J’ai eu beaucoup de plaisir à redécouvrir les sensations que me procuraient jadis mes parties de tennis, en m’initiant au parapickleball.

Sur une lancée!

CHRONIQUE / Mon sport préféré, lorsque je n’étais pas à mobilité réduite, c’était le tennis. Mais voilà que j’ai enfin trouvé mon sport adapté préféré : le parapickleball ! Et ce, même si j’en paie encore le prix, une semaine après m’y être initié. Des fois, souffrir un peu plus qu’à la normale, ça vaut la peine – ou plutôt la joie.

Deux ans et demi après avoir été contraint d’arrêter subitement le tennis, mon passe-temps numéro 1, j’ai ressenti de nouveau le plaisir de frapper une balle ; la satisfaction de doser puissance et précision ; l’euphorie de réussir un coup sur la ligne ; et la liberté de m’abandonner au sport.

J’ai ainsi pu vivre partiellement – et à retardement – mon plus grand deuil dans la maladie, celui du tennis, le plus beau de tous les sports, si vous voulez mon avis bien biaisé.

J’ai eu beaucoup de plaisir à redécouvrir les sensations que me procuraient jadis mes parties de tennis, en m’initiant au parapickleball.

Samedi dernier, dans les gymnases de l’école secondaire Kénogami, j’ai tout donné, laissant les douleurs de côté, le temps de m’amuser. Le temps de profiter pleinement de l’activité d’initiation au pickleball organisée par l’Association régionale de loisirs pour les personnes handicapées (ARLPH), en collaboration avec la Fédération québécoise de pickleball et le club régional, à laquelle ont participé une vingtaine de personnes à mobilité réduite.

C’est quoi le pickleball ? Prenez le tennis, le badminton, le ping-pong, le racquetball et le hockey balle, mettez tout ça au mélangeur et vous obtiendrez ce sport qui s’adresse autant aux personnes à mobilité réduite qu’aux sportifs en pleine forme. Le pickleball, c’est les mouvements du tennis, le terrain du badminton, la raquette du ping-pong et du racquetball et la balle du hockey intérieur.

Ça se joue dehors, à l’intérieur, en simple ou en double. Bref, c’est un sport accessible, inclusif et rassembleur.

L’image même de l’inclusion : une jeune femme en fauteuil roulant était accompagnée de son copain en pleine santé, qui s’est procuré un fauteuil pour jouer, d’égal à égal, avec sa douce moitié. Ils étaient beaux à voir.

Cobaye motorisé

J’étais l’un des premiers à tester le parapickleball en fauteuil roulant motorisé. Ayant la manette de mon côté fort, la droite, c’était un beau défi. Je contrôlais donc mes mouvements avec ma main gauche, en croisé et à bout de bras, et je frappais de la droite. C’était loin d’être facile ou idéal, mais je crois avoir prouvé que c’était faisable. Mon adversaire et moi avons effectué de longs échanges, et j’ai réussi un smash et quelques beaux coups gagnants. J’ai même joué seul contre deux joueurs sans handicap et aguerris, et nous avons eu beaucoup de plaisir.

Le président de la fédération québécoise, Pierre-Yves Roy, a ensuite voulu faire équipe avec moi pour observer ma mobilité. Il m’a invité à répéter l’expérience, possiblement à Montréal, question que je serve de cobaye afin de valider si ce sport peut être joué par des personnes en fauteuil motorisé.

J’espère prouver que c’est possible, car j’en suis convaincu. Surtout si la manette était déplacée au centre ou du côté faible du joueur, ce qui faciliterait le contrôle des déplacements.

Et même si certaines balles m’étaient inatteignables, j’ai réussi à tirer mon épingle du jeu. Il ne faut pas oublier, également, que les joueurs en fauteuil manuel sont aussi limités dans certains déplacements et doivent passer rapidement de la roue à la raquette pour faire vivre un échange. À chacun ses adaptations !

En fin de rencontre, le président du club régional, Roger Tremblay, m’a informé qu’il militait pour l’aménagement de terrains extérieurs de pickleball à Saguenay. J’ai donc pris la balle au bond – jeu de mots facile – et j’ai contacté le conseiller municipal qui préside la Commission des sports et du plein air de Saguenay, Michel Thiffault. Celui-ci m’a confirmé que les premiers terrains régionaux verront le jour dans les prochains mois, à côté du Pavillon sportif de Kénogami, et qu’« il y aurait peut-être d’autres endroits ». J’ai déjà hâte d’y jouer !

Plongée sous-marine

Par ailleurs, le 6 mai, j’ai essayé un autre loisir, la plongée sous-marine, au bassin thérapeutique du Centre de réadaptation en déficience physique (CRDP) de Jonquière. L’expérience était offerte par l’école de plongée M & M, pilotée par l’instructeur Maxime Dallaire, et a été rendue possible grâce à L’Autre Défi. Là encore, ce fut toute une expérience !

J’ai appris les rudiments de la plongée et le fonctionnement de l’équipement. Le défi est de bien contrôler sa respiration, par le détendeur, et de se stabiliser dans l’eau, en contrôlant le volume d’air dans le gilet de stabilisation.

Respirer sous l’eau, c’était une première pour moi. J’avais déjà fait de la plongée en apnée, mais jamais en scaphandre autonome. La sensation de légèreté est vraiment agréable, surtout pour des personnes souffrant de douleurs chroniques et d’une constante impression de lourdeur. Disons que pour moi, la liberté de mouvement est denrée rare.

Dans le bassin, à mes côtés, un ancien plongeur de niveau avancé renouait avec son ancienne passion, après un accident de travail qui l’a laissé avec un handicap physique. Probablement qu’il a vécu un moment encore plus spécial, comme moi au pickleball !

Avec toutes ces activités, je peux témoigner que le CRDP, le Fonds de dotation Santé Jonquière – qui m’a récemment permis de vivre l’expérience d’une course partagée – et l’ARLPH font vivre de belles émotions aux personnes vivant un handicap.

Je les remercie de m’avoir invité à essayer ces loisirs adaptés, et j’ai bien hâte de poursuivre ma lancée !

Prochain essai : le volleyball adapté, le 27 mai !