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Mickaël Bergeron
La Tribune
Mickaël Bergeron
Les gens ont moins peur du vaccin, mais souhaitent aussi que celui-ci mette fin au cauchemar de la pandémie.»
Les gens ont moins peur du vaccin, mais souhaitent aussi que celui-ci mette fin au cauchemar de la pandémie.»

Le vaccin de l’espoir

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CHRONIQUE / Petit à petit, la population envisage de plus en plus de se faire vacciner contre la COVID-19. Il faut dire que les gens en peuvent de moins en moins de la pandémie et le vaccin apparaît comme la fin du calvaire.

La professeure-chercheuse à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke, Mélissa Généreux, a raison de souligner que le vaccin fait moins peur. On se souvient qu’en décembre, plusieurs s’inquiétaient de la sécurité du nouveau vaccin. Plusieurs auraient refusé d’avoir les premières doses. On baignait dans la fausse politesse de laisser la place à l’autre. « Je t’en prie, goûtes-y avant moi! »

Depuis, un bon nombre de personnes ont reçu le vaccin et visiblement, il n’y a pas eu de problèmes majeurs chez ceux et celles qui l’ont reçu, sauf les problèmes d’approvisionnement du gouvernement. Aucun doute que l’absence de complications ait eu un effet rassurant pour une partie de la population. L’hésitation à recevoir le vaccin est passée, selon l’étude présentée mercredi, de 24 % à 17 %.

Il reste une proportion de Québécois et Québécoises qui maintiennent leur refus, 9 %. Un taux qui ressemble aux anti-vaccins d’avant la pandémie, qui était de 12 % au Canada en 2015. Ce taux ne risque pas de diminuer tant que ça, peu importe les efforts. Ce n’est sûrement pas ces gens que cibleront les séances d’information et les campagnes de vaccination.

Odeur de liberté

Sans rien enlever aux campagnes d’information et à la sensibilisation entourant la vaccination qui ont sans aucun doute permis d’augmenter la confiance, je remarque aussi que plusieurs veulent passer à autre chose. Le vaccin est vu comme la seule façon d’y arriver.

On le sent avec la semaine de relâche qui arrive, les gens ont besoin de casser l’isolement. Mine de rien, ça fait maintenant une cinquantaine de jours que nous jonglons avec le couvre-feu. Bientôt deux mois à s’organiser pour tout faire avant 20 h, qui s’ajoutent à tous les gestes qu’on se retient de faire depuis bientôt un an.

Les journées rallongent, comme on dit. Si le soleil s’est couché à 16 h 24 le 9 janvier, première journée du couvre-feu, il s’est couché à 17 h 28 hier. Ce sera 15 minutes supplémentaires après la semaine de relâche. Et comme le 14 mars on avance l’heure, d’un seul coup, le soleil va se coucher à 19 h. Ça va être dur de se retenir.

Plus le soleil se couchera tard, plus le printemps s’installera dans les prochaines semaines, plus ce sera difficile de rester chez soi, de s’enfermer. L’extérieur va être pas mal tentant. Plus qu’en ce moment. On le sait comment on est, dès les premières journées avec 5 degrés Celsius, on a envie de sortir les bermudas, les robes et d’ouvrir les terrasses. Même sans confinement, on veut sortir de notre hibernation.

Cette partie ne sera pas évidente pour le gouvernement, qui devra probablement maintenir certaines mesures de confinement ou de distanciation pendant encore plusieurs semaines. Peut-être pas le couvre-feu, mais on ne pourra pas visiter notre monde aussi rapidement. Cela risque de ressembler à l’été dernier, qui permettait des activités à l’extérieur.

Premièrement parce que la vaccination va prendre plusieurs semaines – et ça, c’est si les pharmaceutiques ne font pas encore faux-bond. Ensuite parce qu’on ne sait pas encore si le vaccin empêche la contagion. On sait qu’il est efficace pour empêcher le virus de provoquer la maladie, mais la personne vaccinée pourrait peut-être quand même propager le virus malgré elle, un peu comme les asymptomatiques.

Le gouvernement et la santé publique continueront sûrement aussi d’avoir peur des variants et des nouvelles vagues. Le relâchement sera donc moins rapide que la vaccination.

Je sais que je sonne négatif, mais pas du tout. On peut s’accrocher à cet espoir du vaccin. Normalement, la tension diminuera dans les prochains mois. Il faut juste ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Autrement dit, il ne faut pas cesser la distanciation avant d’avoir vacciné la majorité de la population.

Ce serait bête de scrapper le traitement parce qu’on a hâte de sortir et de replonger dans une énième vague. En restant prudent, on met toutes les chances de notre côté de reprendre nos proches dans nos bras d’ici la fin de l’année.