Qu’est-ce qu’on peut faire quand ça nous prend ?

Il vit en moi

CHRONIQUE / Je le sens vivre en moi.

Il se propage dans mon torse, mais surtout, il est là, quelque part entre ma gorge et mes sinus.

Mais de quoi s’agit-il?

Est-ce l’Esprit saint? Est-ce de l’amour? Est-ce le courage?

Non. Juste un début de rhume, mais croyez-moi, il ne sera pas jojo si je me fie à ce que mon amoureuse a traversé dans les derniers jours.

Alors hop, qu’est-ce qu’on peut faire quand ça nous prend? 

Eh bien!, soyons réalistes et disons qu’en fait, j’ai déjà perdu le combat et que la seule marge de manoeuvre sur laquelle j’ai encore un peu d’emprise, c’est la dignité avec laquelle je mènerai cette longue défaite.

D’ailleurs, il y a plusieurs écoles de pensées quant à « comment combattre un rhume ».

Il y a les durs de durs qui décident de « néyer » leur grippe en buvant de l’alcool fort, mais comme je dois une grande partie de mes talents d’acteur à l’art de camoufler à ses amis qu’on va peut-être dégobiller après un seul shooter, ça s’annonce mal pour noyer cette grippe.

En fait, au rythme où je bois (mes amis à l’adolescence avaient même inventé un terme pour qualifier des petites gorgées qu’ils appelaient affectueusement « des petites Joël »), je l’arroserais davantage que je mettrais son existence en danger. Et plus j’y pense, en l’arrosant ainsi, je risquerais seulement de donner l’impression à mon rhume que je veux faire copain-copain avec lui et le garder auprès de moi pour les années à venir.

Évidemment, il y a aussi l’école du bon élève. Ça, c’est l’école du gars qui a justement tout lu les articles à sa disposition sur les façons de tuer un rhume efficacement et qui va alors s’hydrater de façon compulsive tout en maximisant tout son temps libre en le dédiant au sommeil.

Ici, je tiens à spécifier que pour avoir expérimenté cette stratégie il y a un an ou deux, ça s’était révélé plutôt efficace, or au beau milieu du temps des Fêtes comme ça, c’est là une option presque impossible à envisager.

Sinon, il y a aussi l’école des trucs de grand-mère. À cet effet,  Vanessa, la coanimatrice de La vie en général (ça, c’est le podcast que je coanime et oui, vous pouvez m’accuser de plogue gratuite), nous apprenait récemment dans une chronique qu’un moyen efficace de tuer un rhume était de s’insérer une gousse d’ail à un endroit très intime que les hommes et les femmes possèdent. Deux indices: c’est un orifice et ce n’est pas la bouche.

Mais bon, outre la manoeuvre qui pourrait rebuter bien des gens, il y a aussi le fait qu’il semble que cette méthode fait en sorte que vous vous transformez en véritable pain à l’ail ambulant pendant deux jours et dans la liste des choses en lesquelles je ne souhaite pas vraiment me transformer, disons que le pain à l’ail est probablement dans le top-10.

Alors que reste-t-il? Eh oui… La stratégie de la grippe d’homme. Et là, n’allez surtout pas croire que je me suis trompé en transformant soudainement un simple rhume en grippe d’homme. Et puisqu’on en parle, oui c’est limite sexiste de croire qu’il existe une grippe plus difficile à supporter qui est pratiquement réservée aux hommes, mais disons que c’est du sexisme inversé. 

Le truc, c’est qu’une grippe d’homme, ce n’est qu’un rhume maltraité et mal traité. Un rhume qui a gagné en importance en raison de la négligence de son hôte. Et cette négligence, par quoi est-elle causée? En grande partie par cet orgueil masculin. Le même qui nous fait prendre des décisions ridicules aux conséquences tout autant ridicules. Cet orgueil nourri par des pulsions primitives qui nous poussent à vouloir démontrer que nous sommes au-dessus de tout.

Alors voilà. Pour les prochains jours, je vais affronter la bête. Certes, je pourrais dormir et me reposer. Mais bon, j’aime mieux démontrer à mes proches que je suis fort et que ce n’est pas une petite grippe d’homme qui va m’empêcher de célébrer la fin de l’année plutôt que d’être le gars qui a dû rester à la maison parce qu’il a un rhume.

Maintenant, que le combat débute.