Je vous demande ça, car même si ça fait un peu bizarre de vous dire ça, il reste qu'écrire à la main en 2017, c'est plutôt surréaliste comme feeling.

Sortez vos crayons!

CHRONIQUE / Avez-vous essayé d'écrire récemment ?
Et quand je vous parle d'écrire, je vous parle de prendre un crayon ou un stylo et puis hop, d'écrire sur une feuille blanche. Et là, qu'on se comprenne bien, je ne vous parle pas d'écrire un petit mot rapide à votre chum ou votre blonde pour lui dire qu'il reste du poulet dans le frigo. Je vous parle d'écrire quelque chose qui demande de la structure, qui exige de vous que vous formuliez correctement vos propos et tout le tralala.
Je vous demande ça, car même si ça fait un peu bizarre de vous dire ça, il reste qu'écrire à la main en 2017, c'est plutôt surréaliste comme feeling. En effet, à une époque où la presque totalité de ce qu'on écrit se fait par l'entremise d'un clavier d'ordinateur ou d'un clavier virtuel de téléphone ou de tablette électronique, ça peut faire bizarre de revoir notre main et nos doigts faire bouger la mine d'un crayon pour ensuite former ces lettres si caractéristiques et personnelles qu'on a copiées et recopiées des centaines de fois afin que nos écrits puissent être compris des autres.
Ça peut être aussi inquiétant à certains moments lorsqu'on se surprend à hésiter pendant une fraction de seconde quant à la forme de telle ou telle lettre. Mais ce qui déroute le plus, c'est de sentir dans les muscles de notre main ces années à ne plus écrire, et ce, après seulement quelques phrases.
Autre truc fascinant de cet exercice, c'est de s'intéresser à la façon dont on doit articuler nos idées lorsqu'on écrit à la main. Ici, oubliez la magie des traitements de texte qui vous permettent de formuler vos phrases en attendant que plus tard, vous puissiez les reformuler. Car lorsqu'on écrit à la main, ça se passe ici et maintenant. Ainsi, chaque phrase à laquelle on s'attaque devrait pouvoir être définitive et chaque hésitation ou reformulation laissera une cicatrice que le lecteur pourra remarquer.
Alors sans même le faire de façon consciente, notre cerveau emprunte des sentiers qui ont été abandonnés depuis belle lurette afin de formuler et d'articuler ses idées. En fait, on ne peut plus s'offrir le luxe d'écrire pendant que la réflexion est encore en pleine ébullition, car sans traitement de textes, il faut être bien certain de l'endroit où l'on désire se rendre avant de s'attaquer à la moindre phrase.
Maintenant, j'ignore si tout ça peut avoir un effet concret sur le résultat final de nos écrits, mais je serais sérieusement tenté de pencher vers cet avis.
Ici, vous pourrez m'accuser de verser dans la philosophie de bas étage, mais je serais très curieux de savoir si nous pensons plus comme des humains en devant formuler nos pensées à l'écrit traditionnel que lorsque nous avons le luxe de le faire à l'aide d'outils technologiques.
D'ailleurs, si votre humble chroniqueur s'est abandonné à une telle réflexion, j'ose croire que de grands esprits s'y sont aussi adonnés, et ce, avec des résultats certainement plus probants. Bref, vous essaierez ça quand vous aurez quelques minutes de libres. Je vous le dis, c'est beaucoup plus déroutant qu'on voudrait bien le croire. À vos crayons !
Mother
Changement de sujet radical, mais voilà qu'au moment d'écrire ces lignes (à l'aide d'un traitement de textes), j'arrive de visionner le film Mother (Mère en version française) du prodigieux cinéaste Darren Aronofsky. Pour ceux et celles qui sont familiers avec ses oeuvres, nul besoin de vous dire que c'est le genre d'expérience dont on ressort soufflé, qu'on ait aimé ou non.
Pour ma part, je crois avoir adoré le voyage, mais pour le moment, je ne pourrais vraiment pas vous dire pourquoi, outre le fait que j'ai eu l'impression qu'un convoi de camions avait roulé sur ma tête. Je ne le recommande surtout pas à ma maman et à ma blonde.
Toutefois, si vous appréciez ces films qui vous hantent pendant des semaines, je vous dirais sans hésiter de vous y attaquer. Ah ! Et dernier petit conseil comme ça, n'achetez pas de pop-corn pour rien. C'est vraiment pas un film qui donne le goût de manger.