Billy: poèmes chiens

CHRONIQUE / Je me doutais bien que l’arrivée de Billy le chien dans notre famille changerait quelques trucs ici et là, mais pour être bien honnête avec vous, ma célèbre candeur m’a joué une fois de plus un sacré tour.

Du jour au lendemain, vous vous retrouvez avec cette bête qui ne souhaite qu’une chose: devenir votre meilleur pote. Évidemment, sur papier, ça peut sonner plutôt intéressant, mais en pratique, c’est beaucoup moins simple que ça en a l’air.

Le truc, c’est que votre nouveau meilleur pote, il faut tout lui apprendre. C’est pas comme l’ami que vous avez croisé un jour au petit bar du coin et que, de fil en aiguille, vous avez appris à connaître. Et puis, ce n’est pas non plus comme un nouveau iPad, qui n’a seulement besoin que d’une simple mise à jour de quelques minutes au premier démarrage.

En fait, votre nouveau meilleur ami, vous devrez essentiellement tout lui apprendre, car tout ce qu’il a comme bagage, c’est son instinct.

Comme je vous avais raconté dans une précédente chronique, il faut tout d’abord lui apprendre la propreté. Et croyez-moi, à la longue, ça peut sacrément mettre à rude épreuve votre patience.

Ensuite, ça peut être l’objet de plusieurs disputes. Par exemple, rien de mieux qu’un sympathique sac à puces pour donner des munitions à votre voisine qui cherche constamment des poux aux autres voisins.

Et sinon, je vais vous avouer que c’est plutôt surprenant à quel point un chien peut faire grimper la tension lors d’un souper de famille au camping.

Mais tout ça, on l’oublie assez rapidement, pour vous dire vrai.

Je vous dis qu’on l’oublie rapidement, parce que voyez-vous, même quand j’en ai plein le casque de ma journée, il suffit que je croise le regard (un peu idiot) de Billy, qui me fixe, avec sa grande langue sortie de la gueule, pour que je retrouve le sourire.

Aussi, les nuits où je passais tout droit et que je me réveillais en sursaut sur le divan, à 5h30 du matin, sont maintenant choses du passé, car chaque fois que je me risque à m’endormir sur le divan, je sais que Billy finira par me réveiller par quelques coups de sa longue langue sur mon nez. Certes, c’est un peu dégoûtant, mais croyez-moi, ça réveille!

Billy me force aussi à me promener davantage dans le quartier le jour. Presque chaque fois où je m’aventure avec lui, je finis par piquer des jasettes avec des voisins à qui je n’avais jamais encore parlé, depuis sept ans. On parle de Billy, on parle de leur chien ou du chien d’un de leurs amis, mais bon, on se parle.

Et puis, les rares fois où nos promenades ne provoquent pas une discussion avec des voisins, Billy finit par m’amener dans un recoin du quartier que je n’avais jamais exploré. Jusqu’ici, on n’a trouvé que de vieux Kleenex et de vieux emballages de croustilles, mais j’imagine qu’on finira bien par découvrir un artéfact ou, qui sait, peut-être bien un squelette d’extra-terrestre!

Quand j’y repense, ça ne fait que deux mois que Billy est arrivé dans notre vie. Et déjà, j’aurais de la difficulté à imaginer la maison sans lui. Et puis, quand je dois partir à l’extérieur, je me surprends parfois à me demander ce que Billy est en train de faire.

Quant à Charlot, même s’il aime bien casser du sucre sur son dos, vous devriez voir son grand sourire quand il lui file incognito une bouchée de son souper afin de quitter la table plus rapidement.

Nous, on est là à lui dire de ne pas faire ça, mais je ne suis pas mieux que lui, car chaque matin, je me fais un malin plaisir de lui filer ma dernière bouchée de toast à la confiture de bleuets. Il aime bien aussi les chips au barbecue, mais à son grand malheur, je n’en mange plus autant qu’à l’époque où je collectionnais les kilos en trop.

En vous racontant tout ça, ça m’a fait penser que pendant mes prochaines vacances, je devrais me replonger pour une dixième fois dans Buster: poèmes chiens de Pierre Demers. Chaque fois, ce recueil me touche tout droit au coeur. J’imagine qu’en le relisant, Buster sera maintenant interprété par Billy dans le film qui jouera dans ma tête. J’ai déjà hâte de voir ça!