La remontée après la ferme des 3J était particulièrement difficile avec les grosses bourrasques de vent en pleine face.

Mon premier raid de vélo de montagne

CHRONIQUE / Si parcourir 50 km en vélo sur la route n’est pas une épreuve à tout casser, il en va tout autrement quand vient le temps de faire la même distance en vélo de montagne.

Pour réaliser un vrai défi, il ne faut pas être sûr de pouvoir franchir la ligne d’arrivée, m’a déjà dit Hélène Dumais, une ultramarathonienne québécoise qui a réussi à courir 888 km en 10 jours l’an dernier. 

En tentant de faire le raid de 50 km, dans le cadre du Raid boréal présenté au Centre de vélo de montagne de Saint-Félicien samedi, je me suis donc lancé un vrai défi, car je suis plutôt un cycliste du dimanche, roulant une dizaine de fois par année. 

Au départ, je pensais même essayer le 65 km, question de vraiment sortir de ma zone de confort, mais Martin Demers, président du Club Vélo2Max, qui organise l’événement, m’a rapidement ramené à l’ordre. « Si tu fais le 35 km, tu auras du fun, et si tu essayes le 50 km, tu vas avoir mal », m’a-t-il dit avant l’événement. Et il avait tout à fait raison. 

L’épreuve a commencé sur les pistes assez larges et roulantes du centre de vélo de montagne, question d’accommoder les 71 coureurs qui avaient pris le départ pour cette distance (plus de 260 coureurs au total). Comme je n’avais aucune ambition de remporter l’événement, j’ai laissé les vrais coureurs filer, me retrouvant à l’arrière du peloton. Je savais que ça me prendrait tout mon petit change pour terminer l’épreuve, j’ai donc opté pour la stratégie du « petit train va loin ». 

Après seulement 4 km, mes vieux problèmes avec mon nerf sciatique ont commencé à me déranger. Puis après 10 km, mes cuisses chauffaient déjà. Heureusement, j’étais rendu à une portion de descente qui s’échelonnait sur 6 km, filant à toute allure en bordure de la rivière à l’Ours, avant de descendre vers la ferme des 3J à travers un chemin de quatre-roues. Un trajet original, d’autant plus qu’on devait passer à travers l’étable, sous le regard des vaches laitières qui n’avaient jamais vu autant de cyclistes défiler sous leurs yeux. 

Après le 40 km, le moral est revenu, car je savais que j'allais atteindre la ligne d'arrivée.

En remontant vers le centre, connu sous le nom de Tobo-Ski, ç’a commencé à se gâter. Le vent soufflait si fort que chaque mètre était pénible. D’autant plus que le chemin d’argile était ultra-glissant. Après avoir enfilé à travers les gravières, j’atteins enfin le centre de vélo, en croisant le km 21. Un doute m’envahit alors, car je me sens vidé et j’ai encore 29 km à faire. 

Qu’à cela ne tienne, je continue à rouler tranquillement, en attendant que le moral revienne. Après le ravitaillement du km 27, en montant la Cinquante, je me rends compte que je devrai ménager mes efforts si je veux atteindre la ligne d’arrivée. Lors des montées trop abruptes, parsemées de grosses roches et racines, je décide donc de marcher. 

Dans cette section, chaque kilomètre semble une éternité, car il y a des roches partout, le milieu est humide et les virages serrés. Une chance que la beauté des vieilles forêts implantées sur le haut des crans me remonte le moral, avant d’enfiler vers le chemin de terre qui mène au lac à Côté. Ce chemin roulant permet de franchir plusieurs kilomètres rapidement, mais le vent me ralentit encore. 

Arrivé au km 40, je sais maintenant que plus rien ne pourra m’arrêter, à part un accident. Je demeure donc prudent tout en profitant des nombreuses descentes qui m’amènent vers mon objectif. 

Avec toute la pluie qui était tombée pendant la nuit, plusieurs sections étaient boueuses.

Trois heures et 49 minute après avoir pris le départ, je croise enfin la ligne d’arrivée. Même si je suis arrivé en 66e place sur 71, plus d’une heure trente après le vainqueur, tout ça n’importe peu, car j’ai réussi mon défi. Il me restera encore des croûtes à manger pour m’attaquer au raid de 65 km, mais je sais désormais que ce n’est pas une folie de l’envisager.