Cette photo date de 2005, à l’occasion du 90e anniversaire de naissance de Grand-Maman Lambert.

La tradition Lambert

CHRONIQUE / La famille Lambert se réunit chaque année à la fête du Travail, mais aussi à Noël, à Pâques, à la fête des Pères, en février et en novembre, entre autres. L’affluence varie d’une trentaine à une centaine de personnes! Eh oui! Et on prend le temps de chanter «Bonne fête» à tous ceux qui ont vieilli depuis le dernier rassemblement! C’est beau, n’est-ce pas?

La tradition Lambert, c’est un legs de Daddy et de Grand-Maman Lambert, qui nous ont malheureusement quittés dans les dernières années.

Quand Grand-Maman est décédée, à 101 ans, en avril 2017, ma nièce Magalie venait tout juste de lancer la cinquième génération. 

Ainsi, son avis de décès parlait de 10 enfants, 26 petits-enfants, 35 arrière-petits-enfants et une arrière-arrière-petite-fille.

Daddy, lui, nous a quittés en 2014, à 98 ans.

Nous avons eu la chance de les avoir longtemps avec nous, et tous ensemble nous contribuons à garder mes arrières-grands-parents vivants en perpétrant cette tradition, et toutes les autres qui en découlent.

La sous-tradition qui me fait le plus rire, c’est lorsque vient le temps de souligner les anniversaires des deux derniers mois, par exemple. 

D’abord, chaque enfant a son gâteau et son interprétation – souvent haute en couleur – de Bonne fête. Ça se fait du plus jeune au plus vieux. Ils reçoivent aussi quelques cadeaux. 

Puis, tous ceux qui ont atteint la majorité sont invités à se mettre en rang, et la famille entame le Bonne fête collectif! 

Le défi est de taille, car il faut se rappeler tous les noms. Des fois, il peut y avoir 12 personnes dans le rang. 

« Bonne fête... Raymond, Nancy, Mary, Judith, Benoit, Dominic, Marie-Sophie, Gilles, Hélène, Richard, Emmanuelle, Christiane! Bonne fête... » 

Moi, je suis vraiment nul à ce jeu! 

Mon truc est de retenir les deux premiers noms, un dans le milieu et les deux derniers... et de mettre beaucoup d’accent sur le dernier! 

Le pire, c’est qu’on dirait que la famille Lambert se met au défi de chanter les noms le plus rapidement possible, bien qu’on n’en ait jamais vraiment parlé! 

Avec les nouveaux conjoints et les visages que l’on voit moins souvent, ça devient assez ardu merci!

Une autre sous-tradition était les bonbons de Daddy. Chaque fête, mon arrière-grand-papa sortait sa boîte Turtles en métal dans laquelle se trouvaient plusieurs sortes de friandises – bonbons et chocolat. Chaque enfant attendait son tour, embarquait sur ses genoux et choisissait ses trois ou quatre gâteries préférées!

Il y a aussi la sous-tradition des parties de volleyball à Québec, à la fête du Travail. C’est mon moment fort de l’année! 

Chez Diane, c’est aussi l’épluchette familiale et le méchoui! 

Maintenant que j’habite au Saguenay, c’est devenu la fête la plus proche pour moi, les autres ayant lieu dans le coin de Montréal. Je me fais donc le devoir d’être présent année après année.

Il y avait le déchirant choix entre le lapin de Pâques en chocolat Lindt et le billet de 10$!

Il y a les biscuits au beurre d’arachides et le chant du Minuit chrétien pendant la vaisselle à Noël! 

Sans oublier les voeux que prononçait Daddy, soulignant les faits saillants de l’année!

Il y avait la joute de hockey à l’aréna d’Hélène en décembre!

Il y a la coupe des gâteaux par Mary, qui peut arriver à servir 100 personnes avec un seul gâteau... et il en reste! Les « morceaux à la Mary » sont une légende en soi!

Il y avait le « I love you » de Grand-Maman Lambert chaque fois qu’on la saluait.

Certaines traditions persistent; d’autres s’éteignent, mais celle qui les unit toutes, la tradition Lambert du rassemblement, continue de nous définir comme famille.

Chaque maison qui nous accueille à une fête fixe renferme son lot de sous-traditions et de souvenirs, que ce soit chez Nancy ou chez Caroline. Les jouets, les activités, les menus et les procédures sont sensiblement toujours les mêmes en fonction de l’endroit où l’on se retrouve, comme pour permettre un meilleur ancrage des souvenirs.

Les dix frères et soeurs chapeautent le tout et séparent la facture après la fête. Nous avons aussi un site familial et un envoi courriel, pour que chacun fasse sa part dans l’organisation et pour que les nouvelles circulent.

Des photos sont prises aussi chaque fois, la photographie étant le coeur de l’entreprise familiale, Photo Lambert, qui a rayonné dans le temps des hippodromes! 

Ainsi, nous avons des archives de 1916, en noir et blanc, à aujourd’hui!

Les gens continuent de répondre présents, et ce, même depuis le départ de Daddy et Grand-Maman Lambert, les deux socles de la famille, dont on a pu célébrer les 75 ans de mariage en 2012. Nous avons été chanceux de les garder si longtemps parmi nous.

Oui, comme dans toutes les familles, il y a eu des chicanes; certains s’entendent moins bien avec d’autres; de petits clans se forment. 

Mais chaque fois, on se retrouve et on partage le même bonheur, celui de perpétuer la tradition Lambert.

En se réunissant, on rend hommage au plus grand legs de mes arrières-grands-parents: le sens de la famille!