Merci pour le chili!

Il y a de ces histoires que vous entendez comme ça par hasard, puis elles vous habitent jusqu’à la fin de vos jours.

Je vous dis ça, car voyez-vous, je dois présentement une fière chandelle à une athlète. Le truc, c’est que grâce à elle, j’ai découvert le meilleur des bordels de chilis végétariens de la planète.

Il y a quelques mois de cela, je roulais en voiture, et à la radio, il y avait ce reportage à propos d’une athlète paralympique au parcours tout simplement hallucinant.

Maintenant, vous savez ce qu’il se produit dans de telles situations : la seconde d’avant, je n’écoutais que d’une oreille, et une fois que j’ai saisi à quel point ce que j’entendais là était incroyable, il était trop tard pour mémoriser les infos de base, c’est-à-dire des noms. Alors hop, je n’arrive plus à retrouver ce reportage qui m’avait tant fasciné, et ma mémoire défaillante fait en sorte que je n’ai plus que quelques bribes de ce récit dans lequel on apprenait que l’athlète en question avait perdu ses collègues d’entraînement dans un accident de voiture et, il me semble du moins, qu’elle avait dû changer de sport à quelques mois des Jeux paralympiques en raison d’un second accident.

Mais bon, j’ai souvenir que l’athlète ou l’entraîneuse était originaire de la région, et il m’arrive régulièrement d’y repenser en me maudissant de ne pas avoir pris de notes ce jour-là. Je me souviens m’être dit un truc du genre : « De toute façon, demain, tu ne repenseras plus à ça. » J’avais tout faux.

Je me rappelle aussi qu’à la suite de ce reportage, on y expliquait que dans un monde idéal, les Jeux paralympiques devraient se tenir avant les Jeux olympiques, et non après. C’est qu’une fois qu’on nous a gavés avec toutes ces « olympiqueries », quand vient le temps de débuter les Jeux paralympiques, la Fièvre des jeux avec un grand F n’est plus vraiment au rendez-vous. Et la planète regarde déjà ailleurs. Et pourtant, je dis ça comme ça, mais je suis beaucoup plus fasciné par les exploits d’athlètes qui ont décidé de dire à la vie qu’elle ne leur dicterait pas quoi faire. Non pas que je n’aie aucune sympathie ou de l’admiration pour les athlètes qui donnent leur vie au sport, mais que voulez-vous, si un type décidait de faire un marathon avec des souliers de plomb, ce serait sur lui que mes yeux se poseraient.

les cruchons
Voilà donc qu’il y a peut-être deux semaines de cela, je faisais la file au Bureau en Gros, et c’est à ce moment que j’ai vu une espèce de présentoir avec des cruchons. En fait, pour être franc avec vous, ce qui m’avait attiré en premier lieu, c’était qu’il y avait le mot « biscuits » sur certains cruchons.

J’ai donc inspecté tout cela pour réaliser qu’il s’agissait de cruchons qui contenaient des recettes prêtes à être cuisinées en deux temps trois mouvements. Pour chacune des recettes, il ne restait qu’à mélanger le contenu et à y ajouter un ou deux ingrédients de base.

L’idée m’a plu, mais juste au moment où j’allais me dire que tout ça était bien chouette, mais que j’en avais plus ou moins besoin – Pierre-Yves McSween serait certainement fier de moi –, j’ai réalisé que c’était là une initiative afin d’amasser des fonds pour les athlètes paralympiques.

Ça m’a donc convaincu de tenter ma chance avec un chili végétarien, et vous le devinerez, bien que je ne sois aucunement un spécialiste en la matière, c’est sans aucun doute le meilleur bordel de chili végétarien que j’ai englouti de toute ma vie.

En fait, je l’ai tellement aimé que j’ai même fouillé jusqu’au fin fond de la poubelle de la cuisine pour retrouver qui concoctait ce chili du tonnerre.

Alors, pour l’info, ça se trouve à être une entreprise spécialisée en philanthropie collective nommée Recettes en Pot qui est derrière ça. Pour chaque pot vendu, on finance un repas destiné à une banque alimentaire, en plus de la moitié des profits qui sont versés à une cause.

Enfin, avec tout ça, mon collègue d’ICI Radio-Canada Frédéric Tremblay vient tout juste de m’apprendre que l’athlète en question serait Lyne Tremblay. Alors, merci Lyne pour le chili !