Environ 1000 cadets du Centre d’entraînement de Bagotville font des tours de planeur annuellement.

Le calme dans les airs

CHRONIQUE / « Tu vas voir, le vol, ça ressemble à un tour d’ascenseur ». Voici la comparaison utilisée pour décrire les quelques minutes où l’on flotte dans le ciel, seuls à l’intérieur d’un planeur, au journaliste du Quotidien qui s’apprêtait à faire son baptême de l’air par une instructrice en pilotage du Centre d’entraînement des cadets de Bagotville.

Les premières trente secondes de l’expérience ne sont pas à l’image de ce vol d’initiation, qui dure environ cinq minutes. Tiré par un treuil, le planeur décolle rapidement à un angle élevé, un peu comme le ferait un cerf-volant poussé par une forte bourrasque de vent. Les passagers du planeur sont cloués à leur siège le temps que l’avion sans moteur prenne son altitude.

Le reste de l’expérience, il est vrai, est une balade paisible. On vole à une altitude de plus ou moins 1500 pieds. D’un côté, on voit les monts Valins. De l’autre, on aperçoit la Réserve faunique des Laurentides. Devant soi, le fjord sur Saguenay s’étend à perte de vue. Par terre, les environs de la Base militaire de Bagotville sont quadrillés par les champs des agriculteurs.

Stéphane Bouchard a pris place à bord du planeur.

À cette hauteur, on n’entend pas un son. Seul le bruit léger du vent qui siffle autour de nous est perceptible par le pilote et le passager de cet engin.

Du hauts des airs, on voit à des kilomètres à la ronde.
Les pilotes Jean-Philippe Côté et Marie Taschereau ont accompagné Le Quotidien dans les airs, lundi.

C’est tout l’inverse des CF-18, qui décollent et atterrissent à un jet de pierre de la piste des planeurs et qui doivent prendre en compte les mouvements de ces avions de chasse avant de s’élancer dans les airs. Un peu comme de gros bateaux qui feraient des vagues et qui empêcheraient les petites embarcations d’avancer paisiblement, les planeurs doivent attendre quelques minutes avant de décoller après le passage d’un CF-18 pour éviter leurs turbulences.

Chaque été, des centaines de cadets font une version ou une autre de ce vol. Le capitaine Maxime Legault explique que les planeurs servent à former les pilotes de demain, tant du côté de l’aviation civile que de l’aviation militaire.

Le capitaine Maxime Legault, représentant des affaires publiques du Centre d’entraînement des cadets de Bagotville

« Environ 900 cadets du cours d’instruction générale vivent l’expérience. Il y a aussi 90 cadets des cours d’aviation avancée qui vont venir faire leurs premiers essais de pilotage sous la supervision d’un instructeur. »

Bien que ce ne soit pas tous les cadets qui persévèrent et font une carrière militaire, Jean-Philippe Côté, le pilote qui nous a accompagnés dans cette aventure, avait plus ou moins 800 vols de planeurs à son actif.

Le planeur initie les jeunes cadets à l’aviation.

Simulation d’avarie

À quelques centaines de mètres de là, d’autres cadets participaient au simulateur d’avarie. Dans un conteneur spécialement transformé, une équipe colmatait les fuites dans un environnement qui rappelle l’intérieur d’un navire.

Ils semblaient un peu dépassés par l’ampleur de la détérioration de cette fausse embarcation en tentant de mettre en pratique les mesures d’urgence apprises dans leur formation. L’équipe avait de l’eau jusqu’à la taille et essayait tant bien que mal de reprendre le contrôle de la situation.

Des cadets mettent en place les mesures d’urgence dans le simulateur d’avaries.

« On utilise le simulateur pour deux raisons, raconte le capitaine Legault. La première, c’est à des fins de formation, pour enseigner aux cadets quoi faire en cas d’accident. On s’en sert aussi pour faire du team building. Ça devient un peu comme un jeu d’évasion ».

Le Centre d’entraînement des cadets de Bagotville accueille cet été un peu plus de 1700 jeunes, âgés de 12 à 18 ans, qui se spécialiseront en aviation ou dans la marine. Les cadets y passent deux, trois ou six semaines.