Joël Martel
<em>Just Shapes & Beats</em>
<em>Just Shapes & Beats</em>

Un incontournable québécois

CHRONIQUE / Au cours des derniers jours, j’étais convaincu que je vous parlerais d’un titre qui venait tout juste de faire son apparition, mais j’ai ensuite réalisé que bien avant d’atterrir sur la plateforme Stadia de Google, ce jeu avait déjà fait son bout de chemin sur d’autres consoles. Si je vous fais part de ce malentendu, c’est que celui-ci n’a fait que décupler mon admiration quant à ce titre qui a été concocté ici même, au Québec !

Just Shapes & Beats est une conception de la compagnie Berzerk Studio, de Québec, à laquelle on doit plusieurs titres ayant connu un énorme succès auprès des joueurs, notamment du côté des jeux mobiles, où Zombidle a reçu un accueil élogieux, particulièrement en raison de son atmosphère originale et amusante.

Pour ce qui est de Just Shapes & Beats, on baigne dans une ambiance très similaire, du moins, en matière d’environnement très éclaté, mais nous y reviendrons plus tard.

Avant tout, penchons-nous un peu sur la mécanique du jeu. Grosso modo, la proposition est d’arriver à survivre à des niveaux où des vagues d’ennemis s’en prennent à vous. Comme vous ne pouvez pas compter sur la moindre arme, vous ne bénéficiez que de votre dextérité, ainsi que d’une fonction d’esquive permettant d’éviter très brièvement les projectiles qui se trouvent sur votre chemin.

Chaque niveau est construit autour d’une chanson ; le rythme et les arrangements de la pièce musicale génèrent les différents obstacles que vous devez éviter. Pour reprendre la comparaison présentée par les créateurs du jeu, c’est un peu comme si on vous plongeait dans un lecteur Winamp.

D’ailleurs, il y a un fait amusant que j’aimerais vous partager. J’ai fait essayer le jeu à mon fils de 10 ans et dès ses premières secondes de jeu aux commandes, il a fait le parallèle avec le mode de combat d’un de ses jeux favoris, Undertale. Il a été complètement charmé par le jeu de Berzerk Studio et a particulièrement aimé la musique et les animations présentées en guise de narration.

On peut faire aussi un autre parallèle agréable entre Just Shapes & Beats et d’autres jeux très connus. Parlons, par exemple, de Beat Saber, un jeu rythmique où la musique nous aide à anticiper l’intensité des obstacles à venir. On baigne dans une ambiance musicale très similaire.

Les plus vieux joueurs s’y reconnaîtront aussi avec facilité, car les nuages de projectiles (bullet hell) qui foncent sans cesse sur nous rappellent ce bon vieux temps où des titres comme Asteroids étaient alors le nec plus ultra.

Autre fait très amusant à noter : même si la mécanique du jeu ne progresse pas vraiment, dans le sens où on ne propose jamais d’améliorations ou de nouvelles fonctions, les concepteurs des niveaux ont fait preuve de tant d’inventivité qu’on n’a jamais l’impression de tourner en rond.

En toute honnêteté, je fais partie des joueurs qui préfèrent se concentrer sur un titre de quelques heures seulement plutôt que de jouer à un jeu que je risque d’abandonner en cours de route, en raison de l’investissement de temps trop important qu’il exige. Or, pour une rare fois, j’en aurais pris vraiment plus. J’ai complété le jeu en quatre heures, environ.

Heureusement, il est possible de poursuivre l’expérience et d’en découvrir davantage en se frottant au mode défi, lequel consiste à jouer en compagnie d’autres joueurs en ligne, afin de voir qui parviendra à s’en sortir avec le plus d’élégance.

Just Shapes & Beats est disponible depuis quelques jours sur la plateforme Stadia de Google, mais le titre de Berzerk Studio est aussi présent sur de nombreuses consoles, ainsi que sur Steam.

Bien qu’il ait déjà plusieurs années au compteur, c’est complètement hallucinant de constater à quel point ce jeu n’a rien perdu de sa fraîcheur en 2020.