Mon affection pour Maggie

CHRONIQUE / À l’origine, je devais écrire une chronique sur Ghislain Harvey. J’avais en tête une idée plutôt amusante où j’allais me porter ironiquement à sa défense et puis, hop, je me suis dit : « Hey. La seule chose que son contrat en béton ne pouvait pas lui assurer, c’était bien d’avoir l’honneur que Joël Martel écrive à son sujet. »

Alors désolé Ghislain, mais vous devrez vous contenter à jamais de cette introduction anecdotique. Yep, ce ne sera pas dans cette vie que vous pourrez vous la péter un samedi matin au restaurant en racontant à vos potes que j’ai passé une soirée entière à plancher sur un texte en pensant à vous.

Et puis hop, vous savez comment la vie est souvent bien faite et, au même moment, mon fils Charlot me faisait une demande qu’il ne m’avait jamais faite auparavant : « Hey papa, pourrais-tu s’il te plaît faire ta chronique en fin de semaine sur Maggie ? »

Maintenant, vous devinerez qu’entre un mec qui risque de se pousser avec un chèque de plus de 400 000 biftons et ma grosse chatte noire, le calcul s’est fait assez rapidement.

Alors voilà, pour ceux et celles qui ne la connaissaient pas encore, vous devez tout d’abord savoir qu’au début, je ne l’aimais pas vraiment cette Maggie.

Tout d’abord, je la trouvais terriblement moche, très maladroite et je la soupçonnais d’avoir manqué d’oxygène à la naissance.

Puis, par un beau jour où je devais aller faire opérer sa sœur chez le vétérinaire, celle-ci s’était poussée. Or, comme nous avions un rendez-vous de prévu dans les prochaines minutes, j’ai agrippé Maggie et c’est elle que je suis allé faire opérer. 

C’est d’ailleurs ce jour-là que j’ai commencé à ressentir de l’affection pour Maggie, alors qu’elle me regardait dans le rétroviseur dans sa petite boîte en osier.

Justement, je vous parle du vétérinaire et pas plus tard qu’il y a quelques jours, voilà que j’ai dû y ramener Maggie. 

Ici, vous m’excuserez de ne pas trop donner de détails, mais bon, disons simplement qu’elle ne sentait vraiment pas bon et que l’odeur provenait de la partie postérieure de son corps.

Pour être bien franc avec vous, ça me stressait un peu cette histoire. 

Le truc, c’est que même si je suis un gars plutôt rigolo dans la vie, derrière mon sourire se cache un homme terriblement anxieux quant au sort réservé à ceux et celles qu’il aime et, à ce que j’ai pu en déduire, ça comprend aussi Maggie.

Toutefois, vous aurez deviné au ton badin de cette chronique que mes inquiétudes n’étaient nullement fondées. Une fois de plus, vous me remercierez un jour de vous épargner les détails, mais c’était en lien avec des glandes dont le type commence comme le mot « anonyme » et se termine comme le mot « général ».

Alors voilà, ma pauvre Maggie s’est fait tondre à cet endroit plutôt intime et, pour les prochaines semaines, je devrai lui faire prendre des antibiotiques et surtout, nous devrons la mettre au régime afin qu’elle perde trois livres, soit l’équivalent du quart de son poids actuel.

Remise en forme

Pour vous dire vrai, ça tombe plutôt bien, car j’ai la ferme intention d’être en top santé l’été prochain et d’améliorer mon cardio (j’imagine que c’est ma pré-crise de la quarantaine), alors le plan de remise en forme de Maggie me donne maintenant ce petit élan de solidarité qui me manquait jusqu’ici.

Je vous raconte ça et je me rends compte à quel point c’est fou comme un simple chat peut avoir des répercussions sur votre existence.

Certes, il n’y a pas que des avantages (ici je pense à la facture de 200 $ de ce week-end), mais plus j’y pense et plus je me dis que Maggie méritait vraiment ce petit moment de gloire que je lui consacre aujourd’hui.

Et puis hop, je suis certain qu’elle ferait une excellente présidente-directrice générale d’un truc. Je dis ça, car à défaut de pouvoir prendre des décisions importantes, elle se contenterait d’un peu de bouffe à chats et de quelques caresses une fois de temps en temps.

Bon, je dois aller ouvrir la porte à Maggie, car de toute évidence, une aventure l’attend dehors. 

J’espère que tu as apprécié ta lecture Charlot. Je t’aime.