Elle a rangé dans quelques cartables les documents, brevets et correspondances. Elle a mis de côté les dizaines de lettres d’amour qu’ils se sont échangées, lui de la tranchée, elle dans l’espoir.

Geneviève Dufour est entrée en contact avec des gens qui ont entrepris d’honorer la mémoire du combattant.

J’ai eu des nouvelles lundi. Au bout du fil, Geneviève m’a annoncé que le sous-lieutenant René Stetter a regagné, plus d’un siècle plus tard, la patrie pour laquelle il est mort. Toutes ces heures passées à recoller ces fragments d’histoire n’auront pas été vaines, il aura sa place dans un musée.

Et, à jamais, dans le cœur de Geneviève.

As-tu des larges?

Ça court beaucoup ces temps-ci dans les CHSLD, ce n’est pas nouveau. Mais ce qui est nouveau, c’est que les préposés courent de plus en plus après les culottes d’incontinences, les couches, les pull-ups. 

Résultat, on les change moins.

Ce n’était pas comme ça avant au CHSLD Notre-Dame-de-Lourdes, me raconte un préposé, les réserves étaient suffisantes. Et là, on en manque. Il n’y en a pas sur un étage, on doit aller voir à l’autre étage s’il en reste. Quand il en reste, il n’y a pas toujours la bonne grandeur. On en prend une autre, plus petite, plus grande, on fait avec.

«C’est la troisième semaine nous que l’on court les culottes. Plus de large voilà deux semaines, pus de pull-ups extralarge ni small la semaine passée, et là, on commence à courir les mediums! Faque on n’a pas vraiment le choix d’attendre que ce soit sur le bord de déborder...»

On me dit aussi qu’il en a manqué trois fois. Dans tout le CHSLD. Il a fallu aller en chercher ailleurs. 

Quelqu’un peut revoir les commandes