En jetant un coup d’œil dans la boîte à livres de l’escalier Badelard, une maman a remarqué le paquet de cartes perdues.

Les cartes de Noël perdues

CHRONIQUE / Julie Pilon marchait vers chez elle, au centre-ville de Québec, lorsqu’elle s’est aperçue qu’il lui manquait un sac.

L’enseignante en première année avait terminé sa journée à l’école du Boisé, à Charlesbourg, et avait décidé de ramener à la maison les cartes de Noël que ses élèves avaient mis un après-midi à fabriquer et à décorer. 

Consciencieuse, elle voulait corriger les fautes avant que les souhaits soient transmis à une résidence pour aînés. Mais sur le chemin du retour, elle s’est rendu compte qu’elle ne tenait plus le sac de plastique dans lequel elle avait rangé les cartes. 

Mme Pilon avait beau chercher, retrouver le précieux fourre-tout dans la neige le lendemain d’une tempête était une entreprise ardue. Rien à faire, les cartes étaient disparues. 

Durant la soirée, l’enseignante s’est sentie très coupable. Elle s’est réveillée en plein milieu de la nuit et n’a pas été capable de se rendormir. Imaginez le cauchemar pour un prof : perdre les cartes de Noël de 20 enfants. 

Entre-temps, quelqu’un a retrouvé le sac de plastique et l’a déposé dans la boîte à livres de l’escalier Badelard, qui relie les quartiers Saint-Roch et Sant-Jean-Baptiste. En jetant un coup d’œil dans la boîte, une maman qui allait reconduire ses enfants le lendemain matin a remarqué le paquet de cartes perdues. 

Croyant qu’elles appartenaient à d’autres élèves de l’école primaire Saint-Jean-Baptiste, elle les a déposées au secrétariat. La secrétaire a vérifié auprès des enseignants : non, les cartes n’avaient pas été confectionnées dans l’école. 

Elle a ensuite appelé deux commissions scolaires pour savoir si une école avait rapporté des cartes de Noël perdues. La première a dit non, pas nous... Puis la commission des Premières Seigneuries a vérifié... 

C’était eux, les coupables. Ou plutôt, c’était Julie Pilon, à l’école du Boisé, qui se demandait comme elle allait annoncer la disparition à sa classe. 

«Finalement, les cartes ont pu se rendre!» se réjouit-elle. Elles ont été livrées comme prévu dans la résidence pour personnes âgées. 

Mme Pilon n’a jamais su qui avait sauvé les cartes de la neige. Mais elle a appris le nom de la maman qui les ramenées au chaud dans une école. 

Pour la remercier, elle lui a acheté un bon d’achat dans une librairie. Elle a trouvé son adresse et est allée déposer quelque chose dans sa boîte aux lettres.  C’était une carte de Noël. 

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Dans les prochains jours, vous lirez beaucoup de revues de l’année. Vous allez revisiter plusieurs tragédies, et il vous restera peut-être un souvenir amer de 2017. Mais cette petite histoire de cartes de Noël montre qu’il y a aussi beaucoup de bonté autour de nous. Il faut juste s’arrêter pour la remarquer.

Un joyeux Noël et une bonne année à tous! On se revoit début janvier.