Un férié pour tout le monde

CHRONIQUE / On devrait accorder un congé férié à tout le monde lors de la prochaine grosse tempête.

Oui oui, je sais que ça ressemble à une espèce de blague, mais sérieusement, ça mériterait vraiment un congé afin que tout le monde puisse en profiter.

Parce que oui, une tempête de neige, ça ne devrait pas être plate. 

Une tempête de neige, c’est rien d’autre qu’un cadeau du ciel, un peu comme dans les émissions de télé-réalité où un animateur se présente par surprise chez quelqu’un pour lui annoncer qu’on va tout lui refaire le décor de sa maison, et ce gratuitement.

Évidemment, je sais que les tempêtes de neige, c’est le pire cauchemar de celui ou celle qui doit prendre la route, mais si on obligeait tout le monde à prendre congé afin de fêter les tempêtes de neige, il n’y en aurait plus de problème.

Tout serait officiellement mis sur pause et plus personne n’aurait d’obligations à respecter pour la journée. Bon, annoncé comme ça, c’est bien le fun, mais j’avoue qu’il faudrait quand même que les employés de la voirie se chargent de déneiger les chemins. 

Et puis hop, les ambulanciers, les pompiers, les policiers et les employés dans les hôpitaux ne pourraient pas tous prendre congé non plus. Mais bon, qu’on se comprenne, je ne vous racontais pas ça dans l’espoir que l’on fasse adopter un projet de loi à l’Assemblée nationale concernant les tempêtes de neige, mais bien dans l’intention de me porter à la défense des joies de l’hiver. Le truc, c’est que j’ai trop souvent l’impression que l’hiver a une très mauvaise cote de popularité. Aussitôt que les premiers flocons arrivent, on peut entendre ici et là des gens se plaindre que « c’est don’ plate à pelleter c’te maudite neige-là » et que « j’peux pas croire qu’on va être obligé d’endurer c’te maudit frette-là » et tout le tra la la.

Et pourtant, s’il existe un truc dont on devrait être fier, c’est bien de notre magnifique hiver. Ça va certainement vous sembler un peu idiot, mais l’hiver, ça me donne toujours l’impression d’être un aventurier.

Premièrement, il faut enfiler un tas de vêtements qui vous font sentir comme si vous étiez un astronaute. Et puis au moment d’ouvrir la porte, il y a cette espèce de « son du froid ». Vous savez, ce son de la porte qui fait crisser les résidus de neige et qui se mêle aux bruits lointains des déneigeuses qui sont étouffés par la neige.

Et il y a la boucane qui vous sort de la bouche et du nez, et aussi celle qui se forme lorsqu’une brise de chaleur sort par l’embrasure de la porte de la maison.

Sinon, que dire de cette sensation de triomphe qui vous habite soudainement lorsque vous réalisez que votre corps est enfin parvenu à s’adapter au froid alors que quelques minutes auparavant, vous étiez en train de grelotter désespérément.

Sans compter cette satisfaction qu’on ressent chaque fois que l’on retrouve enfin la chaleur de la maison. D’ailleurs, cette quête interminable de la chaleur n’est-elle pas la meilleure des excuses pour enfiler les pires gilets de laine ou autres accessoires vestimentaires laids, mais ô combien confortables ? Juste ça, ça vaut facilement 5 mois sous zéro.

Certes, c’est vrai que rendu au début du mois de mars, on a hâte de passer à autre chose, mais encore là, le printemps ne vaudrait rien sans l’hiver. Plus on a attendu que le printemps arrive et plus il nous semble magnifique une fois arrivée.

Et puis si après tout ça, vous n’arrivez toujours pas à apprécier l’hiver, rappelez-vous toujours que c’est en fait la saison où on progresse le plus. En effet, on l’oublie souvent, mais pendant la majeure partie de l’hiver, les journées rallongent. Si ça c’est pas du progrès, je ne sais plus quoi vous dire.

Cela dit, outre l’automne, l’hiver est pas mal la seule saison qui ne déçoit jamais personne. On ne compte jamais les jours de neige ou de soleil. On s’organise avec ce qu’on a. 

Alors voilà, je nous souhaite bien des tempêtes et de la neige et n’oubliez surtout pas de remercier votre pelle quand ce printemps, vous constaterez que vos pantalons ont agrandi.