«Pour mon plus grand plaisir, René a donc commencé à farfouiller dans ces documents tout en se remémorant diverses anecdotes surprenantes à propos des étudiants de l'époque ou même de certains enseignants.»

Voyage dans le temps

CHRONIQUE / Il y a quelques jours, je suis passé faire un tour chez mon beau-père et voilà que ce cher René en était à bosser sur un conventum.
Devant lui, il y avait tous ces dossiers chauds à régler en vue de l'événement qui se tiendra au début juin, mais aussi, des albums de finissants et des journaux étudiants qui avaient été publiés en 1967.
Pour mon plus grand plaisir, René a donc commencé à farfouiller dans ces documents tout en se remémorant diverses anecdotes surprenantes à propos des étudiants de l'époque ou même de certains enseignants.
À titre d'exemple, René me racontait qu'un tel étudiant était devenu par la suite millionnaire tandis qu'un autre écolier, pourtant très doué, avait plongé dans l'enfer de la maladie mentale et de la précarité financière après avoir consommé de très mauvaises drogues chimiques.
Mais, ce qui m'a le plus frappé lors de voyage dans le temps, fut la venue de professeurs qui avaient immigré au pays afin de pallier le manque de personnel enseignant.
Parmi ceux-ci, on y trouvait le mystérieux Jean Ho, un homme d'origine asiatique qui aurait joué un rôle important en remettant notamment une importante contribution financière à l'école.
Sinon, la légende derrière l'énigmatique Làzslò Mitnyam avait sincèrement de quoi nourrir l'imaginaire d'un scénariste hollywoodien. En effet, la fameuse légende racontait que Mitnyam aurait travaillé sur le fameux Projet U2. Pas le groupe de rock évidemment, mais bien l'avion de guerre. Puis, toujours selon la légende, Mitnyam aurait ensuite travaillé sur le troublant Projet Manhattan qui aura enfin débouché sur la création de la toute première bombe nucléaire.
Mitnyam aurait ensuite atterri ici à Alma après qu'un enseignant ait invité des amis universitaires à venir y travailler. Pendant quelque chose comme deux ans, Mitnyam aurait donc enseigné à des étudiants guère impressionnés par le passé et le potentiel du scientifique.
Maintenant, il est très difficile de valider ce qui relève ou non de la pure fantaisie dans cette histoire, mais disons-le, c'est fascinant de prendre conscience à quel point une ville pourtant éloignée comme Alma a pu être le théâtre de telles visites.
Pour la petite histoire, ma curiosité m'a donc poussé à investiguer sur le cas de Làzslò Mitnyam et j'ai ainsi pu découvrir que le scientifique avait eu une longue et glorieuse carrière qui l'aura mené jusqu'à l'école Polytechnique de Montréal. Il est décédé en 2010 à l'âge vénérable de 87 ans.
Dans un tout autre registre, j'ai aussi remarqué en farfouillant dans les journaux étudiants que de nombreux thèmes contemporains étaient déjà au programme en 1967.
Par exemple, je pense à cette chronique où une étudiante expose son point de vue quant à l'échec d'un salon destiné exclusivement aux femmes. Dans la savoureuse chronique, l'auteure avance que si ses consoeurs n'avaient pas cru bon d'y participer en grand nombre, ce serait en raison des idées préconçues qu'elles entretenaient à l'égard de ces événements. En d'autres mots, les étudiantes de l'époque craignaient que ce salon soit essentiellement composé de femmes à l'attitude hautaine qui se rafraîchissaient le visage à grands coups d'éventail. À ce titre, l'auteure suggérait donc la création d'un salon parallèle destiné aux hommes, dans lequel les garçons pourraient discuter de politique et « autres problématiques masculines », tandis que les femmes pourraient s'entretenir sur ce qui les concernait. Ici, je préfère vous laisser deviner de ce dont il s'agit...
Ainsi, la prochaine fois où on vous dira que les propos de Rambo Gauthier à son dernier passage à l'émission Tout le monde en parle datent d'une autre époque, vous pourrez leur répondre que tout ça date précisément de 1967.
Enfin, je souhaite un grand succès à l'équipe qui organise ce conventum et longue vie aux participants !