Retour de vacances

CHRONIQUE / Tout d’abord, j’aimerais saluer chaleureusement mon collègue Julien Renaud qui a pris la relève de ma chronique du dimanche lors de mes deux semaines de vacances. Je tiens à le souligner, car j’ai toujours pensé que le gars était un vrai pro et pour vous dire vrai, en lisant ses chroniques, je me disais qu’à côté de lui, j’avais l’air du gars qu’on paie au noir pour faire des rénovations.

D’ailleurs, en revenant de vacances, j’ai réalisé que j’avais induit en erreur mes patrons en leur annonçant que je partais une semaine au lieu de deux. Comme j’avais profité de ces vacances pour bien me déconnecter de tout, mes boss cherchaient un fantôme et puis hop, quand j’ai pris connaissance de ma bourde, je me suis dit qu’au lieu de leur écrire un long courriel d’excuses, je ferais d’une pierre deux coups en intégrant cette histoire improbable dans ma prochaine chronique. En toute honnêteté, ç’a mis un peu de suspense dans ma fin de vacances et au moment de vous écrire ces lignes, j’ignore toujours si j’ai encore un boulot de chroniqueur ou si j’en ai filé un à Julien.

Alors si vous lisez actuellement cette chronique, j’imagine que ça voudra dire que vous devrez m’endurer encore un moment.

N’allez pas croire que mes vacances m’ont rendu ésotérique, mais je serais de mauvaise foi de ne pas vous dire qu’au cours de ces deux semaines de répit, il m’est arrivé quelques coïncidences plutôt amusantes.

Par exemple, dans ma dernière chronique, je vous disais que je profiterais de ce moment pour relire Buster : Poèmes chiens, un recueil de poèmes de Pierre Demers.

Voilà donc qu’après avoir vécu une semaine dans ce coin paradisiaque du Bic, alors que j’y passais ma dernière soirée, il y a Noémie qui vient me voir en affichant un air plutôt surpris. Noémie, c’est une fille qui vit maintenant au Bic et voilà qu’elle me demande si le livre de Pierre Demers est à moi. Intrigué par une telle question, je lui réponds que oui et c’est là qu’elle m’annonce qu’elle est déjà allée à la plage avec Buster.

J’ignore quelles sont les probabilités de rencontrer quelqu’un qui a connu un chien qui vivait à 500 km de là, mais en ce qui me concerne, c’est le genre de truc qui m’étonne toujours.

Or, si j’avais à remettre un trophée au truc qui m’a le plus épaté au cours des deux dernières semaines, j’aimerais le donner à ce briquet rechargeable que j’ai acheté au dépanneur. Le truc se recharge comme une clé USB et en guise de feu, on y retrouve le même genre de dispositif que pour les allume-cigarettes dans les voitures.

À l’écrit, j’avoue que c’est peu impressionnant, mais en vrai, c’est tout simplement hallucinant à regarder. En fait, je vous dis ça et à bien y penser, personne n’a encore partagé mon enthousiasme. Chaque fois que je fais une démonstration à quelqu’un, j’ai droit à un regard du genre : « Et c’est à quel moment que tu aimerais que je sois surpris ? » ou sinon à une constatation comme : « Donc, tu ne peux pas allumer de feu avec ton briquet électrique. »

Maintenant, je ne sais pas si c’est parce que je suis possédé par l’âme d’un homme des cavernes, mais sans farce, je peux passer de longues minutes à regarder s’activer mon briquet dans le noir. Chacun ses trips, comme on dit.

Toujours dans le registre des coïncidences, j’ai remarqué récemment que je croisais souvent le même gars lors de mes marches de fin de soirée. Jusqu’ici, il n’y a absolument rien qui cloche, en tenant compte que j’effectue généralement toujours le même trajet soir après soir. Là où ça devient intéressant, c’est que je ne pars jamais de chez moi à la même heure. Parfois, c’est à 21 h et des fois, c’est à 23 h. Mais voyez-vous, peu importe mon heure de départ, chaque fois que nous nous croisons, c’est toujours exactement au même endroit.

Par quelle espèce de modèle mathématique est-ce possible que lorsque nos trajets se croisent, c’est toujours au même endroit précis ?

Bref, je relis tout ça et finalement, ce n’est peut-être pas une mauvaise chose que mes vacances soient terminées. Une semaine de plus et j’aurais fini par relire L’Alchimiste.