La folie «Star Wars»

CHRONIQUE / On rit bien, mais d’ici quelques jours, ça sera la folie furieuse.

Et là, ne vous méprenez surtout pas. Je ne vous parle pas des gens qui vont courir les magasins pour leurs achats de Noël, mais bien de la sortie du nouveau Star Wars. Parce que oui, ça s’en vient et rapidement à part de ça!

Maintenant, si vous êtes de ces individus pour qui le nom Star Wars ne fait rien vibrer, je tiens à vous dire que je ne suis pas du tout en mesure de vous juger. D’ailleurs, j’oserais même avoir la prétention de vous affirmer que je comprends en grande partie ce que vous vivez tous les jours et plus particulièrement lors des prochaines semaines où le sujet de Star Wars reviendra au coeur de nombreuses discussions.

Le truc, c’est que moi, je n’aime pas vraiment les Beatles. Or, chaque fois que j’ose le dire, je dois faire face à une levée de boucliers comme vous ne pouvez même pas vous imaginer.

Chaque fois, les fans purs et durs des Beatles me cuisinent avec un tas de questions. Pour vous donner une petite idée du comment on se sent dans de telles situations, vous n’avez qu’à repenser à cette scène où E.T. l’Extra-Terrestre est scruté par les gamins la première fois où Elliot leur présente sa trouvaille.

En fait, je repense à tout ça et ça me fait réaliser qu’à un certain moment de ma vie, j’ai failli passer dans l’autre camp.

C’était à la fin des années 90 et voilà qu’un nouveau Star Wars allait enfin être présenté.

À l’époque, la seule idée d’un nouveau chapitre de la saga faisait apparaître des dollars.

Évidemment, il y avait eu tout un tintamarre de promotions ici et là afin de mousser l’événement et, la veille de la grande première, les médias nous montraient un tas de villes où les gens faisaient la file pendant toute la nuit pour s’assurer de mettre la main sur un billet de la première.

Ce soir-là, j’étais avec des amis et la curiosité nous avait amenés à aller voir si des gens faisaient la file au cinéma d’Alma. 

Or, dans tout ce groupe de passionnés de Star Wars, il y avait un ami à nous, Vinnie. On avait discuté quelques minutes avec lui et puis hop, on lui avait souhaité bonne chance.

Puis, voilà que le lendemain, quelques minutes seulement avant la grande première, je recroise à nouveau Vinnie et il me propose un de ses billets.

Ici, ça va peut-être vous sembler un peu con, mais même si ce chapitre de Star Wars fut de loin le pire que j’aie vu de toute ma vie, je remercierai toujours le destin de m’avoir fait vivre cette expérience de grande première. Ça et le début d’un concert rock: même chose.

Dans la salle, l’excitation était palpable et justement, l’équipe promotionnelle d’Austin Powers 2 avait vu juste en programmant avant le film une publicité qui débutait exactement comme les films de Star Wars.

Les spectateurs étaient fous de joie au début de l’annonce, croyant que le film tant attendu venait de débuter. Et puis hop, une fois que tout le monde avait compris que nous avions été dupés, il était très clair que la majorité de ces gens achèteraient un billet pour Austin Powers 2.

Le vrai film a débuté et, au fil des minutes, ce n’était plus l’excitation qui était alors palpable, mais bien le désenchantement.

J’ai encore souvenir que lorsque le film s’était terminé, tous les spectateurs s’étaient levés sans faire de bruit, quittant la salle en silence comme à la sortie d’une cérémonie funéraire.

C’est quand même fou de se remettre ça en tête alors que, 18 ans plus tard, la franchise est plus en santé que jamais. C’est là un magnifique exemple que la partie n’est jamais perdue.

Yep, il y a 18 ans, je sortais du cinéma en disant à mes amis que j’irais plus jamais revoir un Star Wars de ma vie et je ne suis certainement pas le seul à avoir tenu de tels propos ce soir-là. 

Et puis hop, regardez qui compte les jours avant le 15 décembre.

Ouep, c’est moi.