Mon chien a mangé mon million

CHRONIQUE / La nouvelle audace de mon chien a bien failli me coûter quelques millions de dollars... mais ses goûts de riche m’ont sauvé !

Dimanche soir, en rentrant du boulot, une mauvaise surprise m’attendait. Lionel, mon carlin si mignon qu’il est difficile à sermonner, ne m’attendait pas au seuil de la porte, avec son enthousiasme habituel.

Non, il était plutôt caché derrière la table, là où il se réfugie chaque fois qu’il commet un crime, sachant bien qu’il peut éviter d’être mis en punition par son papa à mobilité réduite en jouant au jeu du chat et de la souris.

Pourquoi ? Il venait de signer son plus récent mauvais coup, grimpant sur la chaise pour mettre la patte sur la pille de billets de loterie reçus à Noël.

Des huit gratteux, il en a projeté sept au sol, possiblement en tentant d’atteindre sa laisse, placée à proximité sur le comptoir.

Il les a ensuite déchiquetés en mille morceaux, et c’est le cas de le dire. Loto-Québec aurait assurément refusé que j’aille réclamer un prix avec tant de miettes, surtout que Lionel a dû en avaler quelques-unes au passage, avant de trouver le goût insatisfaisant.

La fameuse excuse du chien qui mange le devoir est donc plausible. Simplement, dans mon cas, ç’aurait été « Mon chien a mangé mon million ».

Par chance, je les avais tous grattés la veille, et le seul qui m’offrait encore la chance de rêver grand, le fameux Célébration, a été laissé sur l’îlot de cuisine par Lionel. Faut croire qu’il rêve, lui aussi, au gros lot, question d’avoir des gâteries de luxe !

Aurait-il fait le coup si les autres billets n’avaient pas encore été découverts ?

Impossible de le savoir, mais disons que j’aurais eu l’arrière-pensée d’avoir peut-être perdu gros, surtout si un prix non réclamé avait été annoncé par la société d’État !

Là, au moins, je peux en rire !

Et je rirai encore plus si je gagne au gala Célébration, dont je suivrai les résultats en ayant une petite pensée au récent carnage de Lionel.

D’ailleurs, j’ai retenu la leçon ; la chaise ne donne plus accès au comptoir. J’aurais dû la déplacer avant, voyant mon garçon y grimper depuis quelques jours, avec son courage grandissant !

Lionel, Papa était à court d’idées pour sa chronique hebdomadaire. C’est toujours ça de gagné !

Une chronique ramassée à terre, comme on dit !