Malgré la tempête hivernale, la Commissions scolaire Lac-Saint-Jean n'a pas fermé, jeudi.

On ferme ?

CHRONIQUE / Je ne veux pas trop me mouiller, mais je crois quand même être en mesure d'affirmer que l'hiver est bel et bien arrivé.
Maintenant, vous êtes tout à fait dans le droit de vous demander qui suis-je pour y aller d'une telle annonce, alors que je ne suis aucunement météorologue.
Eh! bien! , je vous répondrai de façon très convenue: c'est l'expérience qui me fait dire ça.
D'ailleurs, si je me permets une telle affirmation, c'est qu'au cours de la semaine, j'ai vu passer de nombreux experts en météorologie, et ce, de toutes les sortes.
Par exemple, il y a une experte qui a bien dû s'en mordre les doigts pendant au moins une journée complète. Ici, je fais évidemment référence à Christine Flaherty, la directrice adjointe de la Commission scolaire Lac-Saint-Jean, qui a visiblement passé un très mauvais quart d'heure jeudi dernier, alors que plusieurs parents ont vivement fait savoir leur mécontentement quant à sa décision de ne pas suspendre les classes.
Toutefois, au risque de m'attirer les foudres de bien des gens, je me ferai quand même l'avocat du diable.
Je ne le fais pas par un désir de donner naissance à une polémique, mais bien parce dans la vie, j'aime ça regarder les choses avec un peu de recul.
Le truc, c'est que du point de vue de la personne qui va se lever vers 6h30 du matin et qui va jeter un coup d'oeil à la fenêtre, il y a certaines choses qui nous semblent logiques. «Ah! Il fait vraiment un temps de chien», qu'on se dit. Puis, à moins qu'on ait à s'aventurer avec notre voiture sur des chemins hasardeux, ça s'arrête là pour nous et la journée suit son cours presque normal.
Or, pour être bien franc avec vous, jamais je n'échangerais ma place avec celle d'une personne comme madame Flaherty.
Imaginez trente petites secondes que chaque matin d'hiver de votre vie, vous deviez constamment vivre avec l'éventualité que dès votre réveil, il soit possible que vous ayez à prendre une décision qui sera fort probablement critiquée d'un côté ou de l'autre. En ce qui me concerne, c'est pratiquement inimaginable, car de un, je déteste prendre des décisions importantes, et de deux, je me réveille toujours en retard. En d'autres mots, si vous cherchez à qui l'avenir appartient, ce n'est certainement pas moi.
Donc voilà. Jeudi matin, madame Flaherty s'est réveillée et après avoir consulté ces personnes qu'elle qualifie «d'observateurs», ceux-ci ont jugé que les conditions météorologiques étaient adéquates.
Bien entendu, si j'avais fait partie de ses «observateurs», ma réponse aurait été très différente, et ce, tout simplement parce que de là où j'habite, il me semblait que la météo n'était vraiment pas favorable à une balade bien tranquille sur les chemins enneigés.
Or, ça aurait aussi pu être le contraire. Je le sais, car combien de fois suis-je parti de ma maison avec enthousiasme en pensant me rendre à Chicoutimi et qu'en sortant de mon quartier, j'ai réalisé que c'était le bordel total dans les rues?
Et sinon, il y a aussi un autre truc qui me chicote. Maintenant, peut-être que je m'imagine tout ça, mais il me semble que deux fois sur trois, lorsqu'une commission scolaire décide de suspendre les classes en raison des mauvaises conditions météorologiques, on trouve constamment des gens qui remettent en question cette décision en évoquant que ce n'était pas si pire que ça, que les profs voulaient seulement se la couler douce et que bla-bla-bla.
Évidemment, je peux bien comprendre que la journée de jeudi est allée toucher bien des parents directement au coeur, car après tout, on veut que nos enfants soient en sécurité, mais j'aimerais vous poser l'énigme suivante: si on vous donnait le choix de lancer ou non votre enfant dans un volcan en fusion, le feriez-vous? D'ailleurs, si par malheur vous avez répondu oui, je vous invite immédiatement à consulter un psychologue.
Alors la prochaine fois où vous jugerez que c'est épouvantable d'envoyer vos enfants à l'école alors que la météo se déchaîne, gardez toujours en tête qu'à la fin, la décision vous appartient.