Quatre longues plaies, refermées par des points de suture, recouvrent le cou de Smokey.

Le pitbull de Saint-Laurent euthanasié

CHRONIQUE / Les résidants du quartier Saint-Laurent, à Jonquière, seront soulagés d’apprendre qu’un chien qui semait l’émoi depuis quelque temps, sur la rue Saint-Clément, n’est plus. Après avoir attaqué un troisième chien, le 9 mai dernier, le pitbull a été euthanasié.

Lors de la première attaque, qui avaient fait deux victimes le 17 février dernier, le pitbull agresseur avait été reconduit à la SPCA Saguenay pour être évalué par l’intervenant canin rattaché à cet organisme.

Même s’il est interdit d’avoir un pitbull à Saguenay, ce règlement n’avait pas été pris en considération étant donné que la race est difficile à prouver. De plus, comme l’intervenant canin n’arrivait pas à prouver hors de tout doute que le chien était dangereux, il avait donc renvoyé le chien chez son propriétaire avec quelques recommandations. « Nous avons suivi les démarches conformes aux articles 55 à 59 du règlement sur les chiens dangereux », explique Marie-Hélène Lafrance, conseillère aux relations médias à Saguenay.

« Outre le port de la muselière et le harnais à attache frontale, l’intervenant recommandait aussi la castration, ce qui a été fait aux frais de la Ville », poursuit Mme Lafrance. Le 9 mai dernier, le pitbull récidivait.

« Mercredi passé, je marchais avec mon chien en laisse, sur la rue Saint-Clément, il était 15 h, quand j’ai vu ce chien en liberté s’élancer sur le mien. Il l’a attaqué directement dans le cou », relate Serge Tremblay. À coup de poing et à coups de pieds dans le robuste chien, l’homme tentait de sauver son animal sous le regard horrifié des nombreux passants. « J’ai des marques sur les poings ! Mais ils sont tellement faits durs ces chiens-là, ce sont des malades », lance-t-il. Le propriétaire du chien agresseur est accouru pour ouvrir la gueule de son chien qui gardait prisonnier le petit chien d’une dizaine de livres. En vain, il étrangla son chien pour le faire lâcher. C’est en effet la méthode préconisée dans ce genre de situation. « Si mon chien est blessé, c’est à cause de cet homme. Mais si mon chien est encore en vie, c’est aussi grâce à cet homme », réfléchit M. Tremblay.

Une fois sorti de la gueule du pitbull, le petit yorkshire croisé shitzu saignait abondamment et M. Tremblay n’a pas attendu l’arrivée des policiers. « J’ai sauté dans mon auto et je suis partie chez le vétérinaire, parce que la vie de mon chien passait avant tout », poursuit-il.

« Étant donné que le propriétaire du pitbull a collaboré avec les policiers lors de ce deuxième incident et qu’il avait décidé de faire euthanasier son chien, il n’a pas reçu de constat d’infraction », mentionne Mme Lafrance. Les policiers sont donc partis avec l’animal pour le confier à la SPCA Saguenay qui a procédé à son euthanasie, aux frais de la Ville.

Près de 48 heures plus tard, le chien blessé, âgé de huit ans, a eu son congé de la clinique vétérinaire. Les frais, qui s’élèvent à près de 800 $, ont été payés en totalité par son propriétaire. Quatre longues plaies, refermées par des points de suture, recouvrent le cou de Smokey.

« Tout le monde connaît Smokey dans le quartier, car il porte souvent son petit gilet Harley Davidson. Je marche avec lui cinq kilomètres par jour. Il est en forme, mais là, pour les 14 prochains jours, Smokey doit rester tranquille », conclut M Tremblay.

Smokey et son propriétaire, Serge Tremblay, marchent quotidiennement près de cinq kilomètres.

Première attaque
Rappelons que le 17 février dernier, Michaël Godin promenait ses compagnons canins, comme à l’habitude, quand ce pitbull avait sauvagement attaqué ses chiens au coin des rues Saint-Clément et Saint-Dominique. Un des deux chiens avait été laissé pour mort. Finalement, les vétérinaires avaient réussi à sauver les chiens blessés, moyennant une facture de près de 1000 $. N’ayant pas d’argent pour payer une telle somme, le couple avait reçu des dons de la population.

La prédation
Dans ce genre de situation, on blâme souvent le propriétaire du chien agresseur en croyant faussement qu’il a dressé son chien pour l’attaque. Rappelons que le comportement dont on parle ici s’appelle de la prédation. Ce n’est pas un comportement que le propriétaire peut apprendre à son chien. C’est un comportement génétique qui peut, par contre, être renforcé si l’environnement n’est pas bien contrôlé. Évidemment, la castration est conseillée pour éviter que l’animal transmette ce comportement à sa progéniture, mais cette intervention n’enraye pas le comportement de prédation.