Je rêve... d’un TGV!

Chronique / Alors, si j’ai bien compris, Québec pourrait avoir son tramway? Ici, j’utilise le conditionnel, car même avec un léger bagage en connaissances politiques, je sais maintenant qu’entre une annonce et la concrétisation d’un projet, il y a tout un monde, voire même sept galaxies.

Eh ben! Si tel est les cas, c’est très cool pour Québec, ça. En tant que gars qui a souvent tendance à pencher vers la gauche, comment pourrais-je voir la venue d’un nouveau moyen de transport en commun d’un mauvais oeil?

Or, quand on me dit qu’on prévoit des investissements qui seront certainement dans la centaine de millions de dollars, il y a un petit truc qui me titille dans tout ça. Et là, n’allez surtout pas croire que je vais vous sortir un truc du genre: « Cet argent aurait bien mieux servi à l’éducation ou la santé! » 

Non, car ce qui me titille, ça demeure en quelque sorte dans le rayon des transports en commun, à la différence qu’au lieu de concerner uniquement la Ville de Québec, ça concerne le Québec.

Maintenant, vous constaterez dans les prochaines lignes que mon côté rêveur va vraiment me trahir, mais ça aurait été très chouette qu’un jour, on ait pensé à créer une espèce de réseau de TGV qui aurait relié les différentes régions de la province.

Imaginez ça: par un bel après-midi, votre vieil ami Johnny vous écrit pour vous annoncer qu’il organise une fête dans la soirée, et une fois que votre journée de travail est terminée, vous décidez sur un coup de tête de vous rendre jusqu’à la gare de Chicoutimi, et deux heures plus tard, vous êtes là à siroter une bière au Cheval Blanc sur la rue Ontario à Montréal.

Et le scénario inverse est aussi intéressant.

Du jour au lendemain, l’homme ou la femme de la grande ville, pour qui une escale en région s’est toujours apparentée à se rendre en Amazonie en gougounes, pourrait ainsi explorer le Québec, et ce, en toute sécurité.

Et puis hop!, on n’a même pas encore pensé au trafic sur les autoroutes qui accuseraient certainement une diminution, et du coup, la durée de vie des infrastructures s’en verrait améliorée. Et là, on ne tient même pas en compte une éventuelle diminution du nombre d’accidentés et de décès qui surviennent chaque semaine sur les routes.

Évidemment, je suis bien conscient que ce que je vous dis là relève purement du fantasme et de la rêverie, mais ceux et celles qui me connaissent en savent quelque chose, si rêver pouvait tuer, je serais mort depuis un bon moment.

Demeurons dans le domaine de la rêverie, mais changeons de sujet.

Il y a quelque chose comme deux semaines, voilà qu’en zappant au hasard, je suis tombé avec grande joie sur Le Steak, ce fameux documentaire réalisé par le regretté Pierre Falardeau.

Pour la petite histoire, Le Steak nous propose un portrait du boxeur Gaëtan Hart, dont la carrière professionnelle tirait bientôt à sa fin, parce que recevoir des coups de poing dans la face, on peut s’entendre comme quoi ce n’est pas le genre de boulot qu’on songe à pratiquer après la retraite.

Ainsi, pendant une bonne heure et demie, on suit le quotidien de cet homme qui sort directement d’une longue traversée du désert, notamment en raison d’un combat qui s’est soldé par le décès d’un de ses rivaux sur le ring.

Alors qu’il y a quelques années, Hart se voyait profiter d’une retraite de boxeur bien dorée. Le boxeur en est à apprendre son métier d’ouvrier de la construction, tout en continuant de s’entraîner et de rêver aux combats à venir qui lui permettront de briller pour quelques dernières fois. 

Puis, au moment où Hart explique qu’il est bien conscient que sa fin de carrière ne lui assurera jamais ce à quoi il pouvait légitimement aspirer à une autre époque, le boxeur y va d’une affirmation lancée comme ça, que plusieurs érudits n’arriveront jamais à formuler, et ce, malgré des années et des années à jouer avec les mots: « C’est la seule affaire qui ne coûte rien, rêver».

Enfin, au risque de sonner comme un vieux disque nostalgique coincé dans le passé, avouons que ça manque quand même dans le paysage de voir, une fois de temps en temps, le monde à travers les yeux de personnages comme Falardeau.