Une soirée au Malatesta

CHRONIQUE / Ça a probablement débuté par Pige dans le lac.
Il me semble même avoir souvenir de ma maman qui était installée à la table avec moi et pour vous dire vrai, juste à y repenser, ça me fait comme chaud au coeur.
Puis, il y a eu Serpents et échelles et après, ça commence à débouler.
Il y a les parties interminables de Destin avec Mario, Marie-Andrée et cet arnaqueur de Renaud qui changeait constamment les règlements à son avantage.
Il y a aussi eu évidemment Monopoly et ce jeu québécois qui avait comme thématique le crime organisé.
D'ailleurs, ce jeu dont je me rappelle vaguement, je suis au moins certain d'y avoir joué chez mon oncle Gaétan. C'est souvent là qu'on découvrait de nouveaux jeux. Par exemple, il y a eu ce Noël où on a joué à ce jeu de dés avec des petits cochons. Sinon, il y a eu ce jeu avec des voitures où on devait se sortir du trafic. Et ça, c'est sans compter les nombreux jeux de cartes auxquels mon oncle Gaétan nous a initiés année après année.
Cela dit, des jeux de cartes, il y en a aussi eu des tonnes avec les copains. Je pense notamment à ces parties hilarantes de Trou du cul dans l'appartement enfumé de la rue Harvey. Et évidemment, c'est sans oublier tous ces jeux à boire comme celui du 25 cents ou celui avec les dés, le « Three man ».
C'est quand même fou de jeter un coup d'oeil en arrière et de penser à tous ces jeux, car en y repensant bien, peu importe l'âge qu'on a, il y a toujours une partie de nous qui a encore envie de se prêter à l'exercice du jeu.
De fait, j'en ai encore eu récemment la preuve en me rendant avec l'ami Boldock au pub ludique Le Malatesta à Alma. En arrivant sur les lieux, la propriétaire Véronique était justement en train de griller une clope avec l'ami Boldock qui m'y attendait, et c'est alors qu'elle m'a expliqué rapidement la genèse de ce projet fou comme je les aime. Grosso modo, Véronique a visité un pub ludique alors qu'elle était à l'extérieur de la ville et quelques mois plus tard, la grande aventure du Malatesta s'amorçait déjà. 
Sinon, dans le registre des faits inusités, on peut souligner que Véronique a créé le commerce en compagnie de sa maman, et cette dernière a pratiquement une aversion des jeux de société.
Maintenant, le fonctionnement est très simple dans ce pub ludique. Vous avez tout d'abord le choix de payer votre entrée pour la soirée ou d'acheter une carte de membre. 
Ensuite, vous vous commandez une bonne bière locale et vous voilà alors au plat de résistance : à quel jeu allez-vous jouer ?
D'ailleurs, si vous êtes tout comme moi un parfait néophyte en matière de jeux de société, ne paniquez surtout pas. 
Les employés se feront un plaisir de vous guider dans votre choix de jeu, et ce, en tenant compte de vos goûts, mais aussi du nombre de personnes avec qui vous êtes.
Côté ambiance, on ne s'ennuie pas. Tout autour de vous, il y a ces groupes de gens ici et là qui sont tantôt très concentrés pour ensuite exploser d'enthousiasme après un bon coup de dés par exemple. On y rigole bien et après une ou deux bières, on assiste même à des échanges amusés entre les divers groupes de joueurs. On peut ainsi penser qu'au fil des semaines, d'éventuels habitués noueront possiblement des liens entre eux, car le jeu n'est-il pas l'une des fondations de la camaraderie ?
Évidemment, les plus cyniques seront tentés de croire qu'un projet fou comme Le Malatesta est un pari risqué, mais quand la personne à l'origine du projet est une passionnée de jeux, on peut gager qu'elle a toutes les cartes en mains pour remporter la partie.
Longue vie à ce nouveau refuge des joueurs qui contribue à redonner de la belle fraîcheur à Alma.