J’ai l’impression de vivre dans un monde surpeuplé de gens en colère, de gens qui n’ont rien de mieux à faire que de s’écrire des bêtises les uns les autres ou de se rabaisser mutuellement.

La noblesse

CHRONIQUE / Je suis allée au bureau de poste, l’autre jour. Un endroit qui est toujours tranquille, peu importe le nombre de personnes qu’on y retrouve. Un lieu caractérisé par son silence, uniquement brisé par le dialogue entre l’employé de Postes Canada et son client.

Nous étions six dans la boutique ; j’étais la troisième en ligne. Comme c’était l’heure du midi, une seule employée s’occupait de répondre à la demande.

Un monsieur d’un certain âge, derrière moi dans la file, n’a visiblement pas apprécié de devoir attendre plusieurs minutes avant d’être servi.

« Maudite incompétente ! Si j’étais son boss, je te sacrerais ça dehors, ça ne serait pas long ! », a-t-il maugréé à voix basse, suffisamment fort pour que nous autour puissions l’entendre, mais pas la dame qui était la cible de ses propos.

Personne n’a répondu, bien que des regards incrédules aient été échangés. Sur le coup, j’ai été choquée par la déclaration de l’homme, qui a finalement quitté le bureau de poste quelques instants plus tard.

J’ai choisi de l’ignorer, même si je me mordais les lèvres, me retenant de le remettre à sa place. Je regrette maintenant de ne pas lui avoir répondu du tac au tac pour me porter à la défense d’une femme qui, à mes yeux, faisait son travail du mieux qu’elle le pouvait dans les circonstances.

Mèche courte

J’ai l’impression de vivre dans un monde surpeuplé de gens en colère, de gens qui n’ont rien de mieux à faire que de s’écrire des bêtises les uns les autres ou de se rabaisser mutuellement.

N’avons-nous pas, collectivement, la mèche plus courte qu’auparavant, ou n’est-ce qu’une réalité exacerbée par une avalanche de commentaires haineux sur les médias sociaux ? Ça m’arrive à moi aussi de pogner les nerfs, et j’en suis profondément désolée lorsque je m’en rends compte.

Suffit que notre prédécesseur ne roule pas assez vite sur la chaussée pour que nous l’invectivions dans notre tête... ou sur Spotted ! Parfois, on se permet de lui coller au cul ou de le dépasser en lui décochant un regard assassin au passage.

Comme si on arrivait plus vite à destination, délesté de notre rage.

Idem lorsqu’on fait la queue à la caisse de l’épicerie et qu’on attend que le client qui paie en finisse avec ses coupons ou sa commande de billets de loto. Et que dire s’il paie sa facture en petite monnaie !

À croire que la crème glacée aurait le temps de fondre...

Pensez-y une seconde : nous sommes tous sensibles à différents irritants, à des stimuli qui nous mettent systématiquement hors de nous même s’il s’agit de quelque chose de somme toute assez bénin.

Quelqu’un qui ne vous ouvre pas une porte alors que vous arrivez les bras chargés ; quelqu’un qui se moque publiquement de quelqu’un d’autre en raison de son accoutrement, de son sexe, de sa religion ou d’un handicap ; un insouciant qui laisse tomber un déchet par terre alors qu’une poubelle se trouve à quelques pas de là.

Un article de journal ; une chronique. Vous voyez où je veux en venir ?

La vie

Mon métier de journaliste consistant à rapporter la réalité ; mon chapeau de chroniqueuse étant de commenter celle-ci. Il s’agit donc d’un phénomène dont je peux témoigner régulièrement.

« L’important, ce n’est pas de frapper un circuit chaque semaine, me rappelle souvent ma collègue Isabelle Gaboriault. C’est d’avoir une bonne moyenne au bâton. »

Chaque jour, je fais de mon mieux pour présenter des reportages intéressants et pertinents. Chaque samedi, je tente de vous présenter une chronique qui fait réfléchir et qui vise à susciter un échange.

Chaque fois que je le fais, j’y associe mon nom, mon visage, mon adresse courriel et même mon identifiant Twitter. J’assume donc l’entièreté de mes propos, ce qui n’est pas le cas de plusieurs personnes qui m’écrivent des bêtises.

J’en ai discuté avec plusieurs collègues journalistes et chroniqueurs, qui ont eux aussi une liste de correspondants désagréables. Il nous est même arrivé d’en avoir en commun.

Plus souvent qu’autrement, ça ne se donne pas la peine de nous écrire un bonjour. On se fait tutoyer d’emblée, même si on ne les connaît pas. Les plus courageux signeront leur message.

Que ce soit pour souligner une erreur de français, une faute de syntaxe, une coquille ou pour exprimer son désaccord avec un choix de mots ou notre propos — ce qui est tout à fait légitime si cela est exprimé dans le respect —, il n’est pas nécessaire d’en ajouter une couche en remettant notre intelligence et nos compétences en question. Ou même, pour certains, de se réjouir des déboires financiers de mon employeur ou d’en attribuer la cause à un reportage qui déplaît.

Nous sommes peut-être en désaccord, ça ne fait ni de vous ni de moi un crétin fini. Ça s’appelle la vie. « Le pire, souvent, c’est les gens qui font ces commentaires sur ce ton pensent vraiment faire un truc noble », soulignait mon ami Mickaël Bergeron.

Chaque fois que je reçois un tel message, je ne peux m’empêcher de me demander si ce défoulement virtuel a vraiment fait du bien à son auteur et si le débat a réellement été élevé.

Nourrir le bully

Jusqu’à tout récemment, je ne répondais jamais à ces missives. Don’t feed the troll, qu’on dit.

C’est vrai qu’ignorer un bully ne lui donne pas la satisfaction de savoir que ses paroles nous affectent et nous heurtent.

Mais depuis quelques semaines, j’ai changé de stratégie. Je réponds promptement, mais poliment à ces hommes et ces femmes qui veulent me donner une leçon de journalisme. Non pas par vengeance ou par besoin d’avoir le dernier mot, mais plutôt pour mettre mon pied à terre. Tout le monde mérite le respect.

Il est devenu trop facile pour n’importe qui de déverser son fiel à un pur inconnu, tout simplement parce que celui-ci est une cible facile à atteindre, particulièrement en ligne.

« Vous avez sûrement mieux à faire que de me lire si vous croyez que j’écris des inepties, comme moi j’ai mieux à faire que de lire les vôtres », ai-je répondu à un lecteur qui n’avait pas été très tendre dans ses propos.

À ma grande surprise, environ la moitié de ces personnes me sont revenues pour me présenter des excuses, étonnées que j’aie répliqué.

Cela confirme mes soupçons selon lesquels devant un écran, certains se sentent invulnérables. Parce qu’ils ne ressentent aucune gêne, ils ne sont pas conscients de l’effet réel de leurs mots.

Et ça, c’est très, très dangereux.

Une vague d’amour qui nous gardera à flot

Heureusement, il y a un gros point rose dans ce tableau noir que je vous ai dressé aujourd’hui.

Je ne pouvais pas signer une chronique aujourd’hui sans prendre le temps de dire merci. Merci à tous les lecteurs qui nous ont témoigné leur soutien en plein coeur de la tempête, merci aux abonnés et aux annonceurs qui croient en nous et qui nous soutiennent. Merci à ceux qui feront désormais partie de la solution.

Bref, cette grande vague d’amour que vous nous avez envoyée au cours des derniers jours, pour nous rendre l’amour que nous, nous investissons jour après jour dans nos journaux, fut d’un grand réconfort en cette période trouble. Et j’espère que ce soutien se poursuivra au-delà de cette période charnière que nous traversons, nous, mais aussi les hebdomadaires, les radios et les télévisions communautaires en région, afin de nous garder à flot jusqu’à bon port.

D’ailleurs, même si les nouvelles de lundi nous ont ébranlés, je suis heureuse que notre situation précaire soit enfin connue dans toute son ampleur. Il était jusqu’alors difficile de l’étaler sur la place publique, de peur de perdre nos appuis si fragiles.

Certes, il s’en trouvera pour critiquer le nouveau prêt que nous a consenti le gouvernement du Québec, comme certains ont encore le premier en travers de la gorge. Il serait cependant faux de croire que nous sommes restés là à ne rien faire en attendant la fin. Je peux vous l’assurer, de grands efforts et d’importants sacrifices ont été effectués en coulisses au cours des dernières années pour retarder l’inévitable.

Beaucoup de médias régionaux ont disparu au cours des dernières années sans que personne ne lève le petit doigt pour les aider. Avec cette aide de dernier recours, Groupe Capitales Médias bénéficie d’une chance inouïe qu’il ne faut absolument pas rater. Soyez assurés que nous nous retrousserons les manches et nous nous réinventerons.

C’est donc un nouveau chapitre qui s’ouvre pour notre fratrie médiatique. L’aîné des six, Le Soleil, a 123 ans ; La Voix de l’Est, le benjamin, en a 84.

On espère continuer de vous informer aussi longtemps, sinon plus. Ça ne dépendra que de vous.

Vu d'même

La bonne oreille de mon amie Sophie

CHRONIQUE / Depuis que vous avez entamé la lecture de vos nouvelles quotidiennes, ce matin, probablement en sirotant votre café dans le confort de votre demeure, sachez qu’une ou deux personnes, quelque part dans le monde, se sont enlevé la vie, et ce, sans même que cela ne vous ait effleuré l’esprit.

Pensez-y : le monde continue de tourner à une vitesse folle pendant que chacun d’entre nous prend un temps d’arrêt.

Vu d'même

Noël en été

CHRONIQUE / J’ai profité de la longue fin de semaine de la fête du Travail pour convier ma famille Martel à une épluchette de blé d’Inde chez moi, dimanche dernier.

La météo clémente et la complicité de ma tante Colette ont permis de rallier pratiquement tous les membres du clan, à la seule exception de deux cousins retenus ailleurs ; l’un de l’autre côté de la frontière, l’autre au boulot.

Vu d'même

OD abat les stéréotypes

CHRONIQUE / Ça a bien l’air qu’il y aura une candidate transgenre dans la prochaine saison d’Occupation Double, dont le tournage est en voie de s’amorcer en Afrique du Sud.

En effet, parmi les candidates susceptibles d’être retenues par le public pour l’aventure se trouve la toute première concurrente trans en la personne de Khate Lessard, une préposée aux bénéficiaires et conférencière de 23 ans originaire d’Amos, en Abitibi-Témiscamingue.

Vu d'même

La juste valeur des choses

CHRONIQUE / Chaque fois que j’arpente les allées d’une épicerie, je suis dégoûtée de voir des bouteilles de jus, des berlingots de lait au chocolat et des fruits entamés traîner sur des tablettes où ces produits ne devraient pas se trouver.

Ces vols d’une infime valeur, mais qui combinés à tous ceux qui sont commis chaque jour par des clients insouciants, finissent par coûter cher aux entreprises et dénotent un manque de respect pour le commerçant.

Vu d'même

Jouer au docteur

CHRONIQUE / En maternelle, il y avait un livre à l’école qui nous faisait bien rigoler, mes camarades de classe et moi. «Venir au monde», c’était le titre de ce petit bouquin de La courte échelle, qui était présenté dans une boîte où on trouvait également un jeu de société dont l’objectif, si je me souviens bien, était de mener à la naissance du bébé joufflu qui ornait la couverture.

Ce qui nous faisait rire, jeunes écoliers innocents que nous étions, c’était que ce livre, qui expliquait de manière ludique comment sont faits les bébés, était illustré de façon très explicite. Je me rappelle encore d’une image où « Maman » et « Papa », en retard pour le boulot, étaient nus comme des vers dans la salle de bain en train de se doucher et de se brosser les dents.

Vu d'même

Le larcin invisible

CHRONIQUE / Veille de Noël, 1990 ou 1991 : un moment que je n’oublierai jamais.

Nous revenions, mes parents et moi, du réveillon familial organisé chez ma grand-mère maternelle, à Beauport. Comme toutes ces fois où nous avions un repas en famille dans son appartement du secteur d’Estimauville, je m’endormais au retour sur la banquette arrière de la voiture en regardant toutes les lumières qui longeaient l’autoroute Félix-Leclerc.

Vu d'même

L’haït-cité

CHRONIQUE / Peut-on vraiment conclure à une corrélation directe entre les actes de violence commis cette semaine à l’endroit de personnes arabes et la loi 21 sur la laïcité de l’État ?

C’est ce que croit un chauffeur de taxi d’origine arabe de Québec, qui a été attaqué au couteau la semaine dernière par un client qui jugeait la course trop coûteuse.

Vu d'même

Tous les complots de l’univers

CHRONIQUE / Voilà donc un demi-siècle aujourd’hui que l’homme a mis le pied sur la Lune ; cinquante ans que les Américains ont remporté la course spatiale qui a caractérisé la guerre froide durant les années 1960 face aux Russes de l’Union soviétique.

Et pourtant, encore beaucoup de personnes doutent toujours aujourd’hui que Neil Armstrong a bel et bien foulé le sol lunaire.

Vu d'même

Les maires coquins

CHRONIQUE / Est-ce qu’une suspension de 90 jours, la sanction maximale pouvant être imposée à un élu par la Commission municipale du Québec (CMQ), est suffisamment sévère pour décourager des maires ou des conseillers municipaux de contrevenir à leur Code d’éthique et de déontologie ?

Poser la question, c’est un peu y répondre.

Vu d'même

La vraie vie et le septième art

CHRONIQUE / C’est souvent au cours de l’été qu’Hollywood déploie ses gros canons, saison propice à faire gonfler les résultats du box-office.

Les gens sont en vacances, les quelques ciné-parcs qui existent encore sont ouverts. Et puis, une salle de cinéma climatisée en pleine canicule est plus qu’invitante...

Vu d'même

La page blanche

CHRONIQUE / Vendredi, près de 16 heures. Je suis assise devant mon poste de travail et je ne sais pas encore de quoi vous parler cette semaine dans ma chronique, une tribune privilégiée où je peux vous entretenir de ce qui me plaît.

Mais il semble que cette semaine, plutôt que d’avoir carte blanche, j’avais davantage le syndrome de la page blanche.

Vu d'même

Les papatients

CHRONIQUE / Ce sera la fête des Pères demain.

À tous ceux qui seront entourés de leur marmaille, de leurs rejetons et peut-être même de la progéniture de ceux-ci, jeunes ou moins jeunes, que cette journée soit ensoleillée et remplie d’amour.

Vu d'même

On m’aime, donc je suis

CHRONIQUE / Une des premières choses qu’apprennent les policiers en devenir — je suppose — est de ne jamais négocier avec un criminel. C’est pourtant ce qu’a fait le Service de police de Torrington, dans l’État du Connecticut, en acceptant un curieux accord avec un fugitif en cavale.

Le criminel en question, Jose Simms, recherché pour avoir omis de se présenter en cour à plusieurs reprises, a proposé de se rendre aux forces de l’ordre lorsque son avis de recherche publié sur Facebook obtiendrait plus de 20 000 mentions « j’aime ».

Vu d'même

Dans la cour du voisin

CHRONIQUE / J’ai honte. Toute cette histoire entourant l’envoi d’une centaine de conteneurs de déchets du Canada vers les Philippines n’a rien pour nous emplir de fierté patriotique.

Je ne peux pas croire qu’il a fallu six ans à notre gouvernement pour mettre ses culottes et rapatrier nos rebuts que les Philippins n’ont jamais demandés.

Vu d'même

Mon corps, c’est mon corps

CHRONIQUE / C’est d’une très grande ironie. Au même moment où la ministre de la Santé Danielle McCann relançait le débat de la couverture publique des frais de fertilisation in vitro au Québec d’ici 2020 en annonçant la création d’un groupe d’experts, mercredi, l’État de l’Alabama adoptait une loi très sévère contre l’avortement.

D’un côté de la frontière, le gouvernement québécois souhaite rétablir le paiement d’un cycle de fertilisation pour les couples infertiles, après que son prédécesseur ait mis fin à la pratique en 2015.

Vu d'même

Donner des ailes

CHRONIQUE / Ainsi le gouvernement de Justin Trudeau songerait à modifier le Code canadien du travail afin d’offrir gratuitement des produits menstruels aux employées des instances fédérales, histoire de donner l’exemple aux entreprises privées qu’il voudrait voir emboîter le pas.

Cette volonté s’inscrit dans la même veine que l’esprit de la loi, qui prévoit que du papier hygiénique, du savon et de quoi se sécher les mains soit disponible en tout temps aux employés de la fonction publique fédérale, des sociétés d’État et des aéroports, entre autres, et ce, aux frais de la reine.

Vu d'même

Liberté de presse, ma précieuse

CHRONIQUE / Chaque année, le 3 mai marque la Journée internationale de la liberté de presse. Malheureusement, celle-ci se porte plutôt mal, ces temps-ci.

Le plus récent classement mondial de la liberté de presse, dévoilé il y a deux semaines par l’organisme Reporters sans frontières (RSF), nous apprend qu’il y a de moins en moins de pays jugés « sûrs » pour les journalistes, c’est-à-dire où ces derniers peuvent accomplir leur travail à l’abri d’entraves. Surtout, RSF affirme que « la haine des journalistes a dégénéré en violence ».

Vu d'même

Les yeux dans l’eau

CHRONIQUE / Quelle catastrophe de voir, une fois de plus, des gens devoir quitter leur foyer parce que celui-ci risque d’être inondé. Quelle horreur d’appréhender la rupture possible du barrage de Grenville-sur-la-Rouge. Quel drame que le décès de cette dame de Pontiac dont la voiture a chuté dans un cratère inondé après l’affaissement d’un ponceau.

Des inondations qui ne devaient se produire qu’une fois par quelques décennies ont maintenant lieu à quelques années d’intervalles. La fréquence rapprochée et l’ampleur de ces crues démontrent que les changements climatiques sont bel et bien une réalité à laquelle il faut s’adapter.

Vu d'même

Tous des cathédrales

CHRONIQUE / Impossible de rester de marbre devant le triste spectacle de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, lundi.

Cette image d’un monument en apparence stoïque devant l’éternel — et devenu soudainement si fragile —, de ces quelque huit siècles d’histoire rasés en quelques heures par les flammes, restera gravée dans l’esprit de quiconque a déjà foulé le parvis du lieu de culte ayant alimenté tant d’imaginaires.

Vu d'même

Au banc des pénalités

CHRONIQUE / Ça joue dur chez les câblodistributeurs. En jetant les gants cette semaine, Québecor pensait être vite sur ses patins, mais l’entreprise aura finalement marqué dans son propre but.

Pour ceux qui n’ont pas vu le jeu, allons-y pour la reprise vidéo.

Vu d'même

Un cœur gros comme ça

CHRONIQUE / Ce n’est qu’à sa mort que j’ai compris que ma mère n’avait jamais remporté sa bataille contre l’anorexie et la boulimie.

En vidant son logement, j’ai découvert, dans le double fond d’un tiroir, une balance et un journal dans lequel elle consignait religieusement les calories ingérées, son poids et ses mensurations.

Vu d'même

Comme une odeur de toasts brûlés

CHRONIQUE / Lundi, je suis allée au Cégep de Granby faire réparer le grille-pain de mon collègue Michel. Le levier actionnant le mécanisme ne tenait plus en place.

Retenu à l’extérieur du pays pour cause de vacances, le pauvre, celui que la salle de rédaction de La Voix de l’Est appelle affectueusement le Géant vert pour sa fibre écolo surdéveloppée, m’a demandé de lui rendre ce service.

Vu d'même

Pas tous des saints

CHRONIQUE / Il n’y a rien de surprenant au fait que le Saint-Père ait refusé la démission du cardinal français Philippe Barbarin, venu le rencontrer au Vatican pour connaître son avenir au sein de l’Église.

Le contraire aurait été de loin plus étonnant, d’ailleurs.

Vu d'même

Donnant-donnant

CHRONIQUE / « Ce sera tout ».

Voilà ce que m’a dit Monsieur jet-set après m’avoir fait poireauter pendant près d’une heure à la réception de son entreprise, tendu une main molle, jeté un furtif regard à mon curriculum vitae et dit que je ne me prenais pas pour une poignée de porte.

Vu d'même

Sourire Colgate et Holiday Inn

Il serait bien difficile d’avoir une dent contre l’investissement annoncé de dix millions de dollars par année pour améliorer la santé buccodentaire des résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD).

De l’argent pour améliorer la qualité de vie de nos aînés, n’y a-t-il pas là de quoi sourire ?

Vu d'même

Et pourquoi pas la philo au primaire ?

CHRONIQUE / Le consensus est utopie quand on traite de questions religieuses.

Un peu plus de dix ans après son implantation dans les classes québécoises pour remplacer les cours de catéchèse et de morale, le cours d’Éthique et culture religieuse continue de diviser.

Actualités

Le petit confort

CHRONIQUE / Le nombrilisme est assurément le mal du 21e siècle.

En cette ère où la vie virtuelle supplante la vie réelle, on dirait que nos priorités ne sont plus les mêmes.