Merci les profs!

CHRONIQUE / Au moment où je vous écris ces lignes, nous sommes en plein cœur de la Semaine des enseignantes et des enseignants.

Comme cette semaine est une occasion de souligner l’apport important de ces professionnels au sein de notre société, je me suis dit que ça pourrait être amusant de me remémorer les profs qui m’ont le plus marqué au cours de mon long parcours scolaire.

Tout d’abord, il faut savoir que ma prof de maternelle ne l’a vraiment pas eu facile avec moi. Le truc, c’est que ma maman était justement une excellente prof de maternelle et en plus, elle m’amenait de temps en temps dans sa classe alors que j’étais encore d’âge préscolaire. Ainsi, le jour où je suis arrivé à ma première journée de maternelle, disons que même si j’avais eu Mary Poppins comme prof, la pauvre n’aurait jamais pu être à la hauteur de mes attentes. Je pourrais donc dire de ma première année scolaire qu’elle fut une longue déception qui allait toutefois être suivie de plusieurs années de réjouissances.

J’ai peu de souvenirs de ma prof de première année, mais je me rappelle qu’elle se faisait appeler Mado, qu’elle était très gentille avec moi et que je la trouvais plutôt jolie.

Je pourrais ensuite vous dresser une liste de toutes les enseignantes que j’ai eues au primaire, mais ma prof de cinquième année a tellement été déterminante dans ma vie qu’elle a en quelque sorte occulté tout le reste de mon primaire. Je vous en avais déjà parlé par le passé, mais bon, cette prof, elle s’appelait Denise Falardeau.

Pour la petite histoire, Denise, c’était la prof qui, en l’espace de seulement cinq minutes, pouvait vous foutre la trouille de votre vie pour ensuite vous dire la petite phrase qui allait vous redonner du courage chaque fois que la vie placerait un obstacle sur votre chemin. C’est notamment à cause d’elle que je me suis assumé en tant que rigolo, après que celle-ci m’ait dit le plus sérieusement du monde que pour elle, le plus grand signe d’intelligence était le sens de l’humour.

Il y a aussi eu Francine, ma prof de musique, qui m’a marqué à vie. Comment oublier cette seule et unique fois où ma classe est parvenue à jouer « parfaitement » une pièce et où on pouvait voir la fierté et la joie dans le regard de Francine ? Ce jour-là, ce que Francine m’avait fait réaliser, c’était que la musique était quelque chose de plus grand que nous et ça, c’est plutôt difficile de l’apprendre devant un iPad.

En ce qui concerne mes années au secondaire, le premier nom qui me vient à l’esprit, c’est celui de Jean-Claude Beaujuin. Je me souviens de cette fois où il s’était installé à côté de son bureau et où il nous a raconté dans quel contexte il avait dû venir s’installer ici au Québec. Nous étions tous là à boire son récit, subjugués d’entendre cette histoire qui semblait sortie tout droit d’un film d’épouvante, mais surtout, nous commencions alors à réaliser un truc qu’on ne nous apprend pas nécessairement dans les manuels d’exercice : le monde peut parfois sombrer dans la folie pure et simple.

Au cégep, mon premier prof fut François-Bernard Tremblay et on s’était tellement bien entendu qu’encore aujourd’hui, nous sommes des amis. C’est d’ailleurs aussi le cas avec bien d’autres profs du département d’Arts et lettres du Collège d’Alma. Ici, je pense à Sylvie, Marie-Christine et, bien entendu, le légendaire Éric Galarneau. Ces gens ont tous cru en moi à une époque de ma vie où s’il y avait quelqu’un qui ne croyait plus trop en moi, c’était bien moi. Je dois aussi une fière chandelle à une certaine Marie-Élaine que j’ai malheureusement perdue de vue et qui m’avait mis au défi d’écrire mes chansons en français.

Pour ce qui est de l’université, je n’aurais jamais eu mon diplôme en Études littéraires françaises si je n’avais pas croisé Luc Vaillancourt. D’ailleurs, c’est un peu beaucoup de sa faute si vous me lisez chaque semaine.

Maintenant, c’est mon fils qui est à l’école et quand je vois l’équipe d’employés qui veillent sur lui et ses camarades de classe, je vous avoue que je le trouve très chanceux d’être entouré de personnes aussi lumineuses. Merci les profs !