La peur des chiens

CHRONIQUE / « Mélissa, je ne sais pas si c’est à cause des médias, mais c’est rendu que j’ai une crainte des chiens. Dans mon quartier, il y a un genre de pitbull qui m’inquiète. » – Olivier, père de deux enfants

— Aurais-tu la même inquiétude si c’était un petit chien ou un chien d’une autre race ?

— Non. »

Techniquement, les professionnels du milieu canin te répondront que tu ne devrais pas agir différemment selon la taille ou la race d’un chien. On te dira aussi que les comportements d’un chien ne définissent pas sa race. Sauf que la réalité est tout autre.

Tu sais, même si le mot d’ordre est de ne pas avoir de préjugés sur les races, tous les éducateurs canins, les employés de refuges, les éleveurs et les juges de sports canins remarquent que certains comportements sont davantage présents chez certaines races. Mais ça, il ne faut pas le dire.

Comme le rôle des médias est d’informer, il va de soi que ces histoires de chiens agresseurs qui font les manchettes sensibilisent la population. À partir de là, ce n’est peut-être pas de la crainte que tu ressens envers les chiens, mais une conscience des dangers.

Plus nous avons des connaissances, plus nous devenons prudents. C’est l’imprudence et la méconnaissance qui sont souvent à l’origine des accidents.

Le menuisier qui porte des lunettes de protection, pour couper son bois, ne le fait pas par peur, mais plutôt parce qu’il sait qu’un éclat de bois peut sérieusement endommager sa vue. Celui qui néglige le port de lunettes est insouciant.

Quand tu vois passer un chien :

• Tu es conscient qu’il peut pourchasser tes enfants qui courent ;

• Tu sais qu’il peut, un jour, se sauver de sa maison, s’il est mal maintenu ;

• Tu comprends que s’il a peur, il peut mordre ;

• Et, par-dessus tout, tu veux assurer la sécurité de tes enfants.

C’est une bonne affaire, quand tu croises un chien, peu importe la grosseur et la race, de garder tes enfants à distance. On appelle ça de la prudence. C’est ce que tout le monde devrait faire, au lieu d’avoir le réflexe de les amener à toucher à l’animal. Faire croire aux enfants que tous les animaux sont gentils, et qu’on peut tous les flatter, n’a rien d’éducatif. Quand on apprend à un enfant à ne pas flatter ou à ne pas enlever un jouet à un chien, c’est une notion de respect qu’on lui enseigne.

Évidemment, tu as aussi l’obligation, en tant que citoyen, de t’assurer que l’environnement de ton quartier, que tu partages avec d’autres êtres vivants, est sécuritaire :

• Si un chien est attaché avec une corde non sécuritaire, sur un terrain non clôturé, et qu’il jappe pour s’époumoner chaque fois que tu passes devant chez lui, tu as raison d’être inquiet ;

• Si une personne promène son chien en liberté, tu as raison de t’inquiéter ;

• Si une personne ne semble pas en contrôle de son chien, tu as raison de t’inquiéter ;

• Si un chien se sauve souvent de son domicile, tu as raison de t’inquiéter.

De plus, toutes ces situations contreviennent aux règlements de la ville de Saguenay. Il est donc primordial de faire part de tes inquiétudes au propriétaire du chien. Si rien ne change, il faut alors dénoncer.

Les gens qui promènent leur chien en laisse détestent rencontrer des chiens en liberté. La raison est simple : le chien en laisse se sentira agressé et risque de mal réagir en voyant un chien se précipiter sur lui. Non ! Ce n’est pas parce qu’il s’est déjà fait battre ou attaquer dans le passé. C’est instinctif. S’il ne peut pas fuir, il se sent vulnérable.

Ce n’est pas de la peur ou des préjugés qui nous poussent à changer de trottoir quand on croise une personne avec un chien. C’est parce qu’on ne sait jamais si le propriétaire a le contrôle de son animal, parce que, pour lui, son chien est toujours le plus fin.