Passer sa retraite à l’hôtel

CHRONIQUE / Il y a quelques jours de cela, j’ai effectué un séjour à l’hôtel en compagnie de mon amoureuse et alors que je déambulais en soirée dans les longs couloirs de l’établissement, il y a cette histoire que j’avais lue en février qui m’est revenue en mémoire.

Cette histoire, c’était un de ces trucs insolites qui part d’une publication Facebook virale et qui finit par être relayé par tous les sites qui carburent aux bons sentiments et autres choses qui font du bien à l’âme.

Alors hop, tout ça partait d’un type qui racontait qu’après avoir fait quelques calculs, il en était venu à la conclusion qu’il serait beaucoup plus profitable pour lui et son amoureuse de finir leurs vieux jours en vivant à l’hôtel que de s’offrir une place dans une maison de retraités.

Grosso modo, le gars expliquait qu’au lieu des 188 $ qu’il devrait payer chaque jour en résidence, le tarif pour aînés dans les Holiday Inn ne lui coûterait que le tiers, tout en incluant une foule de services, dont le petit-déjeuner, la piscine et la télé.

Mais les deux éléments qui m’avaient le plus fasciné dans ce « projet de retraite », c’était que le gars soulevait le fait qu’au lieu d’être un bénéficiaire aux yeux des employés qu’il côtoierait chaque jour, il serait plutôt perçu comme étant un client, et enfin, l’avantage des avantages du fait de vivre à l’hôtel était qu’il pouvait voyager de ville en ville, étant donné qu’il y avait des Holiday Inn un peu partout.

Maintenant, je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je vois dans tout ça un petit quelque chose de romantique. Une vie d’hôtel à croiser sans cesse de nouveaux visages, à vivre parmi tous ces gens de passage et à profiter du bon temps en attendant de découvrir où nous mènera la prochaine aventure.

Il y a aussi le fait qu’à l’hôtel, vous pouvez interagir avec des gens de tous les âges et dans un tel cas, c’est tout le monde qui en profite. Je veux bien comprendre que c’est amusant une fois de temps de se retrouver entre personnes du même âge, mais ce n’est jamais une mauvaise chose d’être en contact avec des gens de tous les âges. Ça nous enrichit et du même coup, ça peut enrichir d’autres personnes.

Évidemment, c’est probablement là le genre de projet qui est beaucoup plus efficace sur papier qu’en pratique, mais je vais vous avouer que j’aime l’idée d’avoir cette option quelque part au fond de mon esprit.

Je vous raconte tout ça et je réalise que j’ai déjà eu la chance de discuter une fois de la vie d’hôtel avec quelqu’un qui l’expérimentait depuis un bon moment déjà. À l’époque, je participais à une série de capsules documentaires, et l’un des sujets était le cinéaste Claude Bérubé qui vivait alors dans une chambre d’hôtel de Chicoutimi depuis des mois et des mois. Ici, je serais tenté de vous dire « depuis des années », mais j’ai peur que ma mémoire me joue des tours.

Bref, c’était à la suite d’une séparation que le cinéaste s’était temporairement installé dans une petite chambre d’hôtel et au fil du temps, il en était venu à la conclusion qu’il s’épargnerait bien des ennuis en y vivant là de façon permanente. « J’aime pas vraiment magasiner des meubles », qu’il m’avait lancé.

En tout cas, je peux vous assurer que si j’avais à vivre un jour à l’hôtel, j’espère que ça ne serait pas dans le dernier hôtel où j’ai dû « passer la nuit » à Montréal. C’était un ami à nous qui avait réservé les chambres et quelques heures avant d’arriver à destination, j’ai tout de suite eu un mauvais pressentiment en découvrant l’adresse.

Pour vous faire une histoire courte, quand un de mes amis a levé un des matelas afin de voir s’il y avait des punaises de lits, il y avait quelque chose comme 20 condoms souillés sous le matelas.

Moi, je n’ai même pas voulu savoir ce qui se cachait sous mon matelas. On a passé la nuit avec les lumières ouvertes, avec nos vestes et nos capuches pour se protéger la tête, et je vais vous avouer que cette nuit-là, j’aurais probablement préféré dormir dans une résidence pour personnes âgées.