À mon grand étonnement, il n'aura suffi que de quelques minutes pour que mystérieusement, je me sente investi par ce que la quotidienne District 31 me proposait.

Le piège de District 31

CHRONIQUE / Je ne dis jamais ça pour me vanter, mais je ne suis vraiment pas du genre à regarder la télé.
Le truc, c'est que même lorsque j'ai envie de m'abandonner aux joies de la télévision, il ne me suffit généralement que de quelques secondes pour me rappeler que je suis un extra-terrestre.
Tout d'abord, de voir des vedettes se faire du fun en jouant à des quiz débiles, je n'y vois aucunement l'intérêt. Et sinon, de voir des vedettes se faire du fun parce qu'elles sont avec d'autres vedettes qui se font du fun, je ne pige toujours pas ce que je peux en retirer.
Et sinon, vous me perdez totalement avec ces téléromans où les drames se suivent sans cesse et où les comédiens apprennent toujours quelque chose de troublant au téléphone.
Bien entendu, je pourrais déchirer ma chemise en hurlant que la télé se fout des gens comme moi, mais si on prend bien le temps de regarder les résultats des cotes d'écoute, je comprends les télédiffuseurs de ne pas trop perdre d'énergie avec des types comme moi, parce que visiblement, le grand public lui, est bien au rendez-vous.
Évidemment, j'aime bien regarder quelques séries ici et là, mais en ce qui concerne les séries québécoises, outre Série Noire et Les Invincibles, je ne vois jamais en quoi je pourrais me sentir interpellé par celles-ci.
Or, le destin finit toujours par réussir à nous surprendre et voilà que ça s'est produit tout récemment.
Ç'a donc commencé avec quelques statuts Facebook que je lisais ici et là. Généralement, ceux-ci provenaient de mes collègues de KYK FM, Mark Dickey et Martin-Thomas Côté. Ainsi, il arrivait fréquemment que je voyais l'un d'eux faire les louanges de la quotidienne District 31 et, dans mon for intérieur, je me disais que tout ça ne devait être qu'une blague d'initiés.
Puis, il y a quelques jours, alors que mon amoureuse regardait la remise des Zappettes d'or à C'est juste de la télé, je découvrais avec stupéfaction que District 31 avait remporté le Grand Prix Ça m'allume. À ce moment-là, je me suis dit que si ce n'était qu'une blague d'initiés, elle avait pris des proportions phénoménales.
Rien à faire
Voilà donc qu'un soir, je cherchais un truc à visionner pendant que j'engloutissais un bol de Froot Loops et, comme District 31 était dans les choix suggérés des vidéos sur demande, j'ai décidé d'y jeter un coup d'oeil.
À mon grand étonnement, il n'aura suffi que de quelques minutes pour que mystérieusement, je me sente investi par ce que la quotidienne me proposait.
Ici, j'emploie « mystérieusement » parce qu'entre vous et moi, District 31 est sur papier la somme de tout ce dont je me sacre.
Les moeurs de détectives, une quotidienne, Fabienne Larouche, alouette. Bref, si jamais vous voulez organiser un party et vous assurer que je n'y serai pas, envoyez-moi ça comme détails et je vous garantis que vous ne me reverrez plus jamais dans les environs.
Mais là, fouillez-moi pourquoi, mais ça fonctionne à 1000 %.
Et ici, qu'on se comprenne, ce n'est pas du tout un cas de « So bad, it's so good », ou en bon québécois : « C'est tellement poche que c'en est bon. »
C'est juste bon
Non, c'est juste bon.
J'aime haïr la personnalité baveuse de Stéphane, j'aime m'imaginer que je pourrais être cool comme Pat, Nadine ressemble étrangement à ma soeur Nadine, le personnage de Gildor me fait un peu penser à mon rédacteur en chef et sinon, j'aimerais vraiment travailler avec une personne comme Isabelle.
Maintenant, si jamais vous désirez me faire chanter, vous avez une superbe carte à jouer, car comme je ne suis rendu qu'à une trentaine d'épisodes, vous pourriez très bien me gâcher mon fun en me révélant les punchs à venir, mais bon, que voulez-vous, j'aime ça vivre dangereusement.
Tant que le danger reste de l'autre côté de l'écran.