Fou de pain de viande

CHRONIQUE / Il y a quelques semaines, j’écoutais l’excellent podcast Sous Écoute, produit et animé par Mike Ward, et voilà que l’humoriste expliquait qu’il était du genre à apprécier le « vieux manger ».

Évidemment, écrit comme ça, c’est peu ragoûtant, mais par « vieux manger », il signifiait ces plats que nous mangions régulièrement à cette époque où les restaurants offraient autre chose que de la restauration rapide et bien entendu l’incontournable PPP, c’est-à-dire, poulet-pâtes-pizza.

Disons que ça m’a interpellé, parce que ce sont justement de ces plats que je raffole dans la vie.

À titre d’exemple, j’ai toujours capoté à m’empiffrer de bon pain de viande et de patates pilées. D’ailleurs, un de mes grands plaisirs dans la vie est de morceler mon pain de viande pour ensuite le mélanger à mes patates pilées pour en faire une espèce de bouillie que je ne mangerais jamais si on me la servait ainsi.

Pour la petite histoire, je fais ça aussi avec mon poulet, ma sauce barbecue et mes patates pilées quand j’en ai l’occasion.

Sinon, en ce qui concerne le « vieux manger », je raffole bien entendu du pâté chinois et du macaroni à la viande, mais ça, je ne suis pas certain que ça pourrait être considéré comme tel.

Toutefois, je suis à peu près certain que le ragoût en fait partie, et devinez quoi, j’en suis fou.

J’imagine que la bonne vieille tourtière du Lac compte aussi dans cette catégorie.

Maintenant, pour le lecteur ou la lectrice de plus de 30 ans, il n’y a rien de bien exotique dans ces choix de menus. Or je n’ai aucune difficulté à croire que d’ici quelques années, plusieurs de ces plats pourraient être destinés à sombrer dans le folklore.

Je vous dis ça, car comme j’ai habité une grande partie de mon enfance dans le logement en haut de mes grands-parents et que je dînais régulièrement chez eux, j’ai souvenir que mon grand-père ingérait parfois des plats qui semblaient sortis tout droit d’une autre époque.

Et là, pas besoin de chercher bien longtemps, car lorsque je pense à un plat digne d’un musée. Le fameux boudin me revient rapidement en mémoire.

Alors que pour les générations précédentes, le boudin était perçu comme étant un plat aux propriétés riches et qu’il arrivait même que certaines personnes en raffolent sincèrement, pour un type comme moi qui est né en 1980, le fait de manger du boudin n’est considérable que si je suis piégé dans un bunker en pleine guerre nucléaire et que tout ce qu’on peut se mettre sous la dent est justement du boudin.

Dans le même ordre d’idées, si l’on part du fait qu’il y a un réel mouvement chez la population, qui tend de plus en plus à adopter une alimentation végétarienne, on peut déjà présumer que le fameux pain de viande pourrait éventuellement subir un sort similaire que celui auquel le boudin a été destiné.

D’ailleurs, ça peut sembler plutôt con comme réflexion, mais je serais curieux de voir à quoi ça ressemble un pain de viande végétarien. Et en ce qui concerne le goût, disons que je préfère vous croire sur parole.

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Puisqu’on parle de bouffe en voie d’extinction, je vais vous partager cette amusante histoire.

Il y a quelques années, ma blonde et moi, on raffolait des barres de chocolat Caravan. 

Et puis hop, un soir, je vais au dépanneur chez Madame Gagnon, et voilà que Kathy m’apprend une nouvelle choc : ils vont arrêter de produire et de vendre les Caravan.

Vous dire à quel point ça m’avait navré.

Mais voilà qu’au dernier réveillon de Noël, on nous avait offert une boîte de chocolats provenant du Coeur Fondant. Comme je suis allergique aux cachous, piger dans une boîte de chocolats s’apparente pour moi à jouer à la roulette russe.

Alors hop, comme je me sentais aventurier, j’ai donc pigé un chocolat et j’ai mordu dedans, souhaitant très fort qu’il ne contienne aucun cachou.

C’est alors que ce goût que je ne pensais jamais retrouver est apparu dans ma bouche.

Je n’ai rien dit et j’ai insisté pour que ma blonde y goûte, et la seconde d’après, nous hurlions de joie : « Ce sont des Caravan ! »

Ça peut sembler exagéré, mais ç’a vraiment été un feeling étourdissant de vivre ça.

Sauf que j’ai oublié de noter la saveur...