Chroniques

Le divan de l’enfer

CHRONIQUE / Il y a un peu plus de sept ans, nous venions tout juste d’acheter notre première maison et pour souligner l’occasion, nous avions décidé d’acheter un nouveau divan.

Je me souviens encore que dès l’instant où nous étions entrés dans le magasin, Julie était littéralement tombée en amour avec une espèce de gros divan sectionnel qui débordait d’un millier de gros coussins. « C’est ça qu’il nous faut chéri! », qu’elle s’était exclamée.

Chroniques

Le jeu, de père en fils

CHRONIQUE / Des chroniques comme celle-là, ça vous fait autant vieillir que dans cette scène du film Interstellar où un pauvre astronaute se rend compte qu’il s’est passé quelque chose comme 60 ans alors qu’il n’était parti que quelques heures seulement sur une autre planète.

Alors de quoi elle parle cette chronique qui me fait autant vieillir ? Eh ben, ça commence par mon père qui est installé au pied du lit et moi, à quelque chose comme 9 ans, qui le regarde avec beaucoup de fierté.

Joël Martel

Et si on légalisait le café?

CHRONIQUE / Je m’étais déjà prêté à un exercice similaire il y a quelques années, mais avec la prétendue légalisation du cannabis qui s’en vient, je n’ai pas pu résister à la tentation de m’y replonger. Alors voilà, mesdames et messieurs, à quoi ressemblerait la légalisation du café.

Le premier ministre du Canada annonce que le café sera maintenant légalisé. Évidemment, le gouvernement s’assurera que cette légalisation soit bien encadrée, mais dans un an, tout le monde pourra maintenant acheter et consommer du café sans craindre d’être dans l’illégalité.

Chroniques

La tour de Jenga

CHRONIQUE / Dans la vie, il y a une panoplie de trucs qui me foutent la chienne. Et puis hop, loin de moi l’idée de faire peur aux lecteurs et aux lectrices plus jeunes que moi, mais plus on vieillit, plus on a la trouille.

Il faut savoir que plus le compteur avance, plus on augmente nos chances de faire partie des statistiques. En d’autres mots, c’est un peu comme si chaque jour de votre vie, vous achetiez un billet de loto et que ceux-ci étaient valides jusqu’à ce que vous remportiez le gros lot. Or, personne n’en veut de ce gros lot, mais vient infailliblement le jour où les lois de la probabilité feront en sorte qu’un de vos billets sera gagnant. Bref, tout le monde finit par y gagner.

Chroniques

De pauvre à riche et de riche à seul

CHRONIQUE / C’est l’histoire d’un gars qui était sur le point de tout perdre. Mais là, ne sortez pas vos mouchoirs tout de suite, car ça finit mieux que ça débute.

Alors hop, notre gars est tellement dans la ‘‘dèche’’ que son commerce sera saisi dans les deux prochaines semaines par sa banque et voilà qu’il décide d’investir les derniers dollars qu’il lui reste dans un billet de loto.

Chroniques

Vous avez les clés du futur

CHRONIQUE / Salut à vous, chers électeurs ou chères électrices qui avez perdu vos élections.

Tout d’abord, sachez que je comprends absolument le sentiment qui vous habite, car moi aussi, je les ai perdues.

Joël Martel

Ça ne changera pas, mais...

CHRONIQUE / Vous êtes déjà allés voter ? Et sinon, vous allez voter ou non ? Maintenant, j’imagine que si vous êtes de ceux et celles qui réclamez du changement, vous ne manquerez certainement pas votre chance d’aller faire votre X dans l’isoloir et c’est là un très bon début.

Or, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous et c’est que peu importe qui remportera les prochaines élections, ça ne changera pas, mais en même temps, ça va quand même changer.

Chroniques

Billy le destructeur

CHRONIQUE / Ça fait maintenant un peu plus de quatre mois que Billy le chien est arrivé dans notre vie et pour être bien franc avec vous, j’aurais beaucoup de difficulté à imaginer mon quotidien sans lui.

Chaque matin, c’est toujours excitant de découvrir ce qu’il a eu le temps de démolir depuis le moment où mon amoureuse et Charlot ont quitté la maison.

Ce matin par exemple, il avait démoli des mitaines en cuir et une espèce de brosse pour les chaussures. 

Ici, n’allez surtout pas croire qu’on laisse le champ complètement libre à Billy en lui disant : « Tiens mon bon chien, on t’offre la maison et tu peux détruire tout ce que tu veux ». En fait, c’est plutôt le contraire, mais voyez-vous, Billy semble animé par un désir de destruction et cette pulsion lui donne vraisemblablement le pouvoir de redoubler d’imagination en matière d’objets à détruire.

J’aimerais bien vous dresser un inventaire fidèle de tout ce qu’il est arrivé à démolir en l’espace de 120 jours, mais pour ce faire, il faudrait que cette chronique soit publiée dans une édition spéciale du journal où on me laisserait une dizaine de pages.

Alors grosso modo, Billy est arrivé à détruire un nombre inimaginable de chaussures, d’espadrilles et de sandales. Sinon, il peut aussi ajouter à ses trophées de chasse six ou sept paires d’écouteurs. Soulignons aussi son opération de démolition parfaitement exécutée sur un de nos fauteuils et enfin, mes nouvelles lunettes dont il a mâchouillé une partie des montures, ce qui me procure une agréable sensation d’irritation sur le dessus de l’oreille gauche chaque fois que je les mets ou que je les enlève.

Il faut savoir qu’en matière de destruction d’objets, nous avions déjà acquis beaucoup d’expérience à l’époque où Charlot n’était encore qu’un jeune bambin. À titre d’exemple, je me souviens qu’une fois, il avait vu Julie en train de nettoyer un DVD avec de la pâte à dents parce que celui-ci avait été considérablement égratigné. Alors un matin, Charlot m’a réveillé en me disant qu’il y avait de la mousse rouge qui coulait à travers notre console de jeu Wii U. C’est alors que j’avais réalisé que Charlot avait enduit un DVD de pâte à dents de marque Close-Up, mais il avait omis de le nettoyer avant de l’insérer. Ça avait créé une espèce de réaction en chaîne qui avait produit cette mousse rouge qui, disons-le, sentait diablement bon en tout cas.

Alors hop, quand on a un enfant, il y a deux choix qui se présentent à nous : soit qu’on lâche prise sur le matériel ou sinon, on finit à l’étage de l’hôpital où il y a des types qui se prennent pour un oiseau.

Maintenant, en ce qui concerne un chien, on baigne pas mal dans les mêmes eaux. Tout d’un coup, tous ces objets qui vous appartenaient jusqu’ici ont désormais une date d’expiration et seul votre chien la connaît.

Mais le pire dans tout ça, c’est que chaque fois que Billy détruit quelque chose, même si ça dérange et que ça met parfois en crisse, ce satané chien finit toujours par réussir à se faire pardonner. 

C’est quand même fou de se dire qu’en si peu de temps, j’en suis désormais à être pris de panique quand en sortant de l’épicerie, je ne vois pas ce bon Billy qui m’attend joyeusement sur le siège du conducteur de la voiture. Parce que oui, Billy ne manque jamais une balade en voiture, et ce, même si ça implique qu’il devra m’y attendre pendant une quinzaine de minutes. 

Et puis je sais très bien que le jour où Billy ne sera pas là à rôder autour de moi en attendant désespérément que je lui file un morceau de mon rôti ou une croustille, je serai le premier à m’en inquiéter.

Quand j’y pense, si je faisais le compte des avantages et des désavantages d’avoir un chien comme Billy, je suis à peu près certain que la colonne des négatifs l’emporterait sur celle des positifs. Et pourtant, je choisirais encore d’adopter ce paquet de problèmes sur quatre pattes.

Qui sait, peut-être que les chiens sont parmi nous pour nous faire réaliser qu’à la fin, les décisions qui proviennent du cœur comptent beaucoup plus que celles qui nous sont dictées par la raison ? Ou peut-être qu’il faut seulement être un peu con pour avoir un chien.

Joël Martel

Cellulaire ou pick-up?

CHRONIQUE / Au cours des 15 dernières années partagées avec bonheur avec mon amoureuse, notre moyenne au bâton des chicanes de couple a toujours été très faible. Certes, il y a eu ici et là quelques tensions causées par des ennuis financiers et d’autres sources de stress du quotidien, mais le facteur de discorde le plus récurrent dans notre couple a généralement été la technologie, ou si vous préférez, «mon maudit téléphone».

Il faut savoir qu’avec le temps, j’ai appris à considérablement modérer mon utilisation de la technologie. Sans vouloir m’en vanter, je suis maintenant le genre de gars qui se sert très rarement de son téléphone lorsque je suis en public, car je veux être là à 100%.

Chroniques

À un cheveu d’être juré

CHRONIQUE / Jusqu’ici, la pire chose qui pouvait m’arriver quand je passais tout droit le matin, c’était de perdre mon boulot. Mais ce matin-là, c’était la prison qui me guettait si je me rendormais. D’ailleurs, je serais très curieux de savoir comment mes compagnons de cellule auraient réagi lorsque je leur aurais dit que j’étais atterri là parce que j’avais trop dormi. M’aurait-on vu comme la lie des criminels ou comme une espèce de héros du « je-m’en-foutisme » ? Ça, je ne le saurai pas dans cette vie et entre vous et moi, ça ne me dérange pas trop.

Tout a débuté quelques semaines auparavant, après une visite du facteur. Ce jour-là, je surveillais fébrilement mon courrier, car j’avais perdu ma carte de guichet depuis une quinzaine de jours et j’avais très hâte de retrouver une « vie normale ». Or, au lieu de voir une lettre en provenance de mon institution bancaire dans le courrier, il y avait cette curieuse enveloppe du ministère de la Justice sur laquelle mon nom était inscrit.