La délégation du Saguenay-Lac-Saint-Jean

L'important, c'est de participer

CHRONIQUE / « Pourquoi tu n'as rien écrit sur les Jeux du Québec? »
C'est grosso modo le genre de messages que j'ai reçus dimanche dernier en me réveillant.
Maintenant, qu'on se le dise, pour un chroniqueur comme moi qui s'intéresse principalement aux choses banales de la vie, c'est plutôt rare de recevoir des échos de ce qu'on écrit, à l'exception de ces commentaires qu'on reçoit parfois ici et là en faisant l'épicerie.
Du coup, ça aurait alors été très mal avisé de ma part d'ignorer ceux et celles qui se sont donné la peine de m'écrire un petit mot. D'autant plus que c'était bien la toute première fois qu'on me critiquait à propos de quelque chose que je n'avais pas écrit.
Le truc, c'est que j'avais été tenté pendant un bref instant de pondre une chronique à propos des Jeux du Québec, mais entre vous et moi, ça aurait été un texte plutôt nul dans lequel j'aurais joué le rôle du « casseux de party » qui aurait expliqué pourquoi un événement de si grande envergure ne me faisait ni chaud ni froid. Parce que voyez-vous, bien que je n'aie rien contre le sport et l'activité physique, c'est là un sujet qui ne m'interpelle nullement. Ajoutez à ça l'esprit de compétition et vous me perdez pour les 20 prochaines années.
Alors hop, dans cette sagesse qui m'habite et qui surtout me surprend de plus en plus, j'avais préféré m'abstenir.
Mais bon, j'aime ça quand on me défie, alors peu après avoir sifflé un café, j'ai décidé d'aller m'y pointer le bout du nez avec mon amoureuse et mon fils.
Tout d'abord, je ne vous cacherai pas que l'affluence sur le site du Centre Mario-Tremblay m'a plutôt étonné. D'ailleurs, malgré cette foule surprenante, la circulation sur le site était plutôt fluide et ainsi, on a pu assister aux trois compétitions que nous avions ciblées.
Il y a eu en premier lieu l'épreuve de trampoline, mais pendant la bonne trentaine de minutes où nous nous sommes installés dans les gradins, je vais vous avouer que je n'ai vu aucun concurrent y prendre part. Peut-être que nous avions mal interprété l'horaire bien fourni des épreuves. Or, nous avons pu admirer plusieurs gymnastes en action et je dois vous confesser que j'ai ressenti quelque chose en les voyant aller. Toutefois, je n'ai absolument rien pigé de la marche à suivre quant au déroulement de la compétition. C'est comme ça des fois, la vie.
On a ensuite bifurqué vers le patinage de vitesse et après avoir assisté à une course endiablée, je ne sais plus trop pourquoi, mais notre périple nous a finalement menés vers l'épreuve de plongeon.
Pour une raison inexplicable, c'est justement là que j'ai ressenti ce qui s'apparentait le plus à ce qu'on appelle la fièvre des Jeux. De voir ces gamins effectuer des sauts spectaculaires m'a mystérieusement ému. Je regardais tous ces parents s'exclamer avec fierté et j'imaginais tout le temps et tous les efforts qui se cachaient derrière ces performances et en moins de temps qu'il ne le faut pour grimper le plongeon de 3 mètres, je me suis retrouvé avec de grosses bulles d'eau dans les yeux.
En toute franchise, ça a été un choc, car en tant que gars qui pleure très facilement, c'était la toute première fois que le sport m'interpellait ainsi.
Maintenant, si jamais vous êtes en train de vous dire : « Mais c'est décidément la chronique la plus nulle de l'histoire des Jeux du Québec! », rassurez-vous, vous avez probablement entièrement raison.
Je vous l'avais dit que le sport, c'était vraiment pas mon truc. Mais bon, comme on dit, l'important, c'est de participer.