Marcel Gotlib en mai 2005

Gotlib est éternel

CHRONIQUE / La vie est parfois ironique.
Mais bon, remettons les choses en perspective.
Voilà donc qu'au début de la semaine passée, j'étais là devant les bandes dessinées à la bibliothèque.
Le truc, c'est que je venais tout juste de dévorer l'adaptation du roman Le Fléau de Stephen King. Ça m'avait fait un bien fou, car ma relation avec ce roman me perturbait depuis une vingtaine d'années.
J'en avais débuté la lecture alors que j'avais peut-être seize ans et disons-le, le récit m'avait complètement fasciné. Or, je ne sais plus trop pourquoi, mais quelque chose m'avait interrompu alors que j'étais au tiers de cette oeuvre assez costaude.
Puis, au fil des années suivantes, l'idée de recommencer la lecture de ce roman me hantait régulièrement et chaque fois, je baissais les bras en pensant au fait que je devrais me retaper les quelque 400 premières pages pour enfin connaître la suite de ce récit.
Ainsi, après 20 ans de suspense, j'ai enfin trouvé chaussure à mes pieds en découvrant à la bibliothèque cette adaptation très fidèle du roman en douze bandes dessinées.
Alors voilà, j'étais là à la bibliothèque devant les bandes dessinées et je me disais que ça ne serait peut-être pas une mauvaise idée de continuer dans la même veine en me lançant dans une nouvelle série.
Et puis hop, c'est là que mon oeil a été attiré vers des bédés de Gotlib.
Tout d'un coup, il y a des dizaines de soirées de rigolades qui me sont revenues en tête.
Bordel qu'il m'avait fait rire ce gars.
Et comme à l'habitude lorsque de tels bons souvenirs refont surface, j'ai pensé : « Je ne sais pas il est mort depuis quand Gotlib ? »
Or, je ne sais pas pourquoi, mais alors que j'aurais habituellement fouillé sur mon téléphone afin de connaître la réponse, j'ai pensé : « Pas grave, ce gars est éternel ».
Maintenant, la suite, vous la connaissez. Le lendemain, le destin se chargeait de répondre à ma question en m'apprenant qu'en fait, Gotlib venait tout juste de mourir.
« Pas grave, ce gars est éternel », que je me suis dit.
Et puis, ça m'est revenu. 
Ouais, c'est pour ça que j'avais arrêté de lire Le Fléau à l'époque. J'étais justement tombé dans Gotlib.
Je vous le dis les amis, c'est parfois à croire que la vie a fait l'École nationale de l'humour.
Changement de sujet
Je vous dis ça comme ça, mais quand un chroniqueur ou un donneur d'opinions se pète les bretelles en racontant qu'il a reçu bien des courriels, c'est souvent une ruse pour sous-entendre que son dernier papier a bien fonctionné et tout le tra la la. Même que généralement, l'affirmation « j'ai reçu beaucoup de courriels » relève davantage de la figure de style. Il y a peut-être un ou deux courriels de la part des lecteurs, mais bon...
De fait, en ce qui me concerne, j'en reçois parfois un ou deux de temps en temps et maintenant, vous m'excuserez si jamais vous faites partie de ces lecteurs ou lectrices à qui je n'ai jamais répondu.
Et ici, la raison est d'une simplicité désolante. Comme il faut changer son mot de passe tous les mois, je perds chaque fois mon nouveau mot de passe en me disant que celui-là, je ne l'oublierai pas.
Donc voilà, si vous recevez une réponse de ma part en lien avec un vieux courriel datant de 2015, c'est que dans les heures précédentes, je me serai enfin décidé à demander un nouveau mot de passe.
Alors hop, c'est pas votre faute, c'est à cause du système.