La rectrice de l'UQAC Nicole Bouchard.

L’ACFAS... et après ?

CHRONIQUE / C’est aujourd’hui que prend fin une semaine au cours de laquelle chercheurs, étudiants et férus de sciences ont convergé vers l’UQAC dans l’objectif de partager savoirs et connaissances en toute liberté de paroles et de pensées. Ils étaient 3000 congressistes à fréquenter notre campus, à arpenter ses corridors, à visiter ses moindres recoins, mais surtout à découvrir ses richesses, tant humaines que scientifiques.

Accueillir l’ACFAS nous a permis de bénéficier d’une vitrine incroyable en rappelant l’apport indispensable des universités en région au développement social, économique et culturel des communautés. Effectivement,  il est difficile d’imaginer un Québec en santé sans ses régions et sans les universités en région. Le réseau d’universités publiques mis en place il y a 50 ans s’impose plus que jamais comme un outil indispensable pour permettre à tous les talents québécois de contribuer au progrès de nos régions, notre province, notre pays et bien au-delà. L’UQAC occupe une place de choix dans ce réseau. Cette semaine, toutes les personnes présentes sur le campus l’ont constaté. Cette semaine, toute la francophonie a célébré la science à Saguenay, sur la terre fertile des chercheurs et de la relève formée dans notre université. 

Notre région a accueilli l’ACFAS avec la fierté qu’on lui reconnaît. De ce congrès d’envergure, le plus grand de la francophonie, dédié à la science, la population régionale en retirera, évidemment, des retombées positives au niveau économique, mais surtout, je l’espère, une recrudescence du sentiment d’appartenance à l’Université établie en son sein. Les portes de l’institution sont grandes ouvertes à qui veut bien les franchir. Notre mission première en est une d’accessibilité à la formation universitaire, bien sûr, mais aussi aux savoirs que nous produisons. Au cours des prochaines années, nous porterons une attention particulière à leur diffusion pour permettre de rejoindre davantage nos communautés.

Ainsi, je souhaite également que cet événement ait éveillé, de part et d’autre, le désir de poursuivre le dialogue science et société le plus souvent possible et d’aborder l’apprentissage de nouvelles connaissances non pas comme un passage vers une vie adulte, mais bien comme un mode de vie. En effet, l’apprentissage doit se faire tout au long de la vie parce qu’on ne peut jamais tout savoir. En fait, nous savons bien peu de choses : ce non-savoir est par ailleurs le moteur même de la recherche scientifique et rend possible la passion qui nous sort des cadres établis afin de permettre l’échappée du sens, la rupture qui est au fondement de toute logique de la découverte scientifique. Une population qui a soif de savoir ne verra donc jamais s’éteindre son développement. Je nous souhaite collectivement que cette soif ne s’étanche jamais. 

Organiser un congrès de cette ampleur s’est avéré un défi logistique important que la communauté universitaire a relevé avec brio. Toutefois, notre plus grand gain n’est pas tant d’avoir réussi à offrir une expérience marquante et presque sans failles aux congressistes présents, mais plutôt de l’avoir réalisée ensemble. Tous les membres de notre communauté universitaire ont uni leurs forces, savoirs et talents au nom du rayonnement positif de l’UQAC. Le campus est impeccable, les gens sont tout sourire et les savoirs coulent à flots : quelle belle façon, pour ma part, de célébrer une première année de mandat à titre de rectrice ! Je nous souhaite que cette semaine marque le début de nombreuses années de célébration de la pensée libre, car nous en sommes les gardiens, les promoteurs, les artisans. En tout respect de nos différences, de nos fonctions et de nos aspirations, l’expérience UQAC prend ici tout son sens pour quiconque s’y invite : une expérience universitaire de calibre international portée par une communauté diversifiée, intelligente et accessible.

(Nicole Bouchard est rectrice de l’Université du Québec à Chicoutimi.)