Le labyrinthe des renouvellements automatiques

CHRONIQUE / Chaque fois, c’est pratiquement la même histoire qui se répète.

Ça commence par un courriel vous informant qu’on vous facturera bientôt un truc dont vous n’avez plus besoin et là, après avoir vérifié combien ça vous coûterait, vous vous dites que lorsque vous annulerez cette transaction du futur, vous aurez facilement épargné quelques dollars.

Mais bon, la suite, vous la connaissez.

On finit les trucs qu’on était en train de faire, on parle de la pluie et du beau temps avec quelqu’un, on donne à bouffer au chien et au chat, on regarde la télé quelques minutes et la vie continue alors que pendant ce temps, chaque heure qui passe nous rapproche de ce moment fatidique où cette facturation à venir sera appliquée.

Et puis hop, une semaine ou même un mois plus tard, vous recevez ce courriel vous félicitant d’avoir eu la sagesse et l’audace d’avoir conservé ce service ou ce logiciel que vous aviez complètement oublié et voilà que votre compte en banque s’est soudainement allégé d’une cinquantaine de dollars.

Je vous raconte ça, car jusqu’à tout récemment, j’étais convaincu d’être un cas à part. Je me disais que tous ces services et ces logiciels qui étaient renouvelés automatiquement et que je me retrouvais à être obligé de payer n’étaient que le lot des personnes distraites comme moi, mais quand mon amoureuse m’a raconté cette semaine qu’elle avait oublié d’annuler le renouvellement d’un truc dont elle n’avait pas besoin, je me suis senti soudainement moins seul dans cette situation.

Alors que j’essaie de me souvenir de toutes les choses que j’ai dû payer après avoir oublié d’annuler le renouvellement, j’ai vraiment l’impression de plonger dans un trou noir qui ferait probablement imploser Pier-Yves McSween. Je vous le dis, ça donne le vertige.

Je pense notamment à cet antivirus dont la période d’essai gratuite avait pris fin et qui m’avait été facturé alors que finalement, je ne m’en étais servi qu’une heure. La seconde après avoir reçu le courriel me remerciant d’avoir payé, j’étais allé vérifier si je pouvais faire quelque chose pour annuler la transaction, mais on m’avait informé que j’avais justement eu un mois pour bien y penser suite à l’avis de renouvellement qu’on m’avait envoyé. Comment lutter contre un tel argument?

Outre cet antivirus, je pourrais vous dresser une liste horriblement longue de microtransactions qui m’ont été facturées automatiquement dont un service de vidéo sur demande que j’ai payé dans le beurre sans m’en rendre compte pendant trois mois, un autre truc lié aux jeux vidéo dont je m’étais servi une fois ou deux et qui m’a été facturé pendant plusieurs mois à mon insu, sans oublier le forfait de chansons illimitées de Just Dance qui se renouvelle tous les trois mois alors que mon gars n’y joue plus depuis le printemps dernier.

Ce qui est le plus vicieux dans tout cela, c’est que ce sont très souvent des montants pas assez importants pour se lancer dans une campagne visant à se faire rembourser, et ça, c’est lorsqu’ils n’arrivent pas à se faufiler incognito entre deux grosses transactions qui leur font de l’ombre.

Et puis le jour où vous décidez que ça suffit et que vous allez faire le ménage de tous ces renouvellements automatiques, ça devient rapidement très labyrinthique.

On vous demande un mot de passe que vous aviez oublié la seconde qui suivait sa création, on vous le renvoie par courriel, vous devez ensuite confirmer que c’est vraiment vous en inscrivant un code qu’on vous enverra par texto et lorsque la journée se termine, vous n’avez même pas eu le temps d’annuler plus que deux futures transactions.

Vous allez donc vous installer sur le divan, question d’évacuer la frustration, pour ensuite réaliser que le film que vous aviez en tête de visionner n’est seulement disponible que sur le service que vous aviez annulé quelques heures auparavant.

Vous vous dites : « C’est pas vrai qu’on va m’y reprendre », puis votre téléphone vibre pour vous féliciter d’avoir payé pour le renouvellement d’un autre service que vous n’utilisez plus.