Notre chroniqueur est allé voir le film Kong: Skull Island.

Déconseillé aux jeunes enfants

CHRONIQUE / La vie est parfois bien faite.
Voilà qu'il y a une semaine, j'avais prévu aller au cinéma avec mon fils.
Depuis déjà plusieurs semaines, il voyait traîner ici et là mes revues de cinéma d'horreur et disons-le, il avait été grandement titillé par la couverture de Mad Movies sur laquelle trônait l'impressionnante photo de King Kong.
À ce sujet, je comprenais plutôt bien sa fascination, car voyez-vous, depuis que je suis tout petit, j'ai toujours eu une obsession pour les films mettant en vedette des créatures gigantesques. Qu'il s'agisse du bon vieux Kong, de Godzilla, de Cloverfield ou même des immenses Kaijus dans le très moyen Pacific Rim, chaque fois que j'assiste à un tel spectacle, je redeviens le temps d'un film le gamin que j'étais à l'époque.
Alors hop, quand mon fils m'a prié de l'amener avec moi pour aller voir Kong: Skull Island au cinéma, mon coeur s'est soudainement divisé en deux. D'un côté, il y avait mon coeur de papa cool qui se disait : « Ben pourquoi pas? » et de l'autre, il y avait celui du papa responsable qui se demandait : « Est-ce vraiment de bon ton? ».
Donc, comme je vous disais d'entrée de jeu, la vie est parfois bien faite et elle me l'a bien démontré dimanche dernier lorsqu'à quelques minutes d'aller au cinéma, mon fils a soudainement décidé qu'il préférait jouer avec son pote Xavier plutôt que de m'accompagner.
Car voilà que quelques jours plus tard, je suis enfin allé visionner Kong: Skull Island et entre vous et moi, je serais certainement ressorti du cinéma avec un enfant traumatisé pour bien longtemps s'il m'avait accompagné.
Comme je présume que vous êtes possiblement en train de déjeuner alors que vous lisez cette chronique, je vais vous épargner les détails, mais pour vous faire une histoire courte, on est bien loin du King Kong de 1933 où les victimes de King Kong étaient présentées de façon plutôt suggestive.
Maintenant, en tant que fan fini de cinéma d'horreur, j'étais évidemment ravi, mais chaque fois qu'une de ces scènes apparaissait à l'écran, je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir une pensée pour ces autres parents qui n'avaient pas eu la même chance que moi.
Le truc, c'est que si on porte bien attention à la fiche du film à la Régie du cinéma, on a droit à un beau G (général) accompagnée d'une mention « Déconseillé aux jeunes enfants ». Jusqu'ici, je croyais qu'une telle mention n'était qu'une mesure de sécurité afin de se prémunir d'une éventuelle réaction de la part d'âmes trop sensibles, mais je vais vous avouer que suite à cette expérience, j'ai compris que ce n'était pas à prendre à la légère.
D'ailleurs, depuis que mon fils a atteint un âge où il est de plus en plus en mesure de comprendre certaines subtilités, je réalise souvent avec effroi que les films que je visionnais dans mes jeunes années n'étaient vraiment pas toujours appropriés. On n'a qu'à penser à certains classiques de l'époque qui mettaient en vedette Arnold Schwarzenegger et croyez-moi, on ne donnait vraiment pas dans la dentelle.
Cela dit, ce n'est pas parce qu'on a été exposé à ces oeuvres à un si jeune âge que nous sommes tous devenus des psychopathes, or à l'époque où nous vivons, il y a déjà assez de violence dans la vraie vie pour que l'on puisse se permettre d'épargner une dose supplémentaire à nos enfants. À titre d'exemple, les nouvelles télévisées font déjà très bien le boulot en ce sens. Et dans ce cas précis, c'est du 100% réel. Disons qu'on est bien loin d'un gorille en images de synthèse.
Alors voilà, comme je vous disais, la vie est parfois bien faite et dans le cas échéant, elle n'a malheureusement rien à envier aux pires films. Même le King Kong de 1976.