Photo 123RF

Le fardeau inversé

CHRONIQUE / Chaque année, je suis un Valentin, même avec mon costume de célibataire. Pourquoi ? Parce que je suis né un 14 février, en 1993 pour les curieux. En couple ou non, c’est la fête !

Mercredi, mon rédacteur en chef a lancé un appel à tous pour une chronique sur la Saint-Valentin. Je me suis immédiatement imposé et l’angle de traitement de mon texte m’est venu tout aussi rapidement. Le fardeau inversé.

Je vous explique. Étant donné que j’impose que ma fête passe avant toute autre célébration – j’adore fêter mon anniversaire et je l’annonce plusieurs jours à l’avance à répétition –, le fardeau de la surprise se retrouve sur les épaules de Mademoiselle. Elle doit se montrer à la hauteur d’une double fête. Imaginez donc la pression sur ses épaules.

C’est elle qui doit me surprendre, me gâter, me célébrer. Parce que oui, c’est la fête de l’amour, mais c’est aussi ma fête.

Bien des hommes aimeraient se retrouver dans ma situation, car bien que je doive quand même gâter ma chérie, le jugement final sur le succès ou non de notre Saint-Valentin, c’est moi qui le prononce. C’est moi, la Seigneurie de la fête de l’amour.

Cette réalité en rassurerait plus d’un. « Libéré, délivré ! », pourraient-ils chanter. Mais moi, je suis un grand romantique. J’aime surprendre, gâter, célébrer. Alors, accepter de terminer deuxième sur le podium de la démonstration de l’amour, je trouve ça difficile. J’aimerais en faire plus.

Vous voyez, je suis du genre à offrir plusieurs petits présents, à différents moments de la journée. Certains seront dissimulés quelque part, d’autres remis par des copines à l’école ou au travail, et les autres offerts de façon plus conventionnelle.

Mon classique : offrir un beau petit pot avec des bouts de papier sur lesquels sont inscrites différentes surprises. Et cela s’ajoute aux traditionnelles fleurs, que je ne délaisse jamais.

Ainsi, ma compagne peut déballer tous les papiers en une journée, ou étirer le plaisir sur toute l’année. Souvent, l’excitation fait en sorte que le cadeau dure environ un mois. On y trouve des massages, un souper au restaurant, le fait d’être contraint d’écouter un film d’amour avec elle, l’obligation de lui composer un poème, une sortie mystère, entre autres attentions. Il est même inscrit le délai que j’ai pour réaliser l’exploit.

La barre est donc haute et je m’impose possiblement une pression plus haute que celle que s’imposent d’autres romantiques, mais le point, c’est que Mademoiselle doit battre cela. Tout un mandat !

J’ai souvenir d’une Saint-Valentin en particulier. Andréanne, si tu me lis, je tiens à te féliciter. Tu es toujours au premier rang.

Elle avait organisé des surprises pour chaque heure de la journée. Des fois, c’était mes amies qui sortaient un bout de papier avec un indice de plus. À l’occasion, j’ai dû résoudre des énigmes, pour trouver la prochaine surprise. J’avais des consignes très précises à suivre à la lettre. J’ai été surpris, gâté, célébré.

Tout avait été bien pensé et me représentait bien. À dire vrai, je pense qu’elle devrait écrire des scénarios de jeu d’évasion. Le potentiel est là !

Cette année, je suis seul, célibataire. Mais le 14 février sera encore une journée d’exception, comme chaque année. Parce que je vais vieillir d’un an, recevoir des bonbons à la tonne et accepter, avec bonheur, des accolades, des poignées de main et des bisous sur les joues. J’en parle tellement que même mes collègues se sentent obligés de m’offrir quelque chose. Mes tiroirs se remplissent donc de friandises. Assez pour passer le reste de l’hiver. Je vais aussi voir mes parents, puisque j’ai pris quelques jours de congé pour aller faire le plein d’amour dans ma famille.

Être un vrai de vrai Valentin, c’est positif sur toute la ligne.

Jamais je ne passerai une Saint-Valentin à pleurer devant un film d’amour en mangeant de la crème glacée sans lactose !

Bonne fête à moi-même !

Bonne fête à ma grande amie jumelle de fête qui se reconnaîtra !

Et bonne fête à tous les amoureux !