Sandra Lévesque, directrice générale du Fonds de dotation Santé Jonquière, Annie Delisle, ergothérapeute, Nathalie Martel, neuropsychologue, et Denis Boulianne, investigateur de Courons V-I-T-E contre l’AVC, rappellent l’importance de reconnaître les symptômes associés à un accident vasculaire cérébral.

Courir pour offrir du courage

CHRONIQUE / Denis Boulianne est un homme de cœur qui fait les choses pour les bonnes raisons. Ainsi, quand il a décidé de courir 53 kilomètres, à l’automne 2018, pour injecter une dose de courage à son beau-frère, victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) quelques semaines plus tôt, il l’a fait discrètement. Pourtant, un tel geste aurait mérité la lumière des projecteurs, surtout qu’il a remis 3441 $ au Fonds de dotation Santé Jonquière pour l’Unité de réadaptation fonctionnelle intensive (URFI).

Le 16 novembre, le policier de Saguenay répétera l’expérience, puisque son beau-frère, Dominic Jean, âgé de 42 ans et père de trois jeunes enfants, est loin d’avoir fini son combat pour améliorer son autonomie. « Ma motivation, c’est de courir avec lui, pour lui. Les membres de ma belle-famille ont mis leur vie sur pause pour aider Dominic à relancer la sienne. L’an passé, ça les a touchés beaucoup et ç’a eu l’effet souhaité. J’ai voulu recommencer pour leur dire qu’on est encore là », note celui qui compte sur son grand ami Stéphane Perron, pour le cadre logistique.

S’il a accepté d’en parler, cette fois, c’est uniquement pour sensibiliser la population à l’importance de bien détecter les signes avant-coureurs. Les inscriptions demeurent fermées et il ne cherche qu’à soutenir sa belle-famille. Rien de plus ; rien de moins.

Pour une seconde fois, donc, Denis Boulianne parcourra les 53 kilomètres qui séparent Saint-Félix-d’Otis de l’URFI du Centre de réadaptation en déficience physique (CRDP). Il courra avec des membres de sa famille, des collègues policiers, en plus des patrouilleurs bénévoles qui assureront la sécurité des participants, et des amis, avec l’objectif de remettre un montant à l’URFI, où son beau-frère a passé un bon moment après cette dure épreuve de vie. « Les spécialistes de l’URFI font une énorme différence dans la réhabilitation des victimes de ce genre d’accident », fait-il valoir.

Dominic fait preuve d’une persévérance qui mérite un peu de carburant, soulève Denis Boulianne, qui souhaite dépasser ses limites de nouveau et refaire cette course symbolique. Le policier a même été touché une seconde fois, puisque quelques mois après son défi, un membre de sa famille a aussi été victime d’un AVC. Dans les deux cas, ses proches se battent pour retrouver leurs capacités. Il n’y a donc personne de mieux placé pour parler de l’importance de reconnaître les symptômes et de la sévérité des séquelles.

V-i-t-e contre l’AVC

Le défi de Denis Boulianne porte le nom « Courons V-I-T-E contre l’AVC », en référence aux questions qui permettent de détecter des signaux d’alarme.

Peux-tu me sourire ? « V » pour un « visage » qui s’affaisse.

Peux-tu lever les bras ? « I » pour « incapacité » à lever les deux bras.

Peux-tu me parler ? « T » pour « trouble » de la parole et difficultés à articuler.

La lettre « e », elle, rappelle qu’un AVC est une urgence médicale « extrême ». La présence d’un seul de ces signaux est suffisante pour réclamer rapidement une aide médicale.

Il faut aussi se rappeler que l’AVC peut frapper n’importe qui. La liste des facteurs aggravants est longue, d’où l’importance de rester en forme et de ne pas négliger le rendez-vous annuel chez le médecin. Mais encore là, la mauvaise surprise peut survenir à tout moment.

Lorsque j’ai rencontré Denis Boulianne, il était accompagné d’Annie Delisle, ergothérapeute à l’URFI, de Nathalie Martel, neuropsychologue, et de Sandra Lévesque, directrice générale du Fondation de dotation Santé Jonquière. On a donc pu discuter de la maladie avec une loupe médicale. « Il faut agir rapidement. Sinon, les séquelles peuvent être importantes. Plus tôt la personne se présente à l’urgence, plus l’équipe médicale peut administrer des soins adéquats. Ainsi, on va pouvoir réveiller les fonctions et les séquelles seront moindres », souligne Mme Martel.

« Un AVC peut affecter sévèrement la sensibilité et la motricité », ajoute Mme Delisle.

« Et il y a des séquelles cognitives », renchérit sa collègue.

L’URFI, qui est attachée au CRDP, est un service régional de 18 lits de réadaptation intensive, après un AVC ou un traumatisme crânien. Une équipe multidisciplinaire assure la réhabilitation des patients.

Les gens sensibles à la cause peuvent faire un don sur le site du Fonds de dotation Santé Jonquère, dans la section Événements. La Caisse d’économie Desjardins de la métallurgie et des produits forestiers s’engagent à doubler la somme jusqu’à 5000 $.

La population est aussi invitée à assister à l’arrivée des coureurs, vers 15 h, dans le stationnement de l’hôpital de Jonquière. Une boucle symbolique avec tous les participants a été ajoutée pour cette seconde édition.