Chroniques

Rendez-vous avec le traversier

CHRONIQUE / L’an dernier, lors de mon tout premier périple en Gaspésie, presque chaque fois que je faisais part de mon intention de revenir au Saguenay–Lac-Saint-Jean en passant par le traversier de Rivière-du-Loup, on finissait par me mettre en garde d’arriver extrêmement en avance afin de m’assurer d’avoir une place.

Comme je ne possède aucune faculté pouvant s’apparenter au sens de l’organisation, j’ai toujours le réflexe de me braquer lorsqu’une situation exige un minimum de préparation. Alors hop, j’avais préféré me taper toute la route au lieu de me buter à un éventuel manque de places lors de mon arrivée au traversier.

Opinions

Histoire de clous

CHRONIQUE / Peu avant le début de mes deux semaines de vacances, j’avais dressé une espèce de liste de choses à faire pendant mes congés et parmi les objectifs que je m’étais fixés, j’avais la ferme intention de finir d’arracher les clous au plafond de mon sous-sol.

Pour la petite histoire, mon amoureuse et moi avions décidé de rénover nous-mêmes notre sous-sol au printemps et comme vous l’aviez certainement deviné, le projet avait quelque peu traîné.

Joël Martel

Un soir à la station-service

CHRONIQUE / Un vendredi soir à Boucherville. Je suis installé devant l’hôtel à griller des clopes pendant que mon amoureuse et Charlot dorment dans notre chambre, puis c’est là que je me dis que ça ne serait pas une mauvaise idée d’aller leur chercher des jus et des muffins pour qu’ils aient quelque chose à se mettre sous la dent au petit matin.

Je traverse donc la rue et au moment de me rendre à la porte de la station-service, un type tout vêtu de blanc se pointe aussi en direction de la porte, mais avec un léger décalage d’une seconde. J’ouvre donc la porte et tout en lui faisant un sourire tout ce qu’il y a de plus cordial, je lui fais signe que c’est ma tournée et qu’il peut rentrer.

Joël Martel

Êtes-vous psychopathe ?

CHRONIQUE / Il y a quelques semaines de cela, mon chien Billy m’a fait un merveilleux cadeau en m’offrant le livre intitulé Êtes-vous psychopathe ?. À l’origine, j’avais emprunté ce bouquin à la bibliothèque, mais voilà qu’un matin, Billy a eu envie de le lire et pour vous dire vrai, il l’a tellement apprécié qu’il l’a dévoré en partie.

Pour ma part, j’avais très hâte de parcourir ce bouquin, étant donné qu’il a été écrit par Jon Ronson, un auteur dont je vous avais parlé il y a quelques mois à la suite de ma lecture de La Honte, où il est question de ces personnes qui ont subi une humiliation publique par l’entremise des réseaux sociaux.

Chroniques

Le diable est dans les détails

CHRONIQUE / Les premières fois que ça arrive, on n’y fait pas vraiment attention. Un jour, on est là à écrire un courriel ou un texte, puis en se relisant, on se rend compte qu’un « e » manque à l’appel et c’est tellement banal qu’on corrige le tout sans même se demander s’il y a quelque chose qui cloche.

Parfois, il peut se passer des jours et même des semaines avant que ça ne se reproduise et ces « e » fantômes sont si espacés que chaque fois, on finit par se dire que c’est l’ordinateur qui n’arrive pas à nous suivre, étant donné qu’on écrit trop vite pour lui.

Joël Martel

Vivre avec les fourmis

CHRONIQUE / Chaque été, c’est la même chose. Ça commence avec une seule fourmi qu’on voit passer rapidement sur le plancher, puis, du jour au lendemain, on se rend compte que la maison est devenue une autoroute de fourmis.

Je vais vous avouer que la première année où on a été envahis, c’était la panique générale. On avait nettoyé la maison de fond en comble afin de s’assurer que les fourmis ne trouveraient plus la moindre miette de quoi que ce soit, puis je m’étais rendu au magasin pour aller acheter un tas de produits afin d’éliminer complètement ces envahisseurs.

Joël Martel

La satisfaction d’une B.A.

CHRONIQUE / J’étais allé chercher quelques trucs à l’épicerie et juste avant de sortir, alors que je vérifiais si j’avais bien mes clés de voiture sur moi, il y avait cette dame qui était installée devant les chariots et elle traînait avec elle un gros sac d’épicerie et une espèce de valise de voyage sur roulettes qui était remplie d’articles qu’elle venait d’acheter.

La dame a alors gentiment demandé à une cliente qui passait devant elle si elle pouvait lui rendre service en la reconduisant jusqu’à sa maison, mais celle-ci s’est contentée de lui lancer un « non » glacial. La dame a alors répété sa demande à une seconde cliente et celle-ci l’a ignorée.

Chroniques

Faut pas niaiser avec ça

CHRONIQUE / C’était une des premières vraies nuits d’été et au bord du feu, il n’y avait plus que Marie-Lise et moi.

Ce jour-là, on avait célébré l’anniversaire de ma future épouse et j’ignore quelles routes de discussion nous avons pu emprunter, mais à un certain moment, on en est venu à parler de testament.

Chronique

Plus qu’un vol d’argent

CHRONIQUE / Je ne me souviens plus en quelle année j’étais, mais je peux vous dire sans me tromper que c’était au primaire.

Un jour, notre enseignante nous avait parlé de l’histoire d’Alphonse Desjardins et de ses caisses populaires et, par la suite, on nous avait remis un petit livre à cet effet. J’ai dû lire ce bouquin au moins une dizaine de fois parce que ça me rassurait de savoir que dans mon petit coin de pays, un type était parvenu à mettre en place tout un réseau qui prenait en considération les gens moins nantis tout en les aidant à réaliser leurs rêves de grandeur.

Chroniques

Panique pour une tique

CHRONIQUE / Je travaillais ce jour-là, mais comme j’avais pris un peu d’avance sur ma journée, j’avais décidé d’aller profiter quelques minutes du soleil qui se fait plutôt rare.

Julie et moi, on venait de s’exclamer de bonheur après avoir réalisé que ça s’annonçait comme étant une journée plutôt relax quand soudainement, j’ai entendu mon amoureuse pousser un vrai cri d’horreur.

Chroniques

SVP et merci !

CHRONIQUE / Quand je vais à l’épicerie avec Billy le chien, je répète toujours le même rituel. Je m’assure tout d’abord que les fenêtres sont assez ouvertes pour qu’il puisse se sortir la tête et renifler ce qu’il y a autour et, ensuite, une fois que je sors de la voiture, je lui flatte doucement la tête en lui disant de ne pas s’inquiéter, que je serai de retour dans deux ou trois minutes. Ce que Billy ne sait pas, c’est qu’en fait, je laisse les fenêtres tellement grandes ouvertes qu’il pourrait tout simplement bondir de la voiture pour venir me rejoindre, mais bon, on ne s’en plaindra pas.

Quant au bref instant où je lui flatte sa tête de velours, je sais par expérience que si je saute cette étape, Billy va se mettre à japper en me voyant partir et, dans ces moments, j’imagine qu’il tente de me dire un truc du genre : « Hey ! Me laisse pas là, mon pote ! Tu t’en vas ou quoi ? »

Chroniques

Le parano déchiré du Tim Hortons

CHRONIQUE / Ce soir-là, une petite pluie s’était mise de la partie, et j’avais décidé de relever la capuche de ma veste afin de ne pas mouiller mes cheveux, que je ne coiffe jamais soigneusement.

Comme tous les soirs, lorsque je vais marcher, j’ai fini par m’allumer une cigarette artisanale faite de tabac de course, puis après une ou deux bouffées, je me suis souvenu qu’on avait oublié d’acheter du café et qu’étant donné que les épiceries étaient fermées, je devrais effectuer un détour vers un Tim Hortons pour y acheter un sac afin d’éviter un de ces matins apocalyptiques où IL N’Y A PLUS DE CAFÉ.

Chronique

Ces artistes qui font briller les autres

CHRONIQUE / On dit souvent que l’une des activités préférées d’un artiste, c’est de parler de lui-même et de ses créations. D’ailleurs, si vous avez très peu d’artistes dans votre entourage, il y a de grandes chances que vous puissiez être de cet avis, car même si cette boutade ne s’applique pas nécessairement à tous les artistes, il n’en demeure pas moins que c’est une tendance lourde chez ce type d’individus. Et là, avant qu’on ne me lance des roches, j’aimerais seulement préciser que je tombe moi-même très souvent dans ce piège, mais j’essaie quand même d’y faire attention.

Il y a donc les artistes qui aiment parler d’eux ; il y a ceux qui sont plus discrets à cet égard, mais on trouve aussi une catégorie très à part et il s’agit des artistes qui aiment parler des autres artistes. Nicolas de la Sablonnière fait justement partie de cette catégorie et ainsi, en plus d’être un artiste visuel dont le talent est vraiment indéniable, il est très doué aussi pour faire briller le talent des autres.

Joël Martel

Surestimé par la voisine «pas fine»

CHRONIQUE / On ne peut pas aimer tout le monde et tout le monde ne peut pas nous aimer.

En ce qui me concerne, ça m’aura pris beaucoup d’années avant de finir par saisir ce concept, mais si jamais vous cherchez deux façons plutôt faciles de bien l’assimiler, vous pouvez devenir chroniqueur, ou sinon, avoir des voisins.

Chroniques

Raconter des histoires aux morts

CHRONIQUE / S’il y a une chose que j’ai détestée au plus haut point durant mes années à l’école primaire, ce fut sans aucun doute les périodes de récréation où on nous obligeait à jouer au ballon-chasseur. Et pourtant, plus j’y repense, plus je réalise que j’ai beaucoup appris grâce à ce jeu débile.

D’entrée de jeu, je dois quand même admettre que je suis plutôt chanceux que mes pires souvenirs de l’école primaire se limitent à cela. En effet, à la différence de plusieurs personnes qui m’ont confié avoir vécu l’enfer au cours de ces années, j’étais un de ces élèves qui s’en tiraient plutôt bien, étant donné que j’apprenais plutôt facilement et que j’avais généralement de bonnes notes.

Chroniques

J’ai succombé à «Mon ami Walid»

CHRONIQUE / J’étais plus ou moins intéressé à visionner le film Mon ami Walid, mais après avoir vu passer une publication à son sujet dans un groupe de cinéphiles sur Facebook, je vais vous avouer que ça m’a soudainement fait changer d’avis. Le truc, c’est que l’internaute semblait tellement scandalisé par son expérience de visionnement que ça m’a interpellé, un peu au même titre que lorsqu’on vous dit de ne surtout pas regarder de l’autre côté de la rue, car un grave accident de voiture vient de se produire.

Ma curiosité morbide m’a donc fortement encouragé à bondir sur ce film et alors que je m’étais apprêté à être témoin d’une catastrophe sans précédent, je vais vous avouer que ça m’a plutôt plu. Peut-être pas au point de demander de le revoir sur mon lit de mort, mais je suis quand même d’avis qu’entre me taper un défilé de splendides costumes d’époques et de personnages historiques interprétés par les cinq mêmes vedettes qu’on voit toujours à la télé, je préfère amplement voir un film où ça tire un peu partout et tout croche.

Joël Martel

Une vraie journée de chien

CHRONIQUE / En gros, on peut dire que ç’a été une journée de chien.

Ç’a donc débuté au petit matin lorsque j’ai entendu Julie m’annoncer que Billy avait pris la poudre d’escampette. Généralement, quand il fait ça, il va renifler la maison de Cédrick, il essaie de trouver son amie Sammy, il va voir ensuite sa blonde Stella à deux ou trois maisons de là, et puis hop, il revient en gambadant.

Chroniques

Libéré de la pression de Fortnite

CHRONIQUE / Fortnite est officiellement sorti de la maison et vous savez quoi ? Mon garçon est toujours en vie !

Il faut savoir que ça faisait déjà un bout de temps que l’idée de bannir Fortnite de la maison mijotait dans la tête de mon amoureuse et de la mienne, mais bon, si vos enfants y jouent, vous connaissez certainement la chanson ? On finit par s’entendre qu’il y aura des « horaires de Fortnite » très stricts et qu’à l’extérieur de ça, il n’y aura pas de spécial. Et puis hop, un jour, pendant qu’on a mille choses à faire et qu’on n’en voit pas le bout, on permet une petite heure de plus ici et là et peu de temps après, on se rend rapidement compte qu’on est revenus à la case départ.

Chroniques

Le sac à souvenirs

CHRONIQUE / « Avant, les bizarres restaient en bas, mais depuis quelques années, ils ont commencé à monter, mais ils ne sont pas encore arrivés ici ». Ça, c’était Sylvain qui nous indiquait le centre-ville alors qu’on discutait avec lui sur le trottoir, au coin des rues Jacques-Cartier et Bégin, à Chicoutimi.

Je me souviens qu’à ce moment-là, Julie et moi, on s’était lancé un drôle de regard, du genre « est-ce qu’il blague ? », puis c’est là que Sylvain nous avait annoncé que si on souhaitait avoir l’appartement, il fallait payer un mois à l’avance, car il y avait déjà des personnes intéressées.

Chroniques

Proprios de pick-up et ouverts d’esprit

CHRONIQUE / La semaine dernière, j’ai interrogé les propriétaires de pick-up quant à leur intérêt pour d’éventuels modèles électriques et pour vous dire vrai, j’ai été agréablement surpris par les réponses que j’ai obtenues.

Tout d’abord, en matière de quantité, je dois vous dire que vos nombreuses réponses ont largement dépassé mes attentes.

Chroniques

Hé! Vous qui êtes dans le futur...

CHRONIQUE / Ça faisait depuis qu’on avait acheté la maison que ma future épouse et moi, on se disait qu’il faudrait faire quelque chose un jour avec notre sous-sol.

Je me souviens que dans les premières semaines, j’étais parti sur un coup de tête pour acheter une espèce de futon dans l’espoir de commencer à créer un truc qui ressemblerait à un salon souterrain, mais finalement, le vendeur était parvenu à me convaincre d’acheter le meuble le plus surréaliste de l’histoire du mobilier.

Chroniques

Passer sa retraite à l’hôtel

CHRONIQUE / Il y a quelques jours de cela, j’ai effectué un séjour à l’hôtel en compagnie de mon amoureuse et alors que je déambulais en soirée dans les longs couloirs de l’établissement, il y a cette histoire que j’avais lue en février qui m’est revenue en mémoire.

Cette histoire, c’était un de ces trucs insolites qui part d’une publication Facebook virale et qui finit par être relayé par tous les sites qui carburent aux bons sentiments et autres choses qui font du bien à l’âme.

Chroniques

Un pick-up fait pour moi

CHRONIQUE / J’aimerais mener un petit sondage maison auprès des propriétaires de pick-up. Et là, je tiens à vous rassurer, ce n’est pas du tout un piège où j’attends impatiemment votre réponse avec une brique et un fanal. Je suis vraiment juste curieux.

Alors hop, si on vous proposait d’échanger votre gros pick-up contre un autre gros pick-up, mais qui serait électrique, oseriez-vous faire le grand saut ?

Chroniques

Je ne t’oublierai pas, Charles

CHRONIQUE / Je vous mentirais si je vous disais que je connaissais bien Charles, mais il y avait tant de trucs qui nous liaient que c’était comme si.

Chaque fois que je pense à lui, je revois toujours la même scène dans ma tête.

Opinions

Allo, l’intelligence artificielle !

CHRONIQUE / Il y a quelques mois de cela, je vous ai glissé un mot à propos d’un roman hallucinant que j’ai lu : Robopocalypse, de l’auteur Daniel H. Wilson. Pour vous faire une histoire courte, il s’agit d’un roman d’anticipation dans lequel l’intelligence artificielle décide soudainement de se soulever contre les humains, causant ainsi un chaos beaucoup plus vraisemblable qu’on ne pourrait le croire.

Au cours des mois qui ont suivi ma lecture, je vais vous avouer que ma perception des dernières avancées en matière d’intelligence artificielle a considérablement changé, mais n’allez surtout pas croire que ça m’a rendu parano et que j’anticipe un « soulèvement des machines » à la Terminator d’une journée à l’autre. C’est juste que désormais, chaque fois que j’apprends qu’un incident est lié à l’intelligence artificielle, je me demande avec un certain amusement si tout ça est bel et bien le fruit d’une simple erreur.

Chroniques

Aliens vs Milliardaires

CHRONIQUE / 2130. Un vaisseau spatial descend du ciel pour se poser sur la planète Terre.

À l’intérieur de l’appareil, les Extraterrestres tentent de contenir leur excitation, étant donné qu’ils meurent d’envie de découvrir cette planète qui les a fait rêver depuis la découverte de la sonde spatiale Voyager 1.

CHRONIQUES

Un pas vers la « néomasculinité »

CHRONIQUE / J’avais très hâte de voir enfin Le grand bain, ce long-métrage du réalisateur de Gilles Lellouche qui comprend une distribution plutôt impressionnante, dont Mathieu Amalric, Benoît Poelvoorde et même mon préféré d’entre tous les préférés, Philippe Katerine.

Mais alors que je m’attendais à un simple « feel good movie » où on tirerait comme leçon qu’il ne faut jamais laisser les conventions nous dicter quoi faire, j’ai eu droit à bien plus et vous le devinerez, tout ça m’a grandement plu.

Chroniques

Angoisser, chroniquer et angoisser

CHRONIQUE / J’aimerais sincèrement m’excuser de vous avoir induit en erreur la semaine dernière.

Maintenant, je relis cette première phrase et je dois vous avouer que ça entame très mal une chronique, mais bon, j’ai fait une gaffe et je tiens absolument à corriger le tir.

Opinions

Bonne finale de «Game of Thrones»

CHRONIQUE / Je sais que le nom du nain, c’est quelque chose comme Tyrion Lannister.

Je sais qu’il y a un gars qui s’appelle Jon Snow et que pendant longtemps, les gens semblaient redouter le moment où il mourrait.

Chroniques

Ces femmes que j’admire

CHRONIQUE / Il y a quelques jours, Melinda Byerley, la fondatrice d’une entreprise spécialisée en marketing numérique nommée Timeshare CMO, lançait un défi aux hommes sur Twitter en les invitant à nommer une femme qu’ils admiraient ainsi que la raison expliquant leur choix. Pour ajouter un peu de difficulté au défi, les hommes qui allaient y prendre part devaient arrêter leur choix sur une femme qui ne faisait pas partie de leur entourage immédiat.

Cette invitation n’est pas du tout tombée dans l’oreille d’un sourd et voilà qu’après quelques jours, les réponses enthousiastes à ce défi se chiffraient déjà par milliers.