Valérie Lévesque est une créatrice de contenu dans un créneau très niché, la culture pop asiatique.

Créatrice de contenu de l'année

Au même titre que le plastique, l’humidité et les ondes émises par le Wi-Fi, le terme « influenceur » est sans doute en lice pour gagner la statuette de « la raison de l’année » derrière les rougeurs de votre mamie adorée. Vous savez, celle qui est allergique à la technologie sans même la connaître. Ou de votre oncle grognon. Ou du grand frère trop classique. Mais le public pourrait avoir tout faux, encore une fois !

Moi aussi, j’avais une valise de préjugés. Mais c’était avant que je passe des soirées sur les chaînes YouTube de jeunes d’ici.

Certes, sur les médias sociaux, il y a quelques épais qui étalent leur vie privée et jouent à celui qui pisse le plus loin, et des pétards qui dévoilent beaucoup trop de peau pour faire la piasse.

Mais il y a aussi des entrepreneurs, dont les succès peuvent égaler ceux accomplis sur le plancher des vaches ; des pros du divertissement, qui vous feront rire bien fort, même sans un petit joint légal ; et des personnes inspirantes, qui, par leur vécu, arrivent à nous toucher.

Valérie est un bel exemple d’un peu tout ça. Cette jeune mère de famille a décidé « d’écouter son intuition et de faire ce qu’elle aimait », ici, dans sa région. Elle se présente plutôt comme une créatrice de contenu. « C’est moins péjoratif [qu’influenceuse], et ça représente mieux ce que je fais », dit-elle d’emblée. Alors, que fait-elle ? Ces temps-ci, elle se concentre sur ses vidéos hebdomadaires publiées sur Facebook. Mais elle est aussi blogueuse, chroniqueuse pour la revue Cool, conférencière, pigiste et l’auteure du livre Les Bentos de Valérie.

Le mot « bento », comme « kawaii » ou « otaku », ne vous dit rien ? C’était pareil pour moi... en date de mercredi.

Le créneau de Valérie, c’est la culture pop asiatique. « Ben oui ! La culture pop asiatique », ajouterait Martin Matte, dans une publicité de Maxi. Ou bien Simon Leclerc, dans sa dernière vidéo parodie sur YouTube.

Valérie Lévesque est une créatrice de contenu dans un créneau très niché, la culture pop asiatique.

Ainsi, elle parle de la boîte à lunch japonaise zéro déchet, minimaliste, compartimentée et santé, propose des recettes de boulettes de riz assaisonnées et mignonnes, discute de mangas, d’animés, de bandes dessinés, mais aussi de jeux vidéo, de doublage, de musique et de bien-être. Tout ça, à la sauce japonaise.

« Mon but est d’informer avec du contenu qu’on ne trouve pas ailleurs, insiste Valérie. C’est comme si je m’ouvrais une chaîne de télévision spécialisée. Je veux rejoindre les gens qui partagent ma passion, pour qu’ils se sentent moins seuls, pour qu’ils puissent aimer ce qu’ils aiment. »

Jeune, Valérie a senti une évidente solitude avec cette fascination pour la culture pop asiatiaque, une passion venue un peu de nulle part, qui s’est imposée tranquillement, comme un nouveau printemps. Aujourd’hui, elle est à l’origine d’une communauté. Elle cumule 21 000 abonnés sur Facebook, 10 000 sur Instagram et 1000 sur YouTube. Elle demeure toutefois bien loin d’autres vedettes de la Toile, qui comptent plutôt leurs admirateurs par centaines de milliers. Alors, comment se fait-il que cette ex-hygiéniste dentaire de 30 ans ait été élue reine des médias sociaux par ses pairs, au début du mois d’octobre ?

Elle a hérité de cette couronne, un honneur auquel elle donne une saveur régionaliste, puisqu’elle est à l’antipode des préjugés énoncés. Elle offre un contenu de qualité, reste authentique, choisit avec rigueur ses partenariats publicitaires et garde en tête son engagement envers sa communauté.

« Ce sont des créateurs de contenu de Montréal qui ont donné le prix à une fille de Saguenay. Je ne m’y attendais pas ! Pour moi, ç’a une grande valeur. C’est la plus grande reconnaissance possible, confie-t-elle. Ma vie est ici, et je veux prouver qu’on peut créer du contenu en région et qu’on peut rejoindre les gens quand même. C’était mon but en 2015 quand j’ai commencé, et ça l’est encore aujourd’hui. Je souhaite que mes enfants ne se voient pas imposer une ville quand ils voudront accomplir leurs rêves. »

Valérie m’a fait comprendre l’expression « créatrice de contenu ». Auteure, blogueuse, chroniqueuse, conférencière ou YouTubeuse ne suffisent pas à la décrire. Elle incarne ce terme, simplement et pleinement.

Tout ce qu’elle fait ou diffuse est bien réfléchi. Elle offre et partage de l’information.

Valérie Lévesque est une créatrice de contenu dans un créneau très niché, la culture pop asiatique.

Un peu comme un journaliste, après tout. Qui crache en l’air...

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CINQ YOUTUBEURS À DÉCOUVRIR

Jemcee, originaire de Jonquière 

C’est par lui que j’ai découvert YouTube. Je le décrirais comme le «p’tit cr...» du secondaire juste assez charmant et charismatique pour qu’on lui pardonne tout. Oui, celui-là. Celui qu’on aime, malgré toutes ses niaiseries. Eh bien, ce petit gars du Royaume a récemment reçu sa plaque de 10 000 abonnés sur YouTube! C’est un peu le disque d’or du Web. Avertissement: le contenu passe parfois second. Mais si vous n’avez pas l’offense facile, ça vaut le détour. Pour un public averti!

Alexandra Larouche, originaire du Lac-Saint-Jean

Je ne la connais pas vraiment – disons que je ne suis pas vraiment dans son public cible –, mais il semblerait qu’elle donne l’impression qu’on parle avec une amie! «Ici, on jase style de vie, beauté et plus!», écrit-elle dans sa description.

PL Cloutier 

Il sait faire rire, mais inspire aussi. Il a reçu de nombreuses lettres de jeunes homosexuels inspirés par la vidéo sur sa sortie du placard. Je me suis bidonné en le regardant relever de farfelus défis. Et parfois, il parle même politique... avec Manon Massé et une bonbonne d’hélium! À voir!

Rosalie Lessard

Sa chaîne est axée sur la cuisine, mais d’une façon très divertissante, avec des défis parfois invraisemblables. Elle peut vous concocter un plat digne du restaurant en laissant ses abonnés contrôler ses achats!

2e peau

Deux meilleures amies, simples et authentiques, avec une complicité contagieuse! Rien de plus; rien de moins. Elles avaient d’ailleurs inspiré ma chronique «Siri a contrôlé notre fin de semaine»!