Le 25 mars 1980, Gaétan Hart a raflé le titre canadien des poids légers, devant Nick Furlano.

Devenu possédé!

CHRONIQUE / Je ne devrais peut-être pas vous raconter ça, mais bon, il faudra bien un jour que je vous le raconte. Allons-y. Le truc, c’est que chaque fois que je vous fais part d’une de mes résolutions, il arrive souvent que dans les jours qui suivent, tout s’effondre. À titre d’exemple, il y a plusieurs mois de ça, je vous avais fièrement annoncé que j’avais entamé une lutte sans pitié contre ma dépendance aux chips, et quelques semaines plus tard, voilà que je sombrais comme jamais dans l’enfer des Ruffles all dressed.

Or, cette fois-ci, je commence à croire que c’est du solide. 

Et pour être franc avec vous, le fait de garder « secrète » ma résolution a presque été plus difficile que de faire honneur à ma résolution.

Tout ça a commencé à mûrir dans mon esprit en décembre, lorsque je suis tombé par hasard sur Le Steak de Pierre Falardeau, un passionnant documentaire sur le boxeur Gaétan Hart, dont je vous avais brièvement jasé dans une chronique.

Dans les semaines qui ont suivi mon visionnement, je repensais souvent à ces images de Hart, joggant dans la rue tout en boxant dans le vide. J’ignore pourquoi, mais c’était comme si cette vision s’était transformée en une espèce d’idéal.

Alors, tout ça a mijoté dans ma tête pendant le temps des Fêtes, puis par un dimanche après-midi de janvier, j’ai décidé d’investir dans ma santé en achetant une espèce de support qui transforme temporairement votre bicyclette en vélo stationnaire.

Ainsi, du jour au lendemain, je suis passé de gars qui prenait sa marche relax tous les soirs au gars qui se pète 30 minutes de vélo chaque jour de semaine. Et ici – que tous les lecteurs et lectrices se rassurent –, je n’ai pas pour autant abandonné mes marches de soirée.

Sinon, j’ai considérablement « slaqué » sur les chips, mais pas complètement quand même, et ce, afin d’éviter qu’une fois mon objectif atteint, je replonge. D’ailleurs, j’ai aussi appris à me concocter des chips de pitas, et c’est pratiquement le même feeling, mais avec au moins le tiers de calories que j’ingérerais en temps normal.

Je ne vous cacherai pas que les premières semaines ont été un peu bizarres. D’un côté, j’étais transporté par cet enthousiasme à l’idée que dans quelques mois, je retrouverais une silhouette digne de ce nom, mais de l’autre côté, il y avait toujours cette tentation de me laisser abattre, compte tenu des résultats qui n’avaient rien de miraculeux.

Heureusement, c’est en fouillant ici et là à ce sujet que j’ai découvert que la meilleure façon de prendre du poids, c’était d’en perdre rapidement. 

Nous sommes donc trois mois après cette journée de janvier, et bien que j’aurais aimé vous annoncer que j’ai déjà atteint mon objectif, je dois pour le moment me contenter d’avoir réalisé les deux tiers de l’objectif que je m’étais fixé. Et pour ceux et celles qui aiment les chiffres, ça signifie une vingtaine de livres sur trente.

Pour certains, ça peut quand même sembler considérable comme perte de poids, alors que pour d’autres, ça ne serait que le début d’une très longue aventure. Toutefois, en ce qui me concerne, ça ne compte plus vraiment pour dire vrai, car ce que j’ai appris dans les derniers mois, c’est que tout ce que j’ai fait pour mon corps, celui-ci me l’a rendu d’une certaine façon.

À titre d’exemple, mon corps m’a rapidement remercié en réduisant mes douleurs chroniques au dos d’environ 90 %. Juste ça, vous pouvez me croire que ça vous botte le derrière chaque jour pour continuer à prendre soin de soi.

Tout ça, c’est quand même fou, car j’ai remarqué que maintenant, j’ai parfois des pensées de sportif, comme si j’étais possédé par l’esprit de Pierre Lavoie. Par exemple, lorsque je passe devant le lave-auto à proximité de ma maison, je vois souvent ces hommes ventripotents qui s’occupent de leur voiture comme si leur vie en dépendait, alors qu’en fait, je me dis que la voiture dont ils devraient s’occuper d’abord, c’est de leur santé. 

Parce qu’une fois que le coeur lâche, on ne va pas au paradis dans sa voiture propre.

Une chose est certaine : s’il faut y aller en vélo, je risque de plutôt bien m’en tirer maintenant.