La sieste, ce rendez-vous délicieux

CHRONIQUE / Faire une bonne sieste semble être une activité de la population non active. Réservée aux enfants en bas âge ou aux personnes âgées. Pourtant, faire la sieste a de nombreux avantages avérés, notamment en milieu professionnel. Vingt minutes suffisent à vous rebooster. Désormais, lorsque votre boss vous surprendra les yeux fermés au bureau, vous pourrez répliquer : « Si je somnole, c’est pour être plus productif, chef ! »

L’Orient est friand de cette activité. En Chine, la constitution prévoit que « les travailleurs de la République populaire de Chine ont droit au repos ». Au Japon, faire la sieste au travail est vu très positivement, c’est l’inemuri, littéralement « dormir alors que l’on est présent » ou « sieste-minute ». Pour l’employeur, cela démontre que l’employé a tellement travaillé fort qu’il ressent le besoin de se reposer. Dans certaines contrées, la sieste fait partie des rituels quotidiens. En Espagne et particulièrement en Andalousie, l’une des régions les plus chaudes d’Europe, la sieste est une tradition. Entre 14 h et 16 h, les villages sont déserts, car la chaleur y est insupportable. Les volets des maisons sont fermés, les magasins aussi. Les rues sont désertes.

Un employé japonais pratiquant l'Inemuri.

C’est ce qu’on appelle vivre à l’heure espagnole. La solution à ces heures « perdues », c’est de faire la sieste. Nul besoin de dormir deux heures, mais chacun y détermine son propre rythme. Pas étonnant de comprendre pourquoi en Espagne on soupe au-delà de 20 h. Leur journée typique a un créneau réservé à la sieste.

Loin de moi l’idée de vous inciter à « pioncer » un coup dès lundi au travail. Dans les différents pays cités, c’est une culture ancrée depuis des décennies. Ici, dormir au travail risque de vous poser des problèmes, mais le monde entrepreneurial voit de plus en plus la sieste comme une nécessité. Dans certaines compagnies, on fait le pari d’encourager la sieste. Google ou Facebook, par exemple, offrent des cabines obscures et insonorisées pour que ses employés puissent faire la sieste au travail. Un court repos après le dîner augmente la productivité. Nos cultures occidentales ont tendance à vouloir camoufler les effets de la fatigue avec du café ou des boissons énergisantes, alors que ça ne règle absolument pas le problème. À l’instar de nos téléphones intelligents qu’il faut recharger en milieu de journée, la sieste est un moment où le corps humain va aussi se recharger. La plupart des études conseillent une vingtaine de minutes. Plutôt que d’errer aléatoirement sur les réseaux sociaux pendant un moment de pause, prendre ce temps pour « siester » est bénéfique. Vous serez plus concentré et reboosté pour le reste de la journée. De même, la sieste permet de terminer les cycles du sommeil, elle régule votre rythme et vous permet de passer des nuits paisibles.

Une capsule de repos chez Facebook

Ce n’est pas par hasard que la sieste est indispensable à nos enfants en ce qui a trait au développement physique et neurologique. C’est donc la solution idéale aux dysfonctionnements quotidiens comme un lendemain de soirée difficile, un enfant qui a le réveil précoce, une fatigue soudaine ou un surmenage au travail.

De plus, c’est aussi un moment que vous prenez pour vous retrouver. La sieste est un rendez-vous avec soi-même, un moment toujours délicieux. Prendre le temps de s’isoler dans le confort d’un siège, sur la pelouse, dans sa voiture (à l’arrêt), fermer les yeux et s’évader quelques minutes est un plaisir luxueux. Ça ne coûte rien et ça peut rapporter gros.

La sieste est considérée comme une des habitudes de vie les plus saines de l’être humain. Quoi de plus logique que de l’adopter au Saguenay–Lac-Saint-Jean, la terre des saines habitudes de vies.